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Entrepreneuriat Guinée

Crédits bancaires : les conseils pratiques d’Abdourahime Bah pour les entreprises guinéennes

Crédits bancaires : à l'occasion d'une clinique de projets à Conakry, Abdourahime Bah, directeur commercial Clients entreprises chez AFG Bank Guinée, détaille les conditions concrètes que doivent remplir les entreprises pour convaincre une banque de les financer.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Crédits bancaires : les conseils pratiques d'Abdourahime Bah pour les entreprises guinéennes
Photo d'illustration : Ninthgrid / Pexels (licence Pexels)

Crédits bancaires : c’est le sujet au cœur d’un entretien accordé par Abdourahime Bah, directeur commercial Clients entreprises de AFG Bank Guinée, lors de la Clinique de projets de la salle des Marchés organisée à Conakry, une rencontre dédiée à la préparation à la bancarisation des entreprises. Dans cet échange avec Africaguinee.com, il détaille les conditions concrètes que doivent remplir les entrepreneurs de Guinée pour accéder au financement bancaire, au-delà des idées reçues sur les garanties et les états financiers.

Les critères fondamentaux pour accéder au financement

Selon Abdourahime Bah, la première condition pour qu’une entreprise puisse prétendre à un financement bancaire est d’être formalisée. Cela suppose une mise en conformité sur les plans juridique, comptable, financier et opérationnel, portée par des dirigeants ambitieux. Lorsque ces informations sont complètes, l’entreprise peut rencontrer la banque pour engager un dialogue autour d’un éventuel financement.

Le directeur commercial précise toutefois que le rôle de AFG Bank ne se limite pas à l’octroi de fonds. La banque associe à son offre un accompagnement technique et stratégique : dès l’initiation du projet, ses équipes aident l’entreprise à modéliser son plan de financement, à rectifier ses états financiers et à structurer ses garanties. Il s’agit donc d’un travail conjoint entre le porteur de projet et son conseiller bancaire, et non d’une simple instruction de dossier.

Les débouchés commerciaux, clé du remboursement

Abdourahime Bah insiste sur un point souvent sous-estimé par les entrepreneurs : avoir des états financiers complets ou des garanties solides ne suffit pas à obtenir un crédit. Pour être financée, une entreprise doit impérativement démontrer qu’elle dispose de clients et de contrats. La question centrale que se pose la banque, explique-t-il, est de savoir si le porteur de projet aura les liquidités nécessaires pour rembourser son emprunt.

Il faut donc que l’entreprise vende effectivement son produit ou son service, qu’elle dispose de débouchés certains pour générer des recettes, qu’elle puisse faire face à ses charges courantes, puis honorer son crédit. Pour Abdourahime Bah, la réussite de la bancarisation repose ainsi sur trois piliers : structurer ses informations, s’appuyer sur un écosystème solide de clients et de fournisseurs, et disposer de perspectives commerciales claires.

L’exemple d’une filière agricole

Pour illustrer son propos, Abdourahime Bah prend l’exemple d’une entreprise agricole qui produit des tomates en Guinée. Selon lui, il ne suffit pas de produire : si l’entreprise sécurise un contrat avec un hôtel pour écouler sa récolte de manière récurrente, chaque semaine ou chaque mois, elle obtient des revenus prévisibles. Cette visibilité commerciale permet à la banque d’accepter de financer le producteur, même si celui-ci traverse des tensions de trésorerie au moment de planter, avant la récolte. La rigueur de la formalisation financière et juridique, couplée à des débouchés garantis, constitue selon lui la clé de voûte de la démarche bancaire.

Vaincre la culture de la dette

Interrogé sur le rapport des entrepreneurs guinéens à l’emprunt, Abdourahime Bah reconnaît l’existence d’un réel problème de « culture de la dette » en Guinée. Il observe que de nombreux entrepreneurs hésitent à solliciter les banques, alors qu’il est, selon lui, impossible de se développer sans effet de levier financier. Pour atteindre un certain niveau de croissance, le recours à l’emprunt bancaire reste indispensable.

Cet emprunt doit cependant s’appuyer sur des débouchés fiables, généralement ancrés dans des écosystèmes industriels, miniers ou de services. Autrement dit, le crédit n’est pas une fin en soi : il doit accompagner une activité qui a déjà démontré sa capacité à générer des ventes régulières, ce qui rassure la banque sur la capacité de remboursement de l’entreprise.

L’accompagnement via la Maison de la PME

Pour les jeunes entrepreneurs qui hésitent encore à franchir le pas, Abdourahime Bah rappelle que AFG Bank Guinée, anciennement Société Générale, dispose d’un département dédié aux entreprises ainsi que d’une structure appelée la Maison de la PME. Cette structure accueille non seulement les clients de la banque, mais aussi les non-clients.

Son conseil est simple : venir à la banque, écouter et dialoguer. Il souligne qu’il n’est pas nécessaire de se déplacer uniquement pour décrocher un crédit ; les entrepreneurs peuvent aussi venir poser des questions. Les conseillers de la Maison de la PME sont là, selon lui, pour aider les porteurs de projets à se formaliser et à structurer leurs dossiers, du début jusqu’au financement. Tout entrepreneur porteur d’une idée viable et commercialisable y est le bienvenu.

Un forum international à Conakry comme signal d’ouverture

Interrogé sur la tenue de ce forum international à Conakry, Abdourahime Bah qualifie l’initiative de « tout à fait louable et à encourager », rappelant qu’il s’agit d’une première en Guinée. Il relève que le Royaume-Uni, membre du G7, représente une puissance économique majeure dotée d’un grand pragmatisme, avec des expertises reconnues en matière industrielle, d’ingénierie et de finance. Il se dit convaincu que la participation des entreprises sera encore plus forte lors des prochaines éditions de cet événement.

Ce qu’il faut retenir pour les entrepreneurs guinéens

L’entretien d’Abdourahime Bah dessine une feuille de route claire pour les entrepreneurs qui souhaitent accéder au crédit bancaire en Guinée. D’abord, formaliser son activité sur les plans juridique, comptable et financier. Ensuite, démontrer l’existence de débouchés commerciaux concrets, car la banque cherche avant tout à s’assurer que l’entreprise pourra générer les liquidités nécessaires au remboursement. Enfin, ne pas craindre de pousser la porte d’une banque, même sans demande de crédit immédiate, pour bénéficier d’un accompagnement dans la structuration du projet.

Pour les entrepreneurs qui hésitent encore, des structures comme la Maison de la PME proposée par AFG Bank Guinée offrent un espace de dialogue qui peut constituer un premier pas utile avant toute demande de financement.

Ces informations sont issues d’un entretien professionnel et ne constituent pas un conseil financier personnalisé ; chaque entrepreneur est invité à se rapprocher directement de sa banque pour étudier son propre dossier.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. https://servafrica.fr

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