Africa Financial Summit, sixième édition : du 3 au 4 novembre, Luanda accueille pour la première fois ce rendez-vous majeur de la finance africaine. Plus de 1 250 participants, dont 18 gouverneurs de banques centrales et huit ministres des Finances, sont attendus en Angola pour une édition qui veut répondre à un paradoxe désormais bien identifié : des institutions financières africaines de plus en plus puissantes, mais des besoins de financement des économies du continent qui restent considérables.
Africa Financial Summit : un thème qui pose le constat
Placée sous l’intitulé « Making Capital Count », cette sixième édition de l’AFIS met l’accent sur un décalage qui structure tout le débat : en 2024, les revenus bancaires du continent ont dépassé les 100 milliards de dollars, pour un rendement des capitaux propres de 19 %. Un niveau de rentabilité élevé, qui tranche avec la réalité du financement de l’économie réelle : les prêts ne représentent qu’environ 30 % des actifs bancaires africains, selon les chiffres avancés par les organisateurs du sommet.
Pour Amir Ben Yahmed, directeur général de Jeune Afrique Media Group et fondateur de l’AFIS, le constat est clair : « Le défi est désormais de transformer cette puissance en investissements qui aident les entreprises à se développer, créent des emplois et financent les infrastructures dont nos économies ont besoin. » Cette phrase résume l’ambition du sommet : passer d’une finance qui engrange des profits à une finance qui irrigue l’économie productive.
Des sujets concrets pour les PME et les infrastructures
Le programme de l’AFIS 2026 aborde plusieurs chantiers directement liés au quotidien des entreprises africaines : le financement des PME, celui de l’agriculture et des infrastructures, mais aussi la mobilisation de l’épargne institutionnelle, la consolidation bancaire et l’intégration des marchés de capitaux. Ces thèmes ne sont pas choisis au hasard : ils touchent directement la capacité des économies africaines à financer leur propre croissance sans dépendre uniquement de capitaux extérieurs.
Un chiffre illustre l’ampleur du chantier : les 30 premières banques africaines cumulent environ 1 200 milliards de dollars d’actifs, soit moins d’un tiers du bilan de leurs homologues latino-américaines, selon les données de l’AFIS. Cet écart de taille explique en grande partie les difficultés du secteur bancaire africain à financer seul des projets d’infrastructure de grande envergure, qui nécessitent souvent des montages associant plusieurs institutions, nationales et régionales.
Des figures de premier plan de la finance africaine
Le sommet rassemblera des dirigeants de premier plan des institutions financières du continent. Parmi eux figurent Makhtar Diop, directeur général de l’International Finance Corporation (IFC), Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD), Serge Ekué, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ainsi que Jean-Claude Kassi Brou, gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).
Côté secteur privé, des dirigeants de groupes bancaires comme Rawbank, Ecobank, Sunu Group ou Absa sont également annoncés. Ces institutions, issues de différentes zones géographiques du continent, incarnent la diversité des modèles bancaires africains, entre groupes régionaux historiques et acteurs panafricains en forte expansion.
L’Angola, pays hôte, en première ligne
Le pays hôte sera représenté à haut niveau, avec la présence de Vera Esperança dos Santos Daves de Sousa, ministre angolaise des Finances, et de Manuel Tiago Dias, gouverneur de la Banque nationale d’Angola. Leur participation souligne l’importance de cet évènement pour l’Angola, qui accueille pour la première fois l’AFIS depuis sa création.
De son côté, Ethiopis Tafara, vice-président régional Afrique de l’IFC, résume l’enjeu du sommet en ces termes : « À Luanda, nous voulons allier ambition et partenariat pour mobiliser des capitaux à grande échelle et ouvrir la prochaine ère d’emplois et de croissance en Afrique. » Une déclaration qui place clairement l’emploi et la croissance au cœur des objectifs affichés par les organisateurs.
Une première historique en Afrique australe
Jusqu’ici organisé dans d’autres régions du continent, l’AFIS se tient pour la première fois en Afrique australe, et pour la première fois également dans un pays lusophone. Ce choix géographique n’est pas anodin : il traduit la volonté des organisateurs d’élargir le dialogue financier panafricain au-delà des places traditionnellement associées à ce type de rencontre, et de donner une visibilité accrue à des économies souvent moins mises en avant dans les grands rendez-vous financiers continentaux.
Ce qu’il faut retenir de l’Africa Financial Summit
L’édition 2026 de l’Africa Financial Summit met en lumière un paradoxe central de la finance africaine : des bénéfices bancaires en forte hausse, mais une part encore limitée de ces ressources réellement orientée vers le financement des entreprises, de l’agriculture et des infrastructures. En réunissant à Luanda des gouverneurs de banques centrales, des ministres des Finances, des dirigeants d’institutions de développement et des banquiers du secteur privé, le sommet entend poser les bases d’une mobilisation plus large des capitaux africains, au service d’une croissance plus inclusive et créatrice d’emplois sur le continent.
Pour suivre l’actualité économique et financière du continent, ServAfrica continue de décrypter les grands rendez-vous qui façonnent l’avenir des investissements en Afrique.
Sources
ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. servafrica.fr
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