CAN biennale : la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de rétablir le cycle tous les deux ans pour la Coupe d’Afrique des Nations, revenant ainsi sur une décision prise moins d’un an plus tôt. Ce revirement concerne directement les 54 fédérations membres de la CAF, les joueurs africains évoluant dans des clubs à l’étranger et l’ensemble de l’écosystème du football sur le continent.
La nouvelle a été annoncée le 29 octobre, lorsque le Comité exécutif de la CAF a approuvé à l’unanimité le retour de la CAN à son format historique. Cette décision remplace le plan adopté en décembre 2025, qui prévoyait un passage à un cycle de quatre ans à compter de 2028, un changement qui avait pourtant été validé quelques mois plus tôt seulement.
CAN biennale : retour sur la décision de la CAF
Le choix de revenir à un tournoi organisé tous les deux ans marque un véritable rétropédalage de la part des instances dirigeantes du football africain. En décembre 2025, la CAF avait acté le passage à un format quadriennal, une évolution qui aurait aligné la CAN sur le rythme d’autres grandes compétitions internationales comme la Coupe du monde de la FIFA. Moins d’un an plus tard, ce projet est abandonné au profit du cycle biennal traditionnel.
Selon le président de la CAF, Patrice Motsepe, cité par la source, l’une des principales raisons de ce changement tient au modèle économique de la Ligue des Nations africaines. Ce tournoi avait été conçu pour remplacer la CAN en tant que compétition biennale par équipes nationales, mais il n’a pas permis de générer, à court terme, les revenus nécessaires au développement du football africain. La CAF estime qu’il faudra encore de nombreuses années avant que ce modèle alternatif ne produise des ressources financières suffisantes.
Pourquoi la CAF abandonne le format quadriennal
Au-delà de la question financière, le rétablissement du cycle biennal vise à protéger les intérêts des 54 fédérations membres de la CAF ainsi que ceux des joueurs africains qui évoluent dans des clubs hors du continent. La CAN biennale reste en effet une source de revenus réguliers pour les fédérations nationales, qui dépendent en partie de cette compétition pour financer leurs structures et leurs sélections.
Ce choix n’est toutefois pas sans conséquence. Le maintien d’un tournoi tous les deux ans implique que les clubs employant des joueurs africains devront continuer à les libérer à cette fréquence, ce qui soulève des interrogations sur l’organisation du calendrier international. Cette contrainte avait d’ailleurs été l’un des arguments initiaux en faveur du passage à un format quadriennal, jugé plus compatible avec les calendriers des championnats européens notamment. En revenant au format biennal, la CAF privilégie donc la stabilité financière et l’équité entre fédérations plutôt que la seule logique de calendrier des clubs.
Calendrier des prochaines éditions de la CAN
Selon le nouveau plan annoncé par la CAF, la prochaine édition de la CAN se déroulera en 2027 et sera coorganisée par trois pays d’Afrique de l’Est : le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Cette organisation tripartite illustre une tendance déjà observée lors d’éditions précédentes de la compétition, où plusieurs pays voisins unissent leurs infrastructures pour accueillir le tournoi.
Les éditions suivantes sont programmées pour 2028, 2031 et 2033, confirmant le retour définitif au rythme biennal. Un détail important mérite d’être souligné : la CAF n’organisera pas de CAN en 2030, année de la Coupe du monde de la FIFA. Ce choix permet d’éviter une concurrence directe entre les deux événements et de préserver la visibilité de la compétition africaine dans un calendrier international déjà chargé.
Ce que cela change pour les clubs et les joueurs africains
Le retour à un cycle biennal a des implications concrètes pour les clubs européens et les autres championnats employant des joueurs africains. Tous les deux ans, ces clubs devront de nouveau organiser la libération de leurs internationaux africains pour la durée de la compétition, une contrainte logistique et sportive à laquelle ils étaient déjà habitués avant le projet de passage au format quadriennal.
Pour les joueurs eux-mêmes, ce rythme biennal signifie davantage d’occasions de représenter leur sélection nationale sur la scène continentale, mais aussi une charge de matchs plus importante au fil de leur carrière. Pour les fédérations africaines, en revanche, ce format garantit une rentrée financière plus régulière, essentielle au fonctionnement de structures qui dépendent largement des revenus générés par la CAN pour développer le football à l’échelle locale.
Ce qu’il faut retenir de ce rétablissement
En rétablissant le format biennal, la CAF confirme le rôle central de la CAN dans l’écosystème du football africain. Cette compétition demeure non seulement le rendez-vous majeur des équipes nationales du continent, mais également un pilier économique pour les 54 fédérations membres de la CAF. Le revirement opéré en moins d’un an montre aussi la difficulté, pour les instances dirigeantes du football africain, de trouver un équilibre durable entre ambitions de modernisation du calendrier et réalités financières du terrain.
Les prochaines années permettront de mesurer si ce choix du cycle biennal, désormais confirmé jusqu’en 2033, répond durablement aux attentes des fédérations, des clubs et des joueurs concernés par le calendrier de la CAN.
Sources
- Vietnam.vn, La CAF rétablit le format bisannuel de la CAN
- CAF, Reuters, cités par Vietnam.vn
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