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Archives et histoire RD Congo

République du Zaïre, 55 ans après : le jour où Mobutu a rebaptisé le Congo

Le 27 octobre 1971, le Congo devient la République du Zaïre. Authenticité, abacost, zaïrianisation, parti unique, puis chute en 1997 : notre dossier, 55 ans après.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 16 min

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République du Zaïre : le président Mobutu Sese Seko, en toque de léopard et abacost, reçu par Richard Nixon en 1973
Mobutu Sese Seko, président de la République du Zaïre, reçu par Richard Nixon à la Maison-Blanche, 10 octobre 1973. Photo : Jack E. Kightlinger (Maison-Blanche), Archives nationales des États-Unis, domaine public, via Wikimedia Commons.
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République du Zaïre : c’est le nom que le président Mobutu donne au Congo le 27 octobre 1971. Le pays, le fleuve et la monnaie portent désormais le même mot, Zaïre. Pendant plus de vingt-cinq ans, ce nom accompagne l’un des régimes les plus longs et les plus personnels de l’Afrique indépendante, jusqu’à sa chute en mai 1997. Cinquante-cinq ans plus tard, retour sur un changement de nom qui voulait effacer la colonisation, et sur ce qu’il a laissé.

Le 27 octobre 1971, un pays, un fleuve, une monnaie

À l’automne 1971, cela fait six ans que Joseph-Désiré Mobutu dirige le Congo. Le pays porte alors le nom de République démocratique du Congo, adopté en 1964 pour le distinguer de son voisin, l’ancienne colonie française qui s’appelle elle aussi République du Congo. Le 27 octobre 1971, le chef de l’État annonce que le pays s’appellera désormais République du Zaïre. Le fleuve Congo devient le fleuve Zaïre, et l’armée nationale prend le nom de Forces armées zaïroises (FAZ).

La monnaie, elle, s’appelle déjà le zaïre depuis quatre ans. Mobutu résume la nouvelle donne par une formule restée célèbre : « les trois Z », notre pays, notre fleuve, notre monnaie. Un nouveau drapeau, vert, frappé d’une main tenant une torche enflammée dans un cercle jaune, et un nouvel hymne, « La Zaïroise », complètent les symboles de l’État.

Le changement de nom n’est pas une décision isolée. Il est la mesure la plus visible d’une politique que le régime appelle le « recours à l’authenticité » : rompre avec tout ce qui rappelle la colonisation belge, des noms de villes aux prénoms des citoyens, et rassembler un pays de plus de 300 groupes ethniques autour d’une identité nationale unique, incarnée par un parti et par un homme.

Joseph-Désiré Mobutu, de Lisala au pouvoir

Joseph-Désiré Mobutu naît le 14 octobre 1930 à Lisala, dans la province de l’Équateur, au Congo belge. Sa mère, Marie-Madeleine Yemo, est employée d’hôtel ; son père, Albéric Gbemani, est cuisinier chez un juge belge. Après un passage dans la Force publique, l’armée coloniale, il devient journaliste. En 1958, il part en Belgique pour couvrir l’Exposition universelle de Bruxelles et y reste pour se former.

Il y fréquente les jeunes intellectuels congolais qui réclament l’indépendance, se lie avec Patrice Lumumba et rejoint son parti, le Mouvement national congolais. À l’indépendance, le 30 juin 1960, Lumumba devient Premier ministre et Mobutu entre dans son entourage. Quelques jours plus tard, après la mutinerie des soldats de la Force publique, il est nommé chef d’état-major de l’armée.

Le pays plonge dans ce que l’on appellera la crise congolaise : sécession du Katanga, rupture entre le président Joseph Kasa-Vubu et son Premier ministre. Le 14 septembre 1960, Mobutu prend le pouvoir une première fois, sans effusion de sang, et déclare les deux hommes « neutralisés ». Lumumba, qui tente de rejoindre ses partisans à Stanleyville, est capturé début décembre par les troupes de Mobutu, puis transféré au Katanga sécessionniste le 17 janvier 1961. Il est exécuté le jour même.

Mobutu reste à la tête de l’armée pendant les années de rébellions qui suivent. Le 24 novembre 1965, alors que l’État est paralysé par la rivalité entre Kasa-Vubu et Moïse Tshombe, le haut commandement militaire organise un nouveau coup d’État. Cette fois, Mobutu garde le pouvoir pour lui. Il a 35 ans. Il le conservera pendant trente-deux ans.

Avant le Zaïre : un parti unique et des villes rebaptisées

Les premières années du régime posent les fondations de ce qui suivra. En 1967 naît le Mouvement populaire de la révolution (MPR), qui deviendra le seul parti autorisé jusqu’en 1990. Sa doctrine, le Manifeste de la N’Sele, publié en mai 1967, tient en trois mots : nationalisme, révolution, authenticité. Son slogan : « ni à gauche, ni à droite ». Une nouvelle constitution, approuvée par référendum en juin 1967, concentre tous les pouvoirs exécutifs entre les mains du président.

Le régime nationalise aussi l’économie minière, longtemps restée entre des mains belges, à commencer par l’Union minière du Haut-Katanga, qui fournissait la moitié du budget de l’État. Le 23 juin 1967, une nouvelle monnaie remplace le franc congolais : le zaïre, qui vaut 1 000 anciens francs, soit environ deux dollars américains. Selon le biographe de Mobutu Jean-Pierre Langellier, journaliste au Monde, le nom aurait été trouvé lors d’un dîner, en juin 1967, par l’historien belge Jan Vansina.

Entre 1966 et 1971, les grandes villes perdent leurs noms coloniaux. Léopoldville devient Kinshasa, Stanleyville devient Kisangani, Élisabethville devient Lubumbashi, Jadotville devient Likasi, Albertville devient Kalemie, Luluabourg devient Kananga, Coquilhatville devient Mbandaka. Ces noms sont restés jusqu’à aujourd’hui.

Ces mêmes années sont aussi celles d’une répression implacable. En juin 1966, l’ancien Premier ministre Évariste Kimba et trois anciens ministres, Jérôme Anany, Alexandre Mahamba et Emmanuel Bamba, accusés d’un complot dit « de la Pentecôte », sont condamnés à mort par un tribunal militaire d’exception à l’issue d’un procès inéquitable, puis pendus en public à Léopoldville. En octobre 1968, Pierre Mulele, ancien ministre de Lumumba et chef de la rébellion du Kwilu, rentré d’exil sur la foi d’une amnistie, est arrêté puis tué. Le 4 juin 1969, l’armée tire sur un cortège d’étudiants de l’université Lovanium à Kinshasa : six morts selon le bilan officiel, bien davantage selon d’autres sources.

République du Zaïre : pourquoi ce nom ?

Le mot Zaïre vient du kikongo. Les navigateurs portugais ont transcrit sous la forme « Zaire » l’expression nzadi o nzere, « le fleuve qui avale les fleuves ». Ce nom a longtemps coexisté avec celui de Congo dans les récits européens, avant que Congo ne s’impose aux XVIIIe et XIXe siècles.

Le choix a souvent été relevé comme un paradoxe. Le nom Congo, qui renvoie au fleuve et à l’ancien royaume Kongo, était lui-même africain et antérieur à la colonisation. Zaïre, au contraire, est une déformation portugaise d’un mot africain. Pour le régime, l’enjeu était ailleurs : Congo était aussi le nom de la colonie belge, puis celui d’un pays déchiré par cinq années de guerres et de sécessions. Zaïre marquait un nouveau départ, sous l’autorité d’un seul chef.

Dans un discours prononcé au Sénégal en 1971, Mobutu explique sa démarche : « Tout le sens de notre quête, tout le sens de notre effort, tout le sens de notre pèlerinage sur cette terre d’Afrique, c’est que nous sommes à la recherche de notre authenticité. » L’idéologie, dit-il ailleurs, ne consiste pas à revenir aveuglément aux coutumes des ancêtres, mais à choisir celles qui s’adaptent à la vie moderne.

Le recours à l’authenticité : noms, abacost et « citoyens »

En 1972, la politique d’authenticité s’étend aux personnes. Les Zaïrois doivent abandonner leurs prénoms chrétiens ou occidentaux, souvent des noms de saints européens, au profit de noms africains, complétés d’un « postnom ». Le président montre l’exemple : Joseph-Désiré Mobutu devient Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa za Banga, que les sources traduisent de différentes manières, par exemple « le guerrier qui va de victoire en victoire ». La province du Katanga est rebaptisée Shaba, et en juillet 1972 les provinces deviennent des « régions ».

Le vêtement suit. Après un voyage du président en Chine, en 1973 selon la Bibliothèque du Congrès américaine, le costume et la cravate sont proscrits pour les hommes au profit de l’abacost, une veste à col fermé dont le nom vient de la formule « à bas le costume ». Pour les femmes, le pantalon et la minijupe sont interdits au profit du pagne. Mobutu lui-même devient reconnaissable entre tous : abacost, lunettes à monture épaisse, canne sculptée et toque en peau de léopard.

Les formules de politesse changent aussi. « Monsieur » et « Madame » cèdent la place à « Citoyen » et « Citoyenne », au nom de l’égalité entre Zaïrois. Les chefs d’État étrangers sont accueillis au son des tambours et des chants plutôt que par les salves de canon. La radio met en avant la musique « authentique » de Franco, Tabu Ley Rochereau ou Docteur Nico, et l’État encourage le retour au pays des œuvres d’art traditionnelles.

Cette politique se heurte rapidement à l’Église catholique, à laquelle appartient alors près de la moitié de la population. En décembre 1971, une loi permet de dissoudre « toute église ou secte » jugée menaçante pour l’ordre public ; seules quelques Églises restent reconnues, dont l’Église catholique, l’Église du Christ au Zaïre, qui regroupe les protestants, et l’Église kimbanguiste. La suppression des prénoms chrétiens et l’installation de sections de la jeunesse du parti dans les séminaires ouvrent un conflit qui ne s’apaise qu’en 1975, après des pressions du Vatican.

Le bilan de l’authenticité reste discuté. Pour une partie des historiens, Mobutu a réussi à donner à beaucoup de ses concitoyens la fierté d’être Zaïrois et un sentiment d’identité commune que la colonisation n’avait jamais construit. Pour d’autres, l’idéologie a surtout servi à justifier le pouvoir d’un seul homme. Mobutu le disait lui-même : « dans notre tradition africaine, il n’y a jamais deux chefs ».

La zaïrianisation de 1973 : nationaliser, puis tout perdre

En novembre 1973, le régime franchit une nouvelle étape : la « zaïrianisation » de l’économie. Les commerces, plantations et entreprises appartenant à des étrangers sont confisqués et remis à des Zaïrois. Officiellement, il s’agit de rendre aux nationaux les richesses accumulées pendant la colonisation. Dans les faits, les biens vont souvent à des proches du pouvoir et à des fidèles du régime, parfois sans expérience de la gestion.

Le moment est particulièrement mal choisi. La même année, le choc pétrolier fait flamber le prix de l’énergie, puis le cours du cuivre, principale exportation du pays, s’effondre. Beaucoup d’entreprises zaïrianisées font faillite, les circuits commerciaux se désorganisent et l’inflation s’emballe. Le régime doit organiser des rétrocessions aux anciens propriétaires pour enrayer la crise. Selon les données reprises par l’encyclopédie Wikipédia, le pouvoir d’achat en 1979 ne représentait plus que 4 % de celui de 1960.

La même année 1973 voit naître le salongo, un travail civique obligatoire : un après-midi par semaine consacré à des travaux agricoles ou d’intérêt général. Présenté comme un retour aux valeurs de solidarité de la société traditionnelle, il rappelle à beaucoup le travail forcé de l’époque coloniale. À la fin des années 1970, la plupart des Zaïrois s’y dérobent, malgré des peines prévues d’un à six mois de prison.

Un parti, un homme, une nation « politiquement organisée »

La constitution de 1974 consacre le MPR comme « institution unique » du pays. Tout Zaïrois en est membre dès sa naissance. Le président du parti, désigné par le congrès du MPR, est le seul candidat à la présidence de la République et se fait confirmer par référendum. Lors de l’élection de novembre 1970, Mobutu avait été réélu avec plus de 10,1 millions de voix contre 157 « non » ; il l’est de nouveau en 1977 et en 1984 avec des scores tout aussi invraisemblables.

Le culte de la personnalité devient l’un des plus marqués du XXe siècle. Le journal télévisé du soir s’ouvre sur l’image du président descendant à travers les nuages. Ses portraits sont partout et les responsables portent un insigne à son effigie. Il se fait appeler « Père de la Nation », « Guide de la Révolution », « Timonier », et, à partir de juin 1983, maréchal. Pour neutraliser ses rivaux, il change sans cesse ses gouvernements : soixante remaniements entre novembre 1965 et avril 1997.

Kinshasa 1974, Shaba 1977 et 1978

Le Zaïre des années 1970 veut aussi briller à l’étranger. En 1974, les Léopards, l’équipe nationale de football, remportent la Coupe d’Afrique des nations en Égypte et deviennent la première équipe d’Afrique subsaharienne qualifiée pour une Coupe du monde, en Allemagne de l’Ouest. Le 30 octobre 1974, Kinshasa accueille le combat de boxe entre Mohamed Ali et George Foreman, le « Rumble in the Jungle », dont Mobutu finance la bourse de dix millions de dollars pour offrir au monde l’image d’un Zaïre moderne. ServAfrica consacre à ce combat un dossier distinct, publié le 30 octobre.

Le régime reste pourtant fragile. En mars 1977, puis en mai 1978, d’anciens gendarmes katangais réfugiés en Angola envahissent la province du Shaba. La première invasion est repoussée avec l’aide de troupes marocaines soutenues par la France ; lors de la seconde, la prise de la ville minière de Kolwezi entraîne une intervention militaire française et belge. Ces deux crises montrent que le Zaïre dépend de ses alliés occidentaux, pour qui il est, en pleine guerre froide, un rempart contre l’influence soviétique en Afrique centrale.

Vingt ans de déclin et une fortune contestée

Dès la fin des années 1970, l’économie s’enfonce. À partir de 1976, le Fonds monétaire international accorde des prêts de stabilisation dont une grande partie est détournée. En 1982, un envoyé du FMI, Erwin Blumenthal, écrit dans son rapport que le système de corruption du Zaïre ruinera tous les efforts de redressement et qu’il n’y a « aucune chance » que les créanciers soient remboursés. Le mot « kleptocratie » s’impose pour décrire le régime.

L’ampleur de la fortune personnelle de Mobutu n’a jamais été établie. Les estimations reprises par les sources vont de 50 millions à plusieurs milliards de dollars ; la plupart des avoirs étaient placés à l’étranger. Le train de vie du président est en revanche bien documenté : un palais à Gbadolite, dans sa région d’origine, surnommé le « Versailles de la jungle », un aéroport capable d’accueillir le Concorde, des avions loués pour ses voyages à Paris.

La monnaie raconte à elle seule la chute du pays. Le zaïre, qui valait deux dollars en 1967, est dévalué en 1983 puis laissé flottant. En 1992, la Banque du Zaïre émet un billet de cinq millions de zaïres. En 1993, un « nouveau zaïre » remplace l’ancien au taux d’un pour trois millions, sans enrayer l’hyperinflation.

Une opposition s’organise malgré la répression. Au début des années 1980, treize parlementaires, parmi lesquels l’ancien ministre Étienne Tshisekedi, adressent au président un mémorandum dénonçant sa mauvaise gestion et la personnalisation du pouvoir ; en février 1982, après des mois de prison, ils fondent l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). La fin de la guerre froide prive Mobutu de son principal atout. Le 24 avril 1990, il annonce la fin du parti unique. En septembre 1991, des soldats impayés pillent Kinshasa ; la France et la Belgique envoient des troupes pour évacuer les étrangers. En 1992, la Conférence nationale souveraine réunit plus de 2 000 délégués et élit Étienne Tshisekedi Premier ministre, mais Mobutu nomme un gouvernement rival. Les élections promises n’ont jamais lieu.

Mai 1997 : la fin du Zaïre

Le coup de grâce vient de l’est. Après le génocide de 1994 au Rwanda, les miliciens et les anciens soldats rwandais responsables des massacres se sont installés dans les camps de réfugiés de l’est du Zaïre. En 1996, une rébellion soutenue par le Rwanda et l’Ouganda éclate dans les Kivus. Elle prend le nom d’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) et se donne pour chef Laurent-Désiré Kabila, un ancien maquisard lumumbiste. La première guerre du Congo commence.

L’armée zaïroise, mal payée et désorganisée, n’oppose presque aucune résistance. Atteint d’un cancer de la prostate, Mobutu se fait soigner en Suisse pendant l’offensive. En mai 1997, des négociations organisées sous l’égide du président sud-africain Nelson Mandela échouent. Le 16 mai, Mobutu quitte Kinshasa ; le lendemain, les troupes de l’AFDL entrent dans la capitale. Laurent-Désiré Kabila se proclame président et rend au pays le nom de République démocratique du Congo. Il prête serment le 29 mai 1997.

Mobutu passe quelques jours au Togo, puis s’installe à Rabat, au Maroc. Il y meurt le 7 septembre 1997, à 66 ans. Il est inhumé dans le cimetière européen de Rabat. Le 1er juillet 1998, le franc congolais remplace le nouveau zaïre, au taux d’un franc pour 100 000 nouveaux zaïres. Le Zaïre a vécu vingt-cinq ans et demi.

République du Zaïre, 55 ans après : ce qui reste

Le nom Zaïre a disparu des cartes, mais beaucoup de ce qu’il a apporté est resté. Les noms de villes de l’authenticité, Kinshasa, Kisangani, Lubumbashi, Kananga ou Mbandaka, n’ont jamais été remis en cause. Le fleuve a retrouvé son nom de Congo et le Katanga le sien. L’extension internet « .zr » a laissé la place à « .cd », et le code olympique ZAI à COD. L’équipe nationale de football s’appelle toujours les Léopards.

La période reste aussi une mémoire vive et disputée. Pour certains Congolais, elle évoque un État fort, un pays respecté et une fierté nationale ; pour d’autres, une dictature, la ruine d’un pays immensément riche et des opposants pendus, torturés ou disparus. Des partis issus de l’ancien régime ont continué à se réclamer de son héritage. Le 19 mai 2024, des hommes armés menés par l’opposant en exil Christian Malanga, qui se présentait comme le chef d’un « Nouveau Zaïre », ont tenté un coup d’État à Kinshasa en brandissant l’ancien drapeau zaïrois ; la tentative a été déjouée et Christian Malanga a été tué selon l’armée congolaise.

Cinquante-cinq ans après le 27 octobre 1971, la question posée par Mobutu, comment construire une identité nationale après la colonisation, reste ouverte en République démocratique du Congo comme dans beaucoup de pays africains. La réponse du Zaïre, un nom, un parti et un chef, a montré ses limites.

Les dates clés

  • 14 octobre 1930 : naissance de Joseph-Désiré Mobutu à Lisala.
  • 30 juin 1960 : indépendance du Congo belge.
  • 14 septembre 1960 : premier coup de force de Mobutu, chef d’état-major.
  • 17 janvier 1961 : Patrice Lumumba, livré au Katanga, est exécuté.
  • 24 novembre 1965 : coup d’État, Mobutu prend le pouvoir.
  • 1966 : Léopoldville devient Kinshasa ; pendaisons publiques de quatre anciens dirigeants (juin).
  • 1967 : création du MPR, Manifeste de la N’Sele (mai), naissance de la monnaie zaïre (23 juin).
  • 27 octobre 1971 : le pays devient la République du Zaïre ; le fleuve et l’armée sont rebaptisés.
  • 1972 : abandon obligatoire des prénoms chrétiens ; le Katanga devient le Shaba.
  • Novembre 1973 : zaïrianisation des entreprises étrangères ; création du salongo.
  • 1974 : constitution du MPR « institution unique » ; victoire à la CAN ; combat Ali-Foreman à Kinshasa (30 octobre).
  • 1977 et 1978 : invasions du Shaba ; intervention à Kolwezi.
  • 1982 : fondation de l’UDPS.
  • 24 avril 1990 : fin annoncée du parti unique.
  • 1992 : Conférence nationale souveraine.
  • 17 mai 1997 : l’AFDL entre à Kinshasa ; Laurent-Désiré Kabila se proclame président, le pays redevient la République démocratique du Congo.
  • 7 septembre 1997 : mort de Mobutu à Rabat.
  • 1er juillet 1998 : le franc congolais remplace le nouveau zaïre.

Pour aller plus loin sur ServAfrica

Sources

  • Olivier Lanotte, « Chronology of the Democratic Republic of Congo/Zaire (1960-1997) », Mass Violence and Resistance, Sciences Po, 2016 : sciencespo.fr (consulté le 14 octobre 2026).
  • Sandra W. Meditz et Tim Merrill (dir.), Zaire: a country study, Federal Research Division, Bibliothèque du Congrès des États-Unis, 4e édition, 1994 (repris dans les articles Wikipédia ci-dessous).
  • Histoire du Zaïre, constitution, MPR, zaïrianisation, économie, chute du régime : article « Zaire », Wikipédia en anglais : en.wikipedia.org, et article « Zaïre », Wikipédia en français : fr.wikipedia.org (consultés le 14 octobre 2026).
  • Politique d’authenticité, « trois Z », origine du nom, prénoms, abacost : article « Authenticité (Zaire) », Wikipédia en anglais : en.wikipedia.org ; article « Zaïrianisation », Wikipédia en français : fr.wikipedia.org (consultés le 14 octobre 2026).
  • Biographie de Mobutu, culte de la personnalité, fortune, exil et mort : article « Mobutu Sese Seko », Wikipédia en anglais : en.wikipedia.org (consulté le 14 octobre 2026).
  • Monnaie : article « Zairean zaire », Wikipédia en anglais : en.wikipedia.org (consulté le 14 octobre 2026).
  • Football : article « DR Congo national football team », Wikipédia en anglais : en.wikipedia.org (consulté le 14 octobre 2026).
  • Tentative de coup d’État du 19 mai 2024 : article « 2024 Democratic Republic of the Congo coup attempt », Wikipédia en anglais : en.wikipedia.org (consulté le 14 octobre 2026).
  • Photo : le président Mobutu Sese Seko reçu à la Maison-Blanche par Richard Nixon, 10 octobre 1973, photo de Jack E. Kightlinger (Maison-Blanche), Archives nationales des États-Unis, domaine public, via Wikimedia Commons.

Article d’histoire rédigé par ServAfrica à partir des sources citées. Les chiffres sur la fortune de Mobutu et sur les victimes de la répression varient selon les sources ; nous indiquons les fourchettes publiées.

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