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Faits Sociaux Djibouti, Éthiopie

Naufrage Djibouti : au moins 139 morts, ce que les familles à l’étranger doivent savoir

Une embarcation transportant 305 personnes a chaviré près de Djibouti dans la nuit du 8 au 9 octobre, faisant au moins 139 morts. L'Union africaine appelle à lutter contre le trafic de migrants. Explications et pistes utiles pour les familles concernées.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Naufrage Djibouti : au moins 139 morts, ce que les familles à l'étranger doivent savoir
Photo d'illustration : dimitrisvetsikas1969 / Pixabay (licence Pixabay)

Naufrage Djibouti : un drame humain d’une ampleur rare vient de frapper la route migratoire de l’Est africain. Dans la nuit du 8 au 9 octobre, une embarcation transportant 305 personnes, en majorité éthiopiennes, a chaviré à quelques dizaines de mètres de la côte, près de Guhere, au nord de la ville d’Obock. Selon un communiqué de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), cité par Jeune Afrique, au moins 139 personnes sont mortes et 84 sont portées disparues. Plus de 80 personnes ont survécu, toutes de nationalité éthiopienne.

Ce naufrage figure parmi les plus meurtriers de ces dernières années au large de Djibouti. Il concerne directement de nombreuses familles africaines installées à l’étranger qui ont des proches en Éthiopie ou sur cette route migratoire vers le Golfe, et il invite à des démarches concrètes, aussi bien pour comprendre ce qui s’est passé que pour se protéger des réseaux de trafic.

Naufrage Djibouti : ce que l’on sait des circonstances

Selon le chef de mission de l’OIM à Djibouti, Alexandre Coissac, l’embarcation était «beaucoup trop petite pour le nombre de passagers». Des survivants lui ont rapporté qu’elle avait commencé à chavirer par l’arrière dès que les passagers sont montés à bord. Un groupe d’environ 150 personnes présentes sur le bateau avait déjà été refoulé du Yémen et tentait de retraverser malgré cet échec. Parmi les rescapés figure une personne originaire du Tigré, région du nord de l’Éthiopie où des combats ont repris le mois dernier entre les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et l’armée fédérale, et où l’Érythrée a déployé des troupes ces derniers jours.

Les autorités djiboutiennes poursuivent les opérations de recherche, tandis que l’OIM apporte son aide à 64 rescapés. Ce naufrage s’inscrit dans un contexte où les candidats au départ continuent de viser les pays du Golfe, malgré la reprise des combats au Yémen, point de passage obligé de cette route.

L’appel de l’Union africaine à lutter contre le trafic de migrants

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a réagi à cette «perte tragique de vies» dans un communiqué. Il a appelé à «lutter contre le trafic de migrants» et souligné l’urgence de «s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière, de lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains et de promouvoir une migration sûre, ordonnée et régulière».

Cette prise de position institutionnelle intervient alors que le bilan humain de cette route migratoire ne cesse de s’alourdir. En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou portés disparus sur la «route de l’Est», l’année «la plus meurtrière jamais enregistrée» selon l’OIM, qui précise que le nombre de personnes empruntant cet itinéraire a augmenté de 18 % sur cette période.

Pourquoi ce drame concerne aussi les Africains installés à l’étranger

Les familles éthiopiennes et plus largement les communautés originaires de la Corne de l’Afrique installées en Europe, au Moyen-Orient ou en Amérique du Nord suivent souvent de près les départs de proches tentant cette traversée. La reprise des combats au Tigré et le déploiement de troupes érythréennes évoqués par l’OIM expliquent en partie la persistance de ces départs, malgré les risques connus et les drames répétés.

Pour les proches à l’étranger qui cherchent des nouvelles d’un parent ayant emprunté cette route, le premier réflexe utile reste de solliciter les antennes locales de l’OIM, qui coordonne l’assistance aux rescapés et les opérations d’identification. Les démarches consulaires éthiopiennes et les organisations humanitaires présentes à Djibouti peuvent également être contactées pour obtenir des informations fiables, plutôt que de se fier à des intermédiaires non officiels, qui profitent souvent de la détresse des familles.

Vigilance face aux réseaux de passeurs

L’appel de l’Union africaine à «lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains» rappelle une réalité documentée par l’OIM : les passeurs organisent des traversées dans des embarcations surchargées, sans respect des capacités de sécurité, au mépris de la vie des passagers. Le fait que près de 150 personnes aient retenté la traversée après un premier refoulement du Yémen illustre la pression exercée sur les candidats au départ, souvent dépourvus d’alternatives légales.

Pour les familles de la diaspora qui pourraient être sollicitées financièrement pour organiser ou faciliter un tel départ, la prudence est de mise : aucun réseau informel ne peut garantir la sécurité d’une traversée maritime clandestine, et les sommes versées à des passeurs ne constituent en aucun cas une démarche migratoire légale ou sûre.

Vers des voies migratoires plus sûres

L’OIM plaide pour une approche fondée sur des voies de migration sûres, qui passent par des canaux légaux vers les pays de destination, plutôt que par des traversées clandestines. Pour les personnes originaires d’Éthiopie ou d’autres pays de la Corne de l’Afrique envisageant un départ vers le Golfe, se renseigner auprès des représentations consulaires des pays de destination et des agences d’emploi reconnues reste la seule manière d’éviter l’exposition aux réseaux de trafic dénoncés par l’Union africaine.

Ce qu’il faut retenir de ce naufrage au large de Djibouti

Ce naufrage, l’un des plus meurtriers recensés au large de Djibouti, confirme la dangerosité persistante de la route migratoire de l’Est africain, empruntée par des dizaines de milliers de personnes chaque année en direction du Yémen puis des pays du Golfe. L’appel de l’Union africaine à lutter contre le trafic de migrants et à promouvoir une migration sûre, ordonnée et régulière s’adresse autant aux États qu’aux familles concernées, en Afrique comme à l’étranger, invitées à privilégier les canaux officiels d’information et de migration plutôt que les réseaux de passeurs.

Pour suivre l’actualité des migrations en Afrique et les enjeux liés aux communautés africaines installées à l’étranger, servafrica.fr continue de documenter ces dynamiques avec rigueur.

Sources

  • Jeune Afrique
  • Organisation internationale pour les migrations (OIM), citée par Jeune Afrique

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