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Réforme CAN : Motsepe abandonne le projet de Coupe d’Afrique tous les quatre ans

La Confédération africaine de football a fait marche arrière sur sa réforme controversée de la CAN. Patrice Motsepe et son comité exécutif ont décidé, à l'unanimité, de conserver le format traditionnel de la compétition tous les deux ans.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Réforme CAN : Motsepe abandonne le projet de Coupe d'Afrique tous les quatre ans
Photo : Paralacre / Wikimedia Commons, licence CC0

Réforme CAN : le projet porté par la Confédération africaine de football (CAF) pour espacer la Coupe d’Afrique des nations tous les quatre ans à partir de 2028 ne verra finalement pas le jour. Jeudi 29 octobre 2026, le comité exécutif de la CAF a décidé, à l’unanimité, de maintenir la compétition selon son rythme habituel, tous les deux ans. Cette décision met fin à plusieurs mois de débats autour de l’avenir du calendrier footballistique continental.

Annoncée en décembre 2025, la réforme avait suscité de nombreuses réactions dans le monde du football africain. Elle prévoyait de transformer le rythme biennal de la CAN, une habitude ancrée depuis des décennies, au profit d’une organisation quadriennale, à l’image de la Coupe du monde ou de l’Euro. Le projet envisageait également l’introduction d’une nouvelle compétition, la Ligue des nations africaine, censée occuper le calendrier entre deux éditions de la CAN.

Un rétropédalage acté à l’unanimité

La volte-face a été officialisée lors d’une réunion du comité exécutif de la CAF, à l’issue de nouvelles consultations. Parmi les étapes qui ont précédé cette décision figure une conférence stratégique organisée au Cap-Vert du 7 au 9 octobre 2026. C’est à l’issue de ces échanges que l’instance dirigeante du football africain a finalement choisi de préserver le format traditionnel de sa principale compétition.

Le fait que la décision ait été prise à l’unanimité par le comité exécutif illustre un consensus retrouvé autour du modèle classique de la CAN, après des mois d’incertitude sur l’avenir de la compétition la plus suivie du continent.

Les raisons financières d’un choix pragmatique

Pour justifier ce changement de cap, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a notamment évoqué les enjeux financiers liés à la compétition. La CAN représente en effet une source majeure de revenus pour l’organisation continentale. Espacer la compétition tous les quatre ans aurait mécaniquement réduit la fréquence de ces rentrées financières, dans un contexte où le football africain cherche à consolider son modèle économique.

La Ligue des nations africaine, envisagée comme une compétition alternative pour occuper le calendrier entre deux CAN, nécessiterait selon la CAF plusieurs années avant de générer des recettes équivalentes à celles de la Coupe d’Afrique des nations. Ce décalage entre les revenus attendus de la nouvelle compétition et ceux déjà assurés par la CAN a pesé dans la décision de revenir au format traditionnel.

Un calendrier international sous tension

Ce retour à l’ancienne formule intervient également dans un contexte de tensions persistantes autour du calendrier international du football. Les intérêts des fédérations africaines, qui organisent la CAN en pleine saison européenne, entrent régulièrement en friction avec ceux des clubs européens. Ces derniers sont en effet confrontés à l’absence de leurs joueurs internationaux africains pendant la durée de la compétition, une situation qui alimente depuis plusieurs années des débats récurrents entre clubs et fédérations.

Maintenir la CAN tous les deux ans ne résout pas ces tensions, mais le choix de la CAF évite au moins d’ajouter une nouvelle compétition continentale au calendrier déjà chargé des sélections africaines et de leurs joueurs évoluant en Europe.

CAN 2027 : Kenya, Tanzanie et Ouganda confirmés comme pays hôtes

Malgré ce changement de cap sur la réforme, l’organisation de la prochaine édition n’est pas remise en cause. La CAN reste programmée pour l’été 2027, avec une organisation partagée entre trois pays d’Afrique de l’Est : le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Cette co-organisation tripartite confirme l’ambition de la CAF de faire tourner l’événement entre différentes régions du continent, après des éditions récentes organisées notamment en Afrique du Nord et en Afrique centrale.

Le format exact de cette édition 2027 reste toutefois partiellement en suspens. Le projet d’élargissement de la compétition à 28 équipes, évoqué précédemment par la CAF, demeure sans précision officielle à ce stade. Les observateurs du football africain attendent donc des clarifications sur le nombre de sélections qui participeront effectivement à cette CAN est-africaine.

La Ligue des nations africaine toujours d’actualité, mais reportée

Si la réforme du rythme de la CAN est abandonnée, le projet de Ligue des nations africaine n’est pas pour autant enterré. Son lancement reste envisagé, mais pour 2029, avec une participation prévue des 54 sélections nationales du continent, réparties en quatre zones géographiques. Ce format rappelle celui de la Ligue des nations de l’UEFA, qui a inspiré plusieurs confédérations à travers le monde pour densifier et hiérarchiser les matchs internationaux hors compétitions majeures.

Le report de cette compétition à 2029 laisse à la CAF le temps de construire un modèle économique viable avant son lancement, tout en conservant la CAN comme pilier financier et sportif incontesté du football africain pour les années à venir.

Ce qu’il faut retenir pour le football africain

Ce revirement de la CAF illustre les arbitrages complexes auxquels doit faire face l’instance dirigeante du football continental : concilier ambitions de modernisation, viabilité financière et pressions du calendrier international. En choisissant de conserver le format biennal de la CAN, Patrice Motsepe et son comité exécutif privilégient la stabilité d’un modèle qui a fait ses preuves, plutôt qu’une réforme dont les bénéfices financiers restaient incertains à court terme.

Pour les supporters, les sélections et les fédérations africaines, cette décision signifie que le rendez-vous continental le plus suivi conservera sa fréquence habituelle, avec une prochaine édition attendue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda à l’été 2027. Les questions sur le format précis de cette édition, notamment le nombre d’équipes engagées, devraient trouver des réponses dans les prochains mois.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. servafrica.fr

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