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Valentina Moi : l’agricultrice tanzanienne qui défie les préjugés sur son physique
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Valentina Moi : l’agricultrice tanzanienne qui défie les préjugés sur son physique

05.10.2026

Valentina Moi a 24 ans et elle a choisi de bâtir sa vie autour de l’agriculture et du commerce des récoltes, en Tanzanie. Sur les réseaux sociaux, son physique attire des milliers d’internautes. Mais derrière les photos publiées en ligne, il y a une entrepreneure qui a commencé avec presque rien et qui doit aujourd’hui composer avec des propos blessants, uniquement parce qu’elle ne correspond pas à l’image que certains se font d’une agricultrice.

Son histoire, racontée à la BBC Afrique, est celle d’une jeune femme qui a refusé d’attendre pour agir, et qui continue de défendre son travail face aux doutes exprimés sur son apparence.

Valentina Moi face aux critiques sur son apparence

Vêtue de vêtements de travail et les mains couvertes de boue dans les champs, Valentina Moi n’a rien de l’image que certains internautes associent à ses photos publiées en ligne. Cette différence entre son quotidien dans les champs et son image sur les réseaux sociaux lui vaut des accusations récurrentes. Certains affirment qu’elle ne cultive pas réellement la terre, d’autres vont jusqu’à suggérer qu’elle utiliserait son physique pour attirer l’attention et se livrer à la prostitution.

Valentina répond fermement à ces accusations. « Les gens ne devraient pas m’insulter à cause de mon apparence ; je ne me suis pas créée toute seule », déclare-t-elle. Elle ajoute : « D’autres disent que je ne cultive pas la terre, que je me vends. » Pour elle, l’agriculture n’a rien d’une mise en scène destinée aux réseaux sociaux. C’est une activité qu’elle a lancée avec son propre argent, loin de toute dépendance financière à un homme. « J’ai commencé à cultiver avec mon propre argent, pas celui d’un homme », souligne-t-elle.

Une enfance marquée par l’agriculture et l’envie d’entreprendre

Valentina Moi a grandi dans un environnement où les activités agricoles faisaient partie intégrante de la vie de sa communauté, en Tanzanie, même si ses deux parents exerçaient un emploi salarié. Dès son plus jeune âge, elle a manifesté le désir de se lancer dans les affaires.

Après avoir terminé sa quatrième année de lycée, elle a eu l’occasion de gérer un entrepôt de fruits et légumes pendant plusieurs mois. Cette expérience lui a permis d’acquérir des connaissances qui constituent, depuis lors, les fondements de son activité : les types de produits, les saisons, les prix, et le fonctionnement du commerce de ces produits, depuis les zones de production jusqu’au marché. À l’époque, cependant, elle n’avait pas encore l’intention de se lancer directement dans l’agriculture.

Plus tard, lorsqu’elle est entrée à l’université, elle a commencé à s’intéresser davantage au monde des affaires. Elle a demandé à plusieurs reprises à ses parents de pouvoir quitter l’école pour créer son entreprise, mais sa mère lui a conseillé de terminer d’abord ses études.

Le refus d’attendre le capital parental

Sa mère lui répétait : « Étudie d’abord et termine tes études. Quand tu auras terminé, ton père et moi te promettons de te donner un capital de départ. » Valentina était d’accord sur le principe. Mais au fond d’elle-même, elle trouvait que trois ou quatre ans d’attente jusqu’à la fin de ses études universitaires, c’était bien trop long.

« Je suis quelqu’un d’assez audacieuse. Je suis prête à tout et je n’ai pas peur d’essayer », explique-t-elle. Au cours de sa première année à l’université, elle s’est lancée dans de petites entreprises sans en parler à ses parents. Ces projets n’ont pas duré : certains ont bien démarré, mais ont fini par échouer.

C’est à ce moment qu’elle s’est demandé pourquoi elle n’avait pas mis à profit les compétences acquises dans le secteur des fruits et légumes après avoir obtenu son baccalauréat. Elle s’est alors intéressée de plus près à l’agriculture et aux céréales. « Quand j’ai pensé aux trois ou quatre années d’études universitaires qui m’attendaient, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas attendre », confie-t-elle.

Les débuts à Tandale, avec quatre sacs de haricots

Cette décision a conduit Valentina Moi à Tandale, près de Dar es Salaam. C’est là que son parcours dans le secteur des fruits et légumes, puis dans l’agriculture, a officiellement commencé. Elle a débuté comme courtière en fruits et légumes sur le marché de Tandale, sans être connue des autres acteurs du secteur.

Elle a toutefois rencontré un autre courtier qui lui a fait confiance et lui a donné l’occasion de se lancer. Avec son modeste capital, elle a acheté environ quatre sacs de haricots, qu’elle a ensuite vendus. Ce fut le point de départ d’une activité qui allait plus tard l’amener dans différentes régions de Tanzanie.

La construction d’une réputation fondée sur la confiance

« Quand j’ai vendu ces sacs, ça a marqué le début de mon activité dans le commerce des fruits et légumes. J’ai commencé à progresser petit à petit et, au fil du temps, j’ai gagné la confiance du marché », raconte-t-elle. Valentina explique avoir bâti sa réputation de fiabilité en livrant des produits de qualité. Sa clientèle a progressivement commencé à s’étoffer, portée par le bouche-à-oreille et la régularité de ses livraisons.

Ce qu’il faut retenir du parcours de Valentina Moi

Le parcours de Valentina Moi illustre une réalité partagée par de nombreux jeunes entrepreneurs du continent : la volonté d’agir rapidement plutôt que d’attendre un soutien familial ou institutionnel, même modeste au départ. En partant de quatre sacs de haricots vendus sur un marché où elle n’était pas connue, elle a construit, étape par étape, une activité qui s’est étendue à plusieurs régions de Tanzanie.

Son témoignage met aussi en lumière une difficulté moins économique mais tout aussi réelle : la nécessité de défendre la légitimité de son travail face à des jugements fondés uniquement sur l’apparence physique. Pour Valentina, le message reste simple : son activité agricole est le fruit d’un choix assumé et d’un travail concret sur le terrain, et non une construction destinée aux réseaux sociaux.

Pour suivre d’autres portraits d’entrepreneurs et d’entrepreneures qui construisent leur activité sur le continent africain, servafrica.fr continue de documenter ces parcours inspirants.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.

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