Russie Sahel : c’est la question qui a été posée au président ghanéen John Dramani Mahama lors du sommet Africa du Financial Times, organisé le 21 octobre à Londres. Interrogé sur le rôle croissant de Moscou dans la lutte contre le terrorisme au Ghana voisin et plus largement dans la bande sahélienne, le chef de l’État a livré une réponse claire, rapportée par des médias locaux et relayée par l’agence Anadolu.
Les propos tenus au sommet Africa du Financial Times
Le sommet Africa du Financial Times réunit chaque année des responsables politiques, des chefs d’entreprise et des investisseurs autour des grands enjeux du continent. C’est dans ce cadre que John Dramani Mahama a été questionné sur l’implication grandissante de la Russie dans la sécurité au Sahel, une région confrontée depuis plusieurs années à des groupes armés et à une instabilité politique persistante.
Sa réponse a été sans ambiguïté : « Mon avis sur la question est que toute personne déterminée à lutter contre le terrorisme est la bienvenue », a déclaré le président ghanéen. Cette prise de position intervient alors que plusieurs pays de la région ont diversifié leurs partenariats sécuritaires ces dernières années, en s’ouvrant notamment à des acteurs comme la Russie, aux côtés des partenariats traditionnels.
Le retard de la force ouest-africaine de réaction rapide
Au-delà de la question russe, John Dramani Mahama a également abordé un autre dossier sensible pour la sécurité régionale : le déploiement, longtemps attendu, d’une force ouest-africaine de réaction rapide destinée à répondre à l’instabilité dans la région. Selon le président ghanéen, ce projet accuse un retard important.
Il a expliqué que l’absence d’une résolution des Nations unies permettant de mobiliser les financements nécessaires constitue le principal frein à la mise en place de cette force. Sans un tel cadre onusien, les ressources financières indispensables à son opérationnalisation ne peuvent pas être réunies dans les conditions requises. Cette déclaration met en lumière une difficulté structurelle que rencontrent les initiatives sécuritaires régionales en Afrique de l’Ouest : la capacité à financer durablement des dispositifs communs face à des menaces transfrontalières.
Une diversification des partenariats sécuritaires en Afrique
Les propos du président ghanéen s’inscrivent dans un mouvement plus large de diversification des partenariats sécuritaires observé sur le continent, en particulier dans les pays confrontés au terrorisme et à l’instabilité politique. La Russie figure parmi les acteurs dont le rôle s’est renforcé dans ce contexte, aux côtés d’autres partenaires régionaux et internationaux déjà présents.
Ce phénomène ne se limite pas à la seule région sahélienne. En juin 2026, la Russie et l’Union africaine avaient identifié plusieurs priorités communes pour renforcer leur coopération en matière de sécurité sur le continent, avec un accent particulier mis sur la prévention et le règlement des conflits. Les discussions menées à cette occasion avaient porté sur plusieurs foyers de tension majeurs : la région saharo-sahélienne, le Soudan, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo ainsi que la Corne de l’Afrique.
Cette cartographie des priorités traduit l’ampleur des défis sécuritaires auxquels plusieurs régions africaines font face simultanément, et explique en partie pourquoi des dirigeants comme John Dramani Mahama se montrent ouverts à l’élargissement des soutiens disponibles, quelle que soit leur origine, dès lors qu’ils contribuent concrètement à la lutte contre le terrorisme.
Pourquoi cette déclaration compte pour la région
La position exprimée par le président ghanéen illustre un pragmatisme assumé par plusieurs dirigeants de la région face à la persistance de la menace terroriste au Sahel. Plutôt que de privilégier un partenaire au détriment d’un autre, l’approche défendue consiste à accueillir toute contribution jugée utile à la stabilisation de la zone.
Cette position met aussi en évidence les limites actuelles des mécanismes de coopération régionale africains, freinés par des questions de financement et de gouvernance institutionnelle, comme le souligne le retard pris par la force ouest-africaine de réaction rapide. Tant que les financements multilatéraux nécessaires ne seront pas débloqués, les États de la région pourraient continuer à se tourner vers des partenariats bilatéraux, y compris avec des puissances non traditionnelles comme la Russie.
Ce qu’il faut retenir de cette prise de position
Le président ghanéen John Dramani Mahama a clairement affirmé, lors du sommet Africa du Financial Times à Londres, que l’implication de la Russie dans la lutte antiterroriste au Sahel était la bienvenue, tout en pointant le retard persistant de la force ouest-africaine de réaction rapide, faute de financement adossé à une résolution des Nations unies. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte plus large de diversification des partenariats sécuritaires sur le continent, confirmé par les échanges entre la Russie et l’Union africaine en juin 2026 sur plusieurs foyers de tension, de la région saharo-sahélienne à la Corne de l’Afrique.
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Sources
Anadolu Ajansı, Le président ghanéen salue l’implication de la Russie dans la lutte antiterroriste au Sahel.
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