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Santé & assurance RD Congo, Nigéria

Bilan Ebola RDC : plus de 5 000 morts, l’épidémie la plus meurtrière de l’histoire du pays

Le bilan Ebola RDC franchit un seuil inédit : plus de 5 000 morts et un taux de létalité de 48,6 %, selon les données gouvernementales. L'épidémie, la plus meurtrière de l'histoire du pays, continue de se propager malgré les efforts de riposte.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Bilan Ebola RDC : plus de 5 000 morts, l'épidémie la plus meurtrière de l'histoire du pays
Photo d'illustration : fernandozhiminaicela / Pixabay (licence Pixabay)

Bilan Ebola RDC : plus de 5 000 personnes sont mortes des suites de l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo, selon les données gouvernementales rapportées par la BBC. Ce chiffre fait de cette épidémie, débutée en mai, la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Huit des 26 provinces sont désormais touchées, pour un total de plus de 10 300 cas confirmés.

La République démocratique du Congo traverse ainsi une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent, dans un contexte déjà marqué par l’insécurité dans certaines zones du pays. Les autorités sanitaires avaient déjà annoncé en août que cette flambée avait dépassé en gravité toutes les précédentes épidémies d’Ebola connues par le pays.

Un taux de létalité de 48,6 %

Selon le dernier bulletin du ministère de la Santé congolais, le taux de létalité actuel de l’épidémie s’établit à 48,6 %. Cela signifie que près d’un malade sur deux diagnostiqué succombe à la maladie. L’épicentre reste situé dans la province d’Ituri, au nord-est du pays, une zone affectée par des conflits armés qui compliquent considérablement l’accès des équipes médicales et le confinement du virus.

L’espèce virale en cause, dite Bundibugyo, ne dispose à ce jour d’aucun vaccin ni traitement spécifique homologué. Des tests diagnostiques et des traitements symptomatiques sont administrés aux patients, tandis que des essais cliniques de vaccins sont en cours, selon le bureau Afrique de l’Organisation mondiale de la santé, cité par la BBC.

Une comparaison avec les précédentes épidémies

Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola recensée dans l’histoire de la République démocratique du Congo, selon les Nations unies, citées par la BBC, et de la deuxième plus importante jamais enregistrée au niveau mondial. La précédente épidémie la plus meurtrière du pays, survenue entre 2018 et 2020, avait fait 2 299 victimes. L’épidémie actuelle a donc plus que doublé ce bilan.

À l’échelle mondiale, l’épidémie la plus meurtrière de l’histoire reste celle qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, avec plus de 11 325 morts et une propagation jusqu’en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, selon l’Organisation mondiale de la santé, citée par la BBC. Les Nations unies avertissent toutefois que l’épidémie actuelle en République démocratique du Congo « fait des victimes à un rythme beaucoup plus rapide » que les précédentes flambées.

Une propagation au-delà des frontières congolaises

Des cas ont été confirmés dans plusieurs pays voisins. En Ouganda, deux décès et 20 cas avaient été recensés peu après le début de l’épidémie, mais aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le mois d’août. Des restrictions de voyage restent toutefois en vigueur pour les personnes entrant dans le pays depuis la République démocratique du Congo.

Au Kenya, neuf cas ont été confirmés et deux décès ont été enregistrés. Au Nigéria, deux cas suspects ont été identifiés le week-end dernier, selon le centre de contrôle des maladies du pays, cité par la BBC ; les personnes concernées ont été isolées et sont actuellement soumises à des tests. Début octobre, une femme testée positive au Nigéria avait été transférée en Suisse pour recevoir des soins complémentaires. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a par ailleurs estimé que le risque d’infection pour les personnes se trouvant en Europe demeurait « très faible ».

Des agents de santé pris pour cible

La riposte contre l’épidémie se heurte aussi à une défiance et à des violences locales. Plus tôt cette semaine, une infirmière a été tuée et un autre agent de santé grièvement blessé lors d’une attaque survenue alors qu’ils intervenaient à la suite d’une alerte Ebola. Selon Radio Okapi, média soutenu par l’ONU et cité par la BBC, des jeunes du quartier accusaient les soignants de contaminer les sources d’eau et de propager le virus.

Le mois dernier, un homme politique avait été battu à mort après avoir fait la promotion de mesures de lutte contre la propagation de la maladie. En août, la Croix-Rouge, citée par la BBC, avait déclaré que ses volontaires avaient été blessés et qu’une ambulance avait été incendiée lors de onze incidents violents survenus au cours des cent premiers jours de l’épidémie. Ces épisodes illustrent la difficulté de mener une riposte sanitaire efficace dans un climat de méfiance et d’insécurité.

Comprendre la maladie pour mieux s’en protéger

Ebola est une maladie rare et mortelle provoquée par un virus, dont les symptômes apparaissent soudainement. À mesure que la maladie progresse, des vomissements et des diarrhées surviennent et peuvent conduire à une défaillance multiviscérale. Certains patients, mais pas tous, développent des hémorragies internes et externes. Le virus se transmet d’une personne à une autre par contact avec des fluides corporels infectés, tels que le sang ou les vomissements.

Face à l’absence de vaccin homologué contre cette souche, les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la santé insistent sur la nécessité d’un « renforcement continu des principales mesures de contrôle, un meilleur accès aux zones touchées et une sensibilisation communautaire » pour parvenir à endiguer la propagation, selon les déclarations du bureau Afrique de l’OMS rapportées par la BBC.

Ce qu’il faut retenir de ce bilan inédit

Le franchissement du seuil des 5 000 morts marque un tournant dans la gestion de cette épidémie, désormais la plus meurtrière jamais enregistrée en République démocratique du Congo. Le taux de létalité élevé, la persistance des violences contre le personnel soignant et la diffusion de cas dans plusieurs pays voisins montrent l’ampleur du défi que représente cette crise sanitaire pour la région. La poursuite des essais cliniques de vaccins et le renforcement de la sensibilisation communautaire restent, selon les autorités sanitaires, des leviers essentiels pour inverser la tendance.

ServAfrica continuera de suivre l’évolution de cette situation sanitaire et invite ses lecteurs à consulter les publications officielles pour toute information actualisée.

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. https://servafrica.fr

Sources

  • BBC News Afrique, 31 octobre 2026
  • Organisation mondiale de la santé, citée par BBC News Afrique
  • Organisation des Nations unies, citée par BBC News Afrique
  • Radio Okapi, citée par BBC News Afrique
  • Croix-Rouge, citée par BBC News Afrique
  • Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, cité par BBC News Afrique

Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

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