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ALERTES & SÉCURITÉ Madagascar, Ghana

Fraude en ligne : les États-Unis intensifient leur offensive contre les réseaux qui visent aussi l’Afrique de l’Ouest

Fraude en ligne : la justice américaine muscle sa coopération internationale contre les centres d'escroquerie, des réseaux initialement implantés en Asie du Sud-Est qui étendent désormais leurs activités au Ghana, au Nigéria et à Madagascar.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 6 min

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Fraude en ligne : les États-Unis intensifient leur offensive contre les réseaux qui visent aussi l'Afrique de l'Ouest
Photo d'illustration : kalhh / Pixabay (licence Pixabay)

Fraude en ligne : c’est le sujet au cœur d’un point de presse tenu au Washington Foreign Press Center, où des responsables de la justice et des forces de l’ordre américaines ont dressé le bilan de leur lutte contre les réseaux criminels transnationaux spécialisés dans l’escroquerie numérique. Selon les informations rapportées par Alwihda Info, ces organisations, longtemps ancrées en Asie du Sud-Est, étendent désormais leurs activités vers l’Afrique de l’Ouest et l’océan Indien, ce qui concerne directement les lecteurs vivant sur le continent comme ceux de la diaspora.

Ce dossier mérite l’attention de tous ceux qui s’intéressent à l’Afrique, car il touche à la fois à la sécurité financière des particuliers, à la réputation de certains pays cités dans le cadre de ces enquêtes, et aux outils numériques que chacun utilise au quotidien : réseaux sociaux, applications de rencontre, messageries.

Un dispositif américain renforcé face aux réseaux de fraude en ligne

Jeanine Pirro, procureure fédérale pour le district de Columbia, a rappelé la création, l’an dernier, d’une force de frappe dédiée aux centres d’escroquerie, baptisée « Scam Center Strike Force ». Selon elle, cette structure a permis la saisie de milliards de dollars en cryptomonnaies et la fermeture de centaines de sites internet frauduleux. Ces chiffres, avancés lors du point de presse, illustrent l’ampleur financière prise par ces réseaux ces dernières années.

De son côté, Heith Janke, directeur adjoint de la division criminelle du Federal Bureau of Investigation (FBI), a insisté sur l’ampleur des préjudices financiers signalés aux autorités américaines, tout en soulignant la dimension humaine des infractions commises. Le FBI s’appuie désormais sur l’opération Blackout et sur une coopération internationale renforcée avec des partenaires privés et étrangers afin de démanteler les infrastructures criminelles et de geler les avoirs illicites.

Richard Goldberg, directeur de la Cyber-Enabled Scam Initiative (CSI) au sein du département de la Justice américain, a quant à lui insisté sur la nécessité d’une réponse coordonnée à l’échelle internationale. L’approche décrite par les autorités américaines vise un double objectif : poursuivre les auteurs et confisquer leurs profits, mais aussi sensibiliser le grand public pour éviter de nouvelles victimes.

Un mode opératoire qui s’étend vers l’Afrique de l’Ouest et Madagascar

Point central pour nos lecteurs : selon les éléments présentés lors de ce point de presse, ces réseaux criminels, initialement implantés en Asie du Sud-Est, étendent désormais leurs activités à l’Afrique de l’Ouest, et plus précisément au Ghana et au Nigéria, ainsi qu’à Madagascar. Cette extension géographique signifie que des infrastructures physiques ou des relais opérationnels liés à ces fraudes pourraient se trouver, ou avoir été identifiés, sur ces territoires.

La source ne détaille pas, à ce stade, le fonctionnement précis de ces implantations locales ni le nombre de personnes concernées sur le continent. Il convient donc de rester prudent et de ne pas sur-interpréter cette information : il s’agit d’une extension géographique de réseaux internationaux, et non d’une accusation visant un pays, une population ou une institution en particulier.

Qui est visé par ces réseaux de fraude en ligne

D’après les responsables américains cités par Alwihda Info, ces réseaux ciblent massivement les épargnes de citoyens américains, mais aussi de victimes au niveau international. Le FBI a particulièrement mis en garde contre l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle et de faux profils sur les réseaux sociaux et sur les applications de rencontre pour manipuler les victimes. Cette précision est importante : elle montre que les techniques de manipulation évoluent et deviennent plus sophistiquées, rendant plus difficile la détection d’une arnaque pour un utilisateur ordinaire.

Toute personne utilisant internet pour échanger avec des inconnus, que ce soit dans un cadre sentimental, professionnel ou financier, peut potentiellement être exposée. Cela concerne aussi bien des particuliers vivant en Afrique que des membres de la diaspora en contact régulier avec des correspondants rencontrés en ligne.

Les signaux d’alerte à connaître

D’après les éléments rapportés lors de ce point de presse, plusieurs éléments doivent inciter à la vigilance :

  • Un contact rencontré uniquement en ligne qui développe rapidement une relation de confiance, sentimentale ou amicale, avant d’évoquer un besoin financier ou un projet d’investissement.
  • Des profils de réseaux sociaux ou d’applications de rencontre dont l’identité ne peut pas être vérifiée de manière indépendante, et qui pourraient avoir été générés ou retouchés à l’aide d’outils d’intelligence artificielle.
  • Des sollicitations insistantes pour effectuer des paiements en cryptomonnaies ou par des canaux difficiles à tracer.
  • Des sites internet promettant des gains rapides ou des opportunités d’investissement présentées comme exceptionnelles.

Ces signaux, mentionnés en creux par les autorités américaines à travers la description de leurs méthodes d’enquête, ne constituent pas une liste exhaustive, mais donnent une idée des pratiques identifiées par le FBI et le département de la Justice.

Comment se protéger

Face à ces réseaux, les autorités américaines insistent sur l’importance de la sensibilisation du grand public comme moyen de prévention. Dans cet esprit, quelques précautions de bon sens peuvent être rappelées, sans qu’il s’agisse d’un conseil financier ou juridique personnalisé :

  • Vérifier systématiquement l’identité d’un interlocuteur rencontré en ligne avant tout engagement financier, notamment par un appel vidéo ou une recherche croisée de ses informations.
  • Rester méfiant face à toute demande de paiement en cryptomonnaie formulée par une personne connue uniquement via internet.
  • Ne jamais céder à l’urgence ou à la pression émotionnelle exercée par un correspondant pour obtenir un virement rapide.
  • Signaler tout site ou profil suspect aux plateformes concernées, et conserver les échanges comme preuves en cas de besoin.
  • En cas de doute ou de préjudice avéré, se rapprocher des autorités compétentes de son pays de résidence, ainsi que, le cas échéant, des organismes mentionnés par les autorités américaines, comme le FBI ou le département de la Justice, pour les ressortissants concernés par une procédure aux États-Unis.

La prudence reste la meilleure protection face à des réseaux qui, selon les autorités américaines elles-mêmes, utilisent des technologies de plus en plus avancées pour tromper leurs victimes.

Ce qu’il faut retenir de cette offensive contre la fraude en ligne

Le point de presse tenu à Washington confirme que la lutte contre la fraude en ligne dépasse désormais largement les frontières américaines et asiatiques. L’extension signalée des réseaux criminels vers le Ghana, le Nigéria et Madagascar place indirectement le continent africain au cœur de cette coopération internationale renforcée entre la justice américaine, le FBI et leurs partenaires étrangers. Pour les lecteurs africains et de la diaspora, la vigilance reste de mise, en particulier dans les usages des réseaux sociaux, des applications de rencontre et des transactions en cryptomonnaies, les trois canaux explicitement cités comme vecteurs de ces fraudes.

Sources

Pour suivre d’autres sujets utiles à la sécurité et à l’actualité du continent, retrouvez l’ensemble de nos analyses sur servafrica.fr.

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