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Opération Serengeti : 1 462 arrestations et 105 millions de dollars récupérés contre la cybercriminalité en Afrique

Opération Serengeti III : Interpol détaille le bilan d'une offensive menée dans 21 pays, dont 20 africains, contre les réseaux de fraude numérique visant notamment l'épargne et les pensions de retraite.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Opération Serengeti : 1 462 arrestations et 105 millions de dollars récupérés contre la cybercriminalité en Afrique
Photo d'illustration : cottonbro studio / Pexels (licence Pexels)

Opération Serengeti III : c’est le nom donné par Interpol à une vaste offensive policière menée du 29 juin au 31 août 2026 contre la cybercriminalité en Afrique. Le bilan communiqué par l’organisation internationale fait état de 1 462 arrestations dans 21 pays, dont vingt pays africains, et de plus de 105 millions de dollars récupérés auprès de réseaux spécialisés dans les escroqueries numériques. Pour les retraités et les épargnants installés ou envisageant de s’installer sur le continent, cette opération rappelle une réalité concrète : les fraudes aux placements financiers et à l’épargne de retraite figurent parmi les cibles privilégiées de ces réseaux.

Opération Serengeti : une offensive coordonnée dans vingt pays africains

Selon le bilan communiqué par Interpol, 10 909 réseaux et infrastructures numériques malveillants ont été neutralisés au cours de cette opération. Les enquêteurs ont recensé 65 929 victimes dans les affaires examinées, pour un préjudice financier total supérieur à 385 millions de dollars. Les investigations ont porté en particulier sur les fraudes aux investissements, les détournements de courriels professionnels, les rançongiciels et les opérations d’extorsion numérique.

La préparation des interventions a reposé sur un partage de renseignement entre les services de police des pays participants : adresses IP suspectes, domaines frauduleux et serveurs utilisés par les organisations criminelles ont permis de localiser des installations et d’identifier des responsables présumés. Vingt pays africains et les États-Unis ont pris part aux investigations.

Des partenaires techniques et institutionnels

L’opération a bénéficié de l’assistance technique de plusieurs entreprises spécialisées en cybersécurité, notamment Kaspersky, Fortinet et Group-IB, ainsi que du soutien de Meta. Elle a également reçu un cofinancement du programme GLACY-e, une initiative commune de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe. Le rapport 2026 d’Interpol sur les cybermenaces en Afrique souligne par ailleurs le recours croissant à l’intelligence artificielle dans les pratiques criminelles, ainsi que l’ampleur des pertes financières associées aux infractions numériques.

Ouganda, Nigeria, Angola : des réseaux aux méthodes élaborées

En Ouganda, les forces de sécurité ont démantelé deux organisations impliquées dans des escroqueries financières internationales, avec 365 ressortissants étrangers interpellés. Les suspects exploitaient des centres d’appels pour convaincre leurs victimes, principalement situées en Asie, de placer leur épargne ou leurs pensions de retraite dans des investissements fictifs. Le dispositif reposait sur de fausses plateformes de négociation financière, des sites Internet frauduleux et des argumentaires commerciaux préparés à l’avance. Ce détail illustre une méthode précise visant directement l’épargne de retraite de particuliers, où qu’ils se trouvent.

Au Nigeria, deux enquêtes distinctes ont permis de remonter la piste de réseaux spécialisés dans la fraude électronique. Dans la première affaire, un suspect est accusé d’avoir collecté des identifiants informatiques et constitué une base d’environ 2,1 millions d’adresses électroniques ; un véhicule de luxe, soupçonné d’avoir été acquis grâce aux revenus de ces activités, a été saisi. La seconde procédure concerne une escroquerie internationale aux placements financiers diffusée par des applications de messagerie. Un suspect a été arrêté et les investigations ont retracé des mouvements de fonds suspects supérieurs à 2,4 millions de dollars, dont une part importante aurait transité par des cryptomonnaies.

En Angola, neuf personnes ont été arrêtées après la découverte de deux installations clandestines consacrées au minage de cryptomonnaies. Les policiers ont confisqué plus de 2 000 équipements informatiques ainsi que six installations illégales de transformation électrique, dont la seule valeur excède un million de dollars.

Tanzanie et République du Congo également concernées

En Tanzanie, les investigations ont permis de mettre fin aux activités d’un dispositif frauduleux fondé sur une application mobile de prêts. En République du Congo, 30 personnes soupçonnées de participer à des activités de cybercriminalité ont été interpellées. Ces démantèlements, répartis sur plusieurs régions du continent, confirment que les réseaux criminels adaptent leurs méthodes à chaque marché, qu’il s’agisse de prêts mobiles, de minage clandestin ou de centres d’appels dédiés à la prospection internationale.

Ce que cela signifie pour les retraités et les épargnants installés en Afrique

L’exemple ougandais mérite une attention particulière pour les lecteurs retraités ou en passe de l’être : les enquêteurs décrivent explicitement des victimes démarchées pour placer leur épargne ou leur pension de retraite dans des investissements fictifs, via de fausses plateformes de négociation et des argumentaires commerciaux préparés à l’avance. Ce mode opératoire n’est pas propre à une région : il peut toucher toute personne sollicitée par téléphone, par messagerie ou via un site Internet se présentant comme une plateforme d’investissement.

Pour les personnes installées en Afrique ou qui y gèrent une partie de leur épargne, quelques réflexes simples découlent directement des faits décrits par Interpol dans cette opération : vérifier l’existence légale d’une plateforme avant tout versement, se méfier des sollicitations non sollicitées proposant des rendements promis par téléphone ou messagerie, ne jamais communiquer d’identifiants bancaires ou de codes d’accès à un interlocuteur inconnu, et conserver une trace écrite de tout échange avec un service financier. En cas de doute sur une offre de placement, il est recommandé de se rapprocher d’un conseiller agréé localement ou des autorités financières du pays de résidence avant d’engager des fonds.

Ces précautions ne garantissent rien à elles seules, mais elles correspondent exactement aux failles exploitées dans les dossiers démantelés par l’opération Serengeti III : fausses plateformes, argumentaires préparés à l’avance, et pression pour agir vite.

Ce qu’il faut retenir de l’opération Serengeti

L’opération Serengeti III illustre l’ampleur de la lutte contre la cybercriminalité en Afrique : 1 462 arrestations, plus de 10 900 infrastructures numériques neutralisées et 105 millions de dollars récupérés en l’espace de deux mois, entre fin juin et fin août 2026. Les affaires détaillées en Ouganda, au Nigeria et en Angola montrent que les réseaux criminels ciblent aussi bien l’épargne individuelle que les infrastructures de minage de cryptomonnaies. Pour les retraités et épargnants présents sur le continent, la vigilance face aux sollicitations d’investissement reste le meilleur rempart identifié par ces enquêtes.

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Sources

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