Délégation sénégalaise, flamme olympique, volontaires mobilisés : le Sénégal met la dernière main à l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Alors que les regards se sont déjà portés sur le dispositif sécuritaire, la grève syndicale ou la méthode de Patrick Vieira, un autre volet de l’événement se précise : celui des athlètes eux-mêmes, et notamment ceux qui porteront les couleurs du pays hôte.
Le Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) a présenté une délégation nationale de 136 jeunes athlètes, composée de 69 filles et 67 garçons, engagés dans 23 des 25 sports inscrits au programme de cette première édition organisée sur le sol africain. Les épreuves se dérouleront à Dakar, Diamniadio et Saly.
Une délégation sénégalaise reçue au Palais de la République
Le 26 octobre, les jeunes athlètes de la délégation sénégalaise ont reçu le drapeau national des mains du président Bassirou Diomaye Faye, lors d’une cérémonie organisée au Palais de la République. Le chef de l’État les a exhortés à faire preuve de discipline, de courage et de solidarité pour défendre les couleurs du Sénégal.
Mamadou Diagna Ndiaye, président du CNOSS, a pour sa part invité les jeunes compétiteurs à se dépasser, à respecter leurs adversaires et à être fiers d’avoir tout donné, quel que soit le résultat sportif. Cette double parole, politique et sportive, donne le ton d’une participation nationale qui se veut exemplaire sur et en dehors des terrains.
Dakar 2026, un événement qui dépasse les frontières de la capitale
Au-delà de la délégation sénégalaise, ce sont environ 2 700 jeunes athlètes venus de 206 comités nationaux olympiques qui sont attendus à Dakar, Diamniadio et Saly entre le 31 octobre et le 13 novembre. Pour Mamadou Diagna Ndiaye, l’ambition est d’offrir à ces visiteurs une expérience ancrée dans la Teranga, la tradition sénégalaise d’hospitalité. Il a résumé cette philosophie en affirmant que le Sénégal ne proposera pas des Jeux parfaits, mais des Jeux vrais, des Jeux chaleureux, présentant le sport comme la langue commune du monde. S’adressant aux délégations étrangères, il a ajouté : vous ne serez pas nos invités, vous serez chez vous.
La mobilisation populaire a commencé bien avant l’ouverture officielle. La flamme olympique, allumée à Athènes le 10 septembre et arrivée à Dakar le 14 septembre, a parcouru 3 600 kilomètres à travers les 14 régions du pays, portée par quelque 450 relayeurs. Ce parcours a permis de rapprocher l’événement des populations éloignées de la capitale et d’en faire un rendez-vous véritablement national, bien au-delà des seules villes hôtes.
Kër Ayo et 6 000 volontaires pour l’accueil
À Dakar, les préparatifs sont visibles sur les sites de compétition et dans les hôtels, mais aussi à Kër Ayo, l’ancienne base militaire française de Ouakam devenue un centre névralgique des Jeux. C’est là que les volontaires récupèrent leurs uniformes et leurs accréditations avant d’être déployés pour accueillir et accompagner les athlètes, les officiels, les journalistes et les spectateurs. Au total, une équipe de 6 000 volontaires a été mobilisée pour assurer le bon déroulement de l’événement.
Le Comité d’organisation des JOJ Dakar 2026 (COJOJ) a identifié 25 mesures prioritaires, portant notamment sur l’hébergement, les transports, la santé et les télécommunications. Les dispositifs à l’aéroport ont également été renforcés pour accueillir les délégations étrangères. Le stade Iba Mar Diop a été livré et des tests opérationnels ont été menés dans plusieurs disciplines, dont l’athlétisme, le taekwondo et le cyclisme. Les travaux liés au village olympique et aux routes ont nécessité une attention particulière pour préparer les sites et les services indispensables aux Jeux.
Un message de fair-play porté par deux anciens olympiens
La dimension sportive des JOJ Dakar 2026 s’accompagne d’un volet dédié à l’intégrité et au fair-play. Deux Olympiens africains ont rejoint le programme Believe in Sport en tant qu’ambassadeurs : la basketteuse malienne Kady Kanouté Tounkara et l’athlète sud-africain Khotso Mokoena. Avec quatre autres ambassadeurs, ils échangeront avec les athlètes et leurs équipes d’encadrement pendant toute la durée de l’événement.
Kady Kanouté Tounkara, qui a participé aux Jeux de Pékin en 2008, a déclaré que protéger le sport est une responsabilité partagée, et que chaque athlète a un rôle à jouer pour préserver l’équité et le respect. Elle a ajouté qu’une véritable victoire ne peut être ni achetée, ni manipulée, ni obtenue par des raccourcis, et qu’elle naît du talent, du dévouement et d’efforts honnêtes.
Khotso Mokoena, quadruple olympien et médaillé d’argent du saut en longueur à Pékin en 2008, a pour sa part estimé que le respect du sport et des adversaires peut aider les jeunes athlètes à construire une carrière durable. Il a précisé que l’intégrité ne concerne pas seulement la manière dont on concourt, mais aussi le type d’athlète et de personne que l’on devient tout au long de son parcours. Les athlètes et les membres de leur entourage pourront participer à des activités interactives sur l’intégrité sportive au stand Believe in Sport, situé dans l’Athlete365 House, au sein du village olympique.
Eliud Kipchoge et Rayssa Leal, ambassadeurs de deux générations
Pour incarner l’esprit de ces premiers Jeux olympiques de la jeunesse organisés en Afrique, les organisateurs ont choisi comme ambassadeurs le champion olympique kényan de marathon Eliud Kipchoge et la skateuse brésilienne Rayssa Leal. Le choix de ces deux figures, issues de générations et de disciplines différentes, vise à inspirer les jeunes concurrents venus du monde entier, qu’ils soient habitués des podiums ou qu’ils découvrent pour la première fois une compétition de ce niveau.
Ce qu’il faut retenir avant l’ouverture des Jeux
À quelques jours de l’ouverture, la délégation sénégalaise est désormais connue dans ses grandes lignes : 136 athlètes, une cérémonie officielle au Palais de la République et un message clair de discipline et de solidarité adressé par les autorités. Autour d’eux, c’est tout un pays qui s’est mobilisé, de la tournée de la flamme olympique dans les 14 régions jusqu’au déploiement de 6 000 volontaires à Kër Ayo. Au-delà de la compétition, le Sénégal espère que les Jeux profiteront aux populations, stimuleront l’économie locale et encourageront davantage de jeunes à pratiquer un sport. Pour Mamadou Diagna Ndiaye, l’organisation de l’événement marque aussi un moment historique pour le continent, l’Afrique entrant selon lui dans l’histoire de l’olympisme par la très grande porte.
Sources
- Bird Story Agency, cité par allAfrica.com : Afrique: Dakar 2026 – Le Sénégal se prépare à accueillir le monde pour les premiers Jeux olympiques de la jeunesse en Afrique
ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. https://servafrica.fr
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