Créateurs africains IA : c’est le fil conducteur d’une rencontre qui se tiendra à Mombasa, au Kenya, du 28 au 31 octobre, au PrideInn Paradise Beach Resort. La conférence Afrotellers, sur quatre jours, rassemble des professionnels des médias, des chercheurs, des décideurs politiques et des praticiens culturels autour d’une question concrète pour tous ceux qui vivent de la création de contenu depuis l’Afrique : qui contrôle les histoires du continent et les revenus qu’elles génèrent, selon Capital FM Africa.
Pour les créateurs africains qui tirent un revenu de YouTube, des réseaux sociaux, du journalisme en ligne, de la musique ou d’autres formats numériques, ce n’est pas une discussion théorique. Les plateformes et les outils d’intelligence artificielle changent déjà la façon dont le contenu est produit, distribué et monétisé. Comprendre ces évolutions permet de mieux se positionner, sans attendre que les règles soient fixées par d’autres.
Créateurs africains IA : un enjeu économique concret
Selon Capital FM Africa, les échanges porteront sur la manière dont les algorithmes déterminent quelles histoires atteignent le public, sur l’influence des outils d’intelligence artificielle dans la production de contenu, et sur la question de savoir si les créateurs africains gardent un contrôle suffisant sur le matériel culturel et la propriété intellectuelle qui sous-tendent leur travail. Ces questions ont des implications économiques croissantes pour les cinéastes, journalistes, musiciens et autres praticiens culturels qui dépendent des plateformes numériques pour toucher leur public et générer des revenus.
La source le souligne : les outils d’intelligence artificielle peuvent réduire les coûts de production et élargir l’accès aux marchés mondiaux. C’est une opportunité réelle pour un créateur qui travaille depuis l’Afrique avec des moyens limités. Mais la répartition des bénéfices commerciaux, la propriété des données utilisées pour entraîner les modèles et la protection de la propriété intellectuelle restent des préoccupations centrales pour les créateurs, d’après Capital FM Africa.
Trois axes de travail pour la conférence Afrotellers
Le fondateur et directeur exécutif d’Afrotellers, Willson Chivhanga, cité par Capital FM Africa, explique que la conférence examinera ces défis tout en renforçant les liens entre les communautés créatives africaines. Il indique : « Mombasa nous donne l’occasion de situer les conversations sur la souveraineté narrative dans un écosystème culturel et créatif vivant. Nous voulons que les participants s’engagent avec la ville, ses habitants, ses histoires et sa communauté créative, tout en créant des opportunités pour les praticiens locaux de se connecter à un réseau africain plus large. »
La conférence structurera ses débats autour de trois axes, toujours selon la source : l’intelligence artificielle et le colonialisme algorithmique, la politique publique et le plaidoyer, et la durabilité des économies culturelles et créatives africaines. Au-delà de la technologie, les discussions porteront sur les politiques et les institutions nécessaires pour protéger les récits africains et aider les entreprises créatives à construire des revenus durables.
Capital FM Africa précise toutefois que la portée réelle de cette rencontre, en termes d’opportunités commerciales concrètes, dépendra de la capacité des débats à déboucher sur des partenariats pratiques, un meilleur accès au marché et des mesures qui améliorent la capacité des créateurs à gagner leur vie grâce à leur travail. Autrement dit, les intentions affichées ne garantissent pas, à elles seules, des résultats pour les créateurs.
Un marché et un festival pour se connecter
Le co-fondateur d’Afrotellers, responsable des partenariats et des programmes, Bekithemba Ntini, cité par Capital FM Africa, insiste sur l’importance de l’ancrage local : « Pour nous, le partenariat local est central dans la façon dont Afrotellers se construit, c’est-à-dire en construisant avec la communauté. Travailler avec des organisations culturelles locales, des créatifs, des institutions et des détenteurs de savoirs permet à Afrotellers d’écouter, d’apprendre et de créer quelque chose ancré dans le lieu et ses habitants. »
L’événement comprendra le premier Festival Afrotellers, qui fusionnera avec le Pwani Gat Talent, ainsi qu’un marché Afrotellers où créateurs et entrepreneurs pourront présenter leur travail. Pour un créateur de contenu, un musicien ou un entrepreneur culturel qui cherche à élargir son réseau ou à trouver des débouchés, ce type de marché constitue une opportunité concrète de visibilité, distincte des discussions institutionnelles.
Des participants sont attendus du Kenya, du Zimbabwe, de l’Afrique du Sud, du Malawi, du Ghana, du Nigeria, de la République démocratique du Congo, du Lesotho, du Togo, de Madagascar et du Mali, entre autres pays, selon Capital FM Africa. Afrotellers développe par ailleurs des antennes nationales et locales pour connecter les conteurs à travers le continent, même si la source précise que la viabilité financière de ces réseaux dépendra de la participation continue et de l’accès au financement et aux marchés.
Ce que cela change concrètement pour qui gagne sa vie en ligne depuis l’Afrique
Pour un jeune créateur, un membre de la diaspora de retour ou un retraité qui cherche un complément de revenu via le contenu en ligne, les thèmes abordés à Mombasa touchent directement le quotidien professionnel : qui décide ce qui est visible via les algorithmes des plateformes, comment un outil d’intelligence artificielle traite les contenus déjà publiés pour s’entraîner, et quelle part des revenus générés revient réellement à celui qui a créé le contenu. Ce sont des questions qu’aucun créateur, quelle que soit sa taille d’audience, ne peut ignorer.
Participer ou suivre ce type de rencontre, s’informer sur les politiques évoquées en matière de propriété intellectuelle, et chercher à se connecter aux réseaux de créateurs qui se structurent progressivement à l’échelle du continent, comme les antennes d’Afrotellers, sont des démarches concrètes pour quiconque veut sécuriser une activité en ligne plutôt que de la subir.
Points de vigilance
Le développement rapide de l’intelligence artificielle et de l’économie créative en ligne s’accompagne d’un risque bien réel : celui des arnaques qui ciblent les personnes cherchant à gagner de l’argent sur internet depuis l’Afrique. Quelques repères utiles, indépendamment de la source :
- Se méfier de toute offre de travail en ligne qui demande un paiement préalable pour « débloquer » un contrat ou une formation.
- Vérifier l’existence réelle d’une plateforme ou d’un événement avant d’y inscrire ses données personnelles ou bancaires.
- Rester prudent face aux promesses de revenus garantis liés à l’intelligence artificielle, un domaine en évolution rapide où aucune formation sérieuse ne peut garantir un résultat financier.
- Vérifier la réputation d’un organisateur ou d’une formation avant de s’engager, notamment en recherchant des avis indépendants.
ServAfrica consacre une rubrique dédiée à ces risques : la rubrique Vigilance recense les alertes utiles pour reconnaître les fausses offres et les formations miracles avant de s’engager.
Ce qu’il faut retenir
La conférence Afrotellers, organisée à Mombasa fin octobre, place un sujet concret au centre des débats : le contrôle que gardent, ou non, les créateurs africains sur leurs contenus et sur les revenus qui en découlent, à l’heure où les algorithmes et l’intelligence artificielle pèsent de plus en plus sur la visibilité et la rémunération du travail créatif. Pour ceux qui vivent ou espèrent vivre de leur activité en ligne depuis l’Afrique, suivre ces discussions et les réseaux qui en découlent est une façon concrète de rester informé et de mieux protéger son travail.
Sources
ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. servafrica.fr
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