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Politique & société RD Congo

RDC attaque générale : Kinshasa accuse Joseph Kabila de préparer une offensive

Le gouvernement de la République démocratique du Congo accuse l'ancien président Joseph Kabila de préparer une offensive de grande envergure contre Kinshasa, quelques jours après son rapprochement officiel avec le M23.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 4 min

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RDC attaque générale : Kinshasa accuse Joseph Kabila de préparer une offensive
Image : illustration générée par IA.

RDC attaque générale : c’est l’accusation portée vendredi par le gouvernement congolais contre l’ancien président Joseph Kabila, quelques jours seulement après son rapprochement officiel avec le groupe armé M23. Selon Kinshasa, l’ancien chef de l’État aurait désormais franchi un cap en formalisant une offensive militaire de grande ampleur contre les institutions du pays.

Une accusation directe du porte-parole du gouvernement

C’est le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, qui a porté cette accusation auprès de l’Agence France-Presse. « Kabila a décidé de formaliser son offensive de grande envergure contre la République », a-t-il déclaré, estimant que le recours aux armes revient à « tuer des Congolais pour tenter de conquérir des territoires ».

Le porte-parole a également visé la nouvelle structure politico-militaire créée par l’ancien président, qu’il considère comme un simple changement d’apparence plutôt qu’une rupture réelle avec les méthodes du passé. « Ils veulent lancer un mouvement pour se donner un nouveau visage, mais en réalité, les intentions, les plans macabres et le mode opératoire sont connus », a-t-il affirmé, avant de préciser que « les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement reste la même ».

Le contexte : une alliance scellée avec le M23

Cette sortie du gouvernement intervient quelques jours après que Joseph Kabila a officialisé son alliance avec le M23 en prenant la tête d’une nouvelle organisation baptisée Front pour la refondation de la nation (FRN). Présentée comme une formation politico-militaire, celle-ci entend regrouper forces, ressources et moyens pour mettre fin à ce qu’elle qualifie de tyrannie, y compris par le recours à la force. Joseph Kabila doit diriger cette structure, tandis que des responsables du M23 en occuperont les postes de vice-présidents.

Âgé de 55 ans et à la tête de la République démocratique du Congo de 2001 à 2019, Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace il y a un an pour complicité avec le M23. Les autorités congolaises l’accusent également d’avoir participé à la création de l’Alliance du fleuve Congo (AFC), ancienne branche politique du M23 aujourd’hui dissoute. L’ancien président rejette ces accusations.

La riposte de Joseph Kabila

Dans un discours diffusé en ligne le même vendredi, Joseph Kabila a répondu aux accusations gouvernementales en retournant l’argument contre Kinshasa. Il a affirmé que le gouvernement était « motivé uniquement par sa propre pérennité au pouvoir », accusant les autorités de chercher avant tout à se maintenir en place plutôt qu’à répondre aux difficultés du pays.

Cet échange public entre l’ancien président et le porte-parole du gouvernement marque une escalade dans la confrontation verbale entre les deux camps, à un moment où la situation sécuritaire dans l’est du pays reste particulièrement tendue.

Un conflit qui n’a pas cessé dans l’est du pays

Depuis son retour à Goma en mai 2025, après plusieurs années passées à l’étranger, Joseph Kabila effectue régulièrement des déplacements dans les territoires occupés par le M23. Au début de l’année 2025, une offensive menée par ce groupe armé, avec le soutien de l’armée rwandaise, avait permis aux rebelles de prendre le contrôle de Goma puis de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu.

Depuis ces avancées, la ligne de front a globalement peu évolué, mais les affrontements se poursuivent, parfois avec une forte intensité, impliquant notamment des drones et des tirs d’artillerie. Le Sud-Kivu demeure l’un des principaux foyers de ces combats, qui continuent de peser lourdement sur les populations civiles de la région.

Un climat politique congolais déjà tendu

L’accusation portée contre Joseph Kabila s’inscrit dans un contexte politique national déjà marqué par des tensions. En juin et en septembre, des rassemblements de l’opposition ont dénoncé un projet de révision constitutionnelle qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans.

Successeur de Joseph Kabila à la tête du pays, Félix Tshisekedi doit achever en 2028 son deuxième mandat de cinq ans, qui constitue, en l’état actuel de la Constitution, la limite prévue pour l’exercice de la présidence. Jusqu’à présent, la principale coalition de l’opposition a maintenu ses distances avec Joseph Kabila, malgré les critiques que ce dernier formule régulièrement contre le pouvoir en place.

Ce qu’il faut retenir de cette nouvelle étape

L’accusation d’une « attaque générale » préparée par Joseph Kabila constitue une escalade dans le discours officiel de Kinshasa, qui ne se contente plus de dénoncer le rapprochement de l’ancien président avec le M23, mais parle désormais d’une offensive militaire planifiée contre l’État congolais. De son côté, Joseph Kabila répond en accusant le gouvernement de privilégier sa propre survie politique plutôt que l’intérêt du pays.

Pour les observateurs de la région et pour tous ceux qui suivent de près la situation en République démocratique du Congo, cet échange d’accusations publiques illustre la dégradation continue du dialogue entre les deux camps, alors même que les combats se poursuivent sur le terrain dans l’est du pays. La suite dépendra des décisions prises de part et d’autre dans les prochaines semaines, notamment sur le plan militaire et diplomatique.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. servafrica.fr

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