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DIASPORA Égypte, Maroc

Transferts de fonds : plus de 70 milliards de dollars pour le Maroc, l’Égypte et la Tunisie

Transferts de fonds et recettes touristiques ont rapporté plus de 70 milliards de dollars au Maroc, à l'Égypte et à la Tunisie entre janvier et août 2026, selon Le360 Afrique. Décryptage pratique pour les Africains établis à l'étranger.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 6 min

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Transferts de fonds : plus de 70 milliards de dollars pour le Maroc, l'Égypte et la Tunisie
Photo d'illustration : MabelAmber / Pixabay (licence Pixabay)

Transferts de fonds et recettes touristiques forment aujourd’hui l’un des piliers les plus solides des économies d’Afrique du Nord. Selon des données cumulées à fin août 2026 rapportées par Le360 Afrique, le Maroc, l’Égypte et la Tunisie ont généré ensemble plus de 70 milliards de dollars grâce aux envois de fonds de leurs ressortissants à l’étranger et aux recettes du tourisme, sur les huit premiers mois de l’année. Un montant qui représente près de 81,40 % du volume des exportations totales des trois pays sur la même période, estimé à 86 milliards de dollars. Ces chiffres confirment l’importance stratégique de ces deux ressources pour la stabilité économique et sociale de la région.

Pour les Africains installés hors du continent, ces données ne sont pas qu’une statistique macroéconomique. Elles disent quelque chose de très concret : le rôle central que jouent les envois réguliers vers les familles restées au pays, et le potentiel encore largement sous-exploité d’orientation de cette épargne vers des projets productifs.

Transferts de fonds : la part belle dans les devises des trois pays

Sur les huit premiers mois de 2026, les envois d’argent effectués par les ressortissants marocains, égyptiens et tunisiens établis à l’étranger se sont élevés à 45,5 milliards de dollars. Il s’agit de la seconde source de devises des trois pays, juste derrière les exportations. Ces flux proviendraient d’une population estimée à plus de 21 millions de personnes établies hors de leur pays d’origine, toutes nationalités confondues pour les trois pays.

Ces transferts jouent d’abord un rôle de filet de sécurité financière pour de nombreuses familles, dont certaines dépendent presque entièrement de ces envois pour couvrir leurs besoins courants : scolarité, alimentation, santé. Selon les données citées par Le360 Afrique, la majeure partie de ces fonds est consacrée à la consommation immédiate des ménages, ce qui en fait un soutien direct au pouvoir d’achat local. Mais le média souligne également un potentiel encore important : celui d’orienter une part croissante de cette épargne vers l’investissement productif, plutôt que vers la seule consommation.

Au niveau macroéconomique, ces envois contribuent au renforcement des réserves de change, à l’amélioration de la balance des paiements et à la stabilisation générale des économies des trois pays, dans un contexte marqué par les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient.

L’Égypte, premier bénéficiaire de ces envois en Afrique

Parmi les trois pays, l’Égypte se distingue nettement. Le pays a enregistré près de 34 milliards de dollars de transferts sur les huit premiers mois de 2026, en hausse de plus de 27 % par rapport à la même période de 2025. Si cette dynamique se confirme, les transferts annuels pourraient dépasser largement les 41,5 milliards de dollars enregistrés sur l’ensemble de l’année 2025.

Cette performance s’explique par la taille de la communauté égyptienne établie hors du pays, estimée à plus de 14 millions de personnes, soit environ 11,70 % de la population totale de l’Égypte, la plus importante du continent africain en proportion. Près de 62 % de ces ressortissants vivent dans les pays du Golfe, notamment en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar et au Koweït, où les transferts bénéficient de frais réduits et de peu de contraintes réglementaires. Environ 20 % résident sur le continent américain, principalement aux États-Unis et au Canada, et 15 % sont installés en Europe, en particulier en Italie, en France, en Allemagne et au Royaume-Uni.

La hausse enregistrée en 2026 s’explique en partie par le contexte régional difficile : face à la conjoncture tendue au Moyen-Orient, de nombreux Égyptiens installés à l’étranger ont augmenté le montant de leurs envois pour soutenir leurs familles et sécuriser une partie de leur épargne dans leur pays d’origine.

Le tourisme, un revenu complémentaire pour les économies locales

Au-delà des transferts de fonds, le tourisme constitue le second grand pilier identifié par Le360 Afrique. Sur les huit premiers mois de 2026, les recettes touristiques cumulées des trois pays ont atteint 24,5 milliards de dollars, pour environ 34 millions d’arrivées de visiteurs. Ce secteur contribue directement à la création d’emplois, au renforcement des réserves de change et à l’équilibre des comptes extérieurs.

L’Égypte, bien qu’ayant perdu sa place de premier pays africain en nombre d’arrivées touristiques au profit du Maroc, conserve son rang en matière de recettes générées, avec 12 milliards de dollars engrangés sur la période. Ce double mouvement, transferts et tourisme, illustre la manière dont la mobilité des personnes, qu’elles vivent à l’étranger de façon permanente ou qu’elles reviennent visiter leur pays d’origine, irrigue directement l’économie locale.

Ce que ces chiffres changent concrètement pour les Africains établis à l’étranger

Ces données confirment d’abord une réalité vécue au quotidien par des millions de familles : les envois réguliers depuis l’étranger restent un soutien indispensable, et non un simple complément de revenu. Pour les personnes qui transfèrent de l’argent vers le Maroc, l’Égypte ou la Tunisie, plusieurs enseignements pratiques ressortent de ces chiffres.

  • Les corridors où la communauté expatriée est la plus dense, comme celui reliant les pays du Golfe à l’Égypte, bénéficient de frais de transfert plus bas et de moins de contraintes réglementaires, ce qui profite directement aux ménages bénéficiaires.
  • La majorité des sommes envoyées sert à couvrir des besoins immédiats : alimentation, scolarité, santé. Il reste, selon les constats rapportés, une marge réelle pour orienter une partie de cette épargne vers des projets plus durables, qu’il s’agisse d’un logement, d’une petite activité ou d’une épargne de long terme.
  • Le tourisme de retour, c’est-à-dire les séjours des ressortissants établis à l’étranger dans leur pays d’origine, participe lui aussi directement aux recettes nationales et à l’activité économique locale, notamment dans l’hôtellerie et les services.

Pour ceux qui envisagent un retour, même partiel, ou un projet d’investissement dans l’un de ces trois pays, ces chiffres rappellent l’importance de bien distinguer l’argent destiné au soutien familial immédiat de celui qui peut être mobilisé pour un projet productif, afin d’éviter que l’épargne ne se dilue uniquement dans la consommation courante.

Ce qu’il faut retenir de ces chiffres

Avec plus de 70 milliards de dollars générés en huit mois par les envois de fonds et le tourisme, le Maroc, l’Égypte et la Tunisie confirment le rôle central de leurs ressortissants établis à l’étranger et de leurs visiteurs dans l’équilibre de leurs économies. L’Égypte se distingue par l’ampleur de ses transferts, portés par une communauté nombreuse et bien implantée dans le Golfe, tandis que le tourisme continue de générer des revenus significatifs pour les trois pays, malgré une recomposition des flux d’arrivées. Pour les personnes concernées, ces données confirment qu’au-delà du soutien familial, il existe une marge réelle pour penser ces flux financiers dans une perspective de plus long terme.

Pour suivre les dynamiques économiques qui concernent les pays d’Afrique et leurs ressortissants à l’étranger, ServAfrica continue de décrypter ces chiffres sur servafrica.fr.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.
https://servafrica.fr

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