Paix au Soudan : c’est le fil conducteur des discussions menées à Genève les 20 et 21 octobre 2026, à l’occasion de la sixième réunion consultative sur le Soudan, coorganisée par l’ONU et la Suisse. Selon l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto, les efforts diplomatiques s’intensifient malgré la poursuite des combats sur le terrain, avec l’émergence de premières mesures concrètes destinées à instaurer la confiance entre les belligérants.
Une intensification des efforts diplomatiques malgré les combats
S’exprimant devant des journalistes à l’issue de cette rencontre de deux jours, Pekka Haavisto a affirmé constater davantage d’efforts diplomatiques qu’auparavant autour du Soudan. Interrogé par l’agence Anadolu sur les progrès réalisés par rapport aux précédentes réunions, il a souligné un engagement international croissant auprès des acteurs politiques soudanais. Il a notamment évoqué une visite qu’il a qualifiée de réussie à Khartoum en septembre dernier, au cours de laquelle il a rencontré des groupes politiques ainsi que des représentants des femmes et des jeunes soudanais.
Malgré ces avancées, l’émissaire onusien a mis en garde contre la persistance de certaines illusions sur le terrain. Selon lui, certaines parties au conflit croient encore pouvoir obtenir une victoire militaire. Il a réaffirmé la position de la communauté internationale sur ce point, en déclarant qu’il n’existe pas de solution militaire au conflit au Soudan, et que seules des négociations diplomatiques permettront d’y mettre fin.
Deux mesures de confiance à l’étude
Concrètement, l’ONU a commencé à examiner deux mesures de confiance entre les parties au conflit soudanais. La première concerne de possibles échanges de prisonniers de guerre et de détenus, qu’ils soient civils ou militaires. La seconde vise à faciliter l’accès des élèves aux examens, quel que soit leur lieu de résidence au Soudan, une question particulièrement sensible dans un pays où les déplacements de population rendent la scolarisation difficile.
Pekka Haavisto a lui-même relativisé la portée de ces initiatives, les qualifiant de petits pas au regard de l’ampleur des destructions causées par le conflit. Cette prudence dans le discours traduit la volonté de l’ONU de ne pas surestimer des avancées encore fragiles, tout en reconnaissant qu’elles constituent des premiers jalons vers un dialogue plus large entre les parties.
Une coordination internationale renforcée entre le Quad et le Quintette
La réunion de Genève a rassemblé des représentants de 21 pays et de cinq institutions internationales, venus discuter des dispositifs de sécurité, des trêves humanitaires, d’éventuels cessez-le-feu et des solutions politiques envisageables pour le Soudan. Pekka Haavisto a particulièrement insisté sur le renforcement de la coordination entre deux groupes diplomatiques majeurs : le Quad, qui réunit les États-Unis, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l’Égypte, et le Quintette, composé de l’Union africaine, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), de la Ligue arabe, de l’Union européenne et de l’ONU.
Selon l’émissaire onusien, cette coordination accrue entre ces deux instances constitue peut-être le fait le plus important à retenir de cette session. Les discussions ont cherché à articuler les négociations portant sur la sécurité avec la préparation politique de la période qui suivrait un éventuel cessez-le-feu, afin que les deux volets, sécuritaire et politique, avancent de manière cohérente.
L’ambassadeur suisse Tim Enderlin, chef de la division Paix et droits de l’homme au ministère suisse des Affaires étrangères, a de son côté insisté sur la nécessité d’un processus de paix inclusif, porté par les Soudanais eux-mêmes. Il a expliqué que l’objectif des deux jours de travail à Genève était de coordonner les efforts internationaux pour contribuer à établir un processus associant la population soudanaise et permettant à ses voix d’être entendues. Il a précisé que le but final était que ce processus appartienne, à terme, aux Soudanais et soit dirigé par eux.
Une crise humanitaire aux conséquences régionales
Tim Enderlin a également alerté sur le fait que les conséquences du conflit dépassent largement les frontières du Soudan et touchent les pays voisins. Il a rappelé que 34 millions de personnes au Soudan dépendent aujourd’hui de l’aide humanitaire, décrivant la situation dans le pays comme la plus grande crise humanitaire au monde. Ce chiffre donne la mesure de l’urgence qui sous-tend les efforts diplomatiques évoqués à Genève, et explique pourquoi la communauté internationale, à travers le Quad comme le Quintette, cherche à accélérer un dialogue encore balbutiant entre les parties.
Ce qu’il faut retenir de ces discussions de Genève
Les échanges tenus à Genève confirment que la voie diplomatique reste privilégiée par la communauté internationale pour mettre fin au conflit au Soudan, malgré la persistance des combats et la conviction de certains acteurs locaux qu’une victoire militaire demeure possible. Les deux mesures de confiance évoquées, échanges de prisonniers et accès aux examens scolaires, restent modestes au regard de l’ampleur de la crise humanitaire, mais elles traduisent une volonté de construire progressivement un climat propice à la négociation. Le renforcement de la coordination entre le Quad et le Quintette apparaît comme l’élément structurant de cette nouvelle phase, avec l’ambition affichée de préparer, en parallèle des discussions sécuritaires, un futur processus politique porté par les Soudanais eux-mêmes.
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Sources
- Anadolu Ajansı, Soudan : les efforts diplomatiques s’intensifient malgré les combats, selon l’émissaire de l’ONU
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