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Faits Sociaux Djibouti, Éthiopie

Migrants éthiopiens Djibouti : plus de 20 000 arrivées signalées par l’OIM depuis septembre

Plus de 20 000 migrants éthiopiens sont entrés à Djibouti depuis le 10 septembre 2026, selon l'OIM. Beaucoup affrontent la traversée du désert vers le Yémen dans des conditions de pénurie critique. Voici ce que l'on sait et ce que cela signifie.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Migrants éthiopiens Djibouti : plus de 20 000 arrivées signalées par l'OIM depuis septembre
Photo d'illustration : Mohamed abdirisak Ali / Pexels (licence Pexels)

Migrants éthiopiens Djibouti : c’est le sujet au coeur d’une alerte publiée mardi par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui annonce que plus de 20 000 migrants éthiopiens sont entrés à Djibouti depuis le 10 septembre 2026. Ce chiffre, confirmé par l’agence onusienne, illustre l’ampleur d’un phénomène migratoire ancien mais toujours aussi dangereux, qui relie la Corne de l’Afrique au Yémen et aux pays du Golfe.

Ces personnes, originaires d’Éthiopie, traversent Djibouti à pied, par une route désertique réputée pour sa rareté en eau et en nourriture, avant de tenter la traversée maritime vers le Yémen. L’objectif final de beaucoup d’entre eux est de rejoindre les pays du Golfe à la recherche de travail, un parcours que l’OIM qualifie parmi les plus risqués au monde.

Migrants éthiopiens Djibouti : une route migratoire sous tension

Selon Alexandre Coissac, chef de la délégation de l’OIM à Djibouti, les flux migratoires le long de cette route de l’Est se poursuivent à un rythme soutenu. Cet itinéraire, qui part de la Corne de l’Afrique pour rejoindre le Yémen puis les pays du Golfe, est décrit par l’organisation comme l’un des plus fréquentés et des plus dangereux au monde. Il traverse des zones désertiques isolées où l’accès à l’eau et à la nourriture devient rapidement un enjeu de survie pour les voyageurs.

Le communiqué de l’OIM précise qu’entre le 20 et le 30 septembre, des observateurs ont recensé plus de 3 000 migrants bloqués le long des itinéraires migratoires à Djibouti. Nombre d’entre eux souffrent de déshydratation, d’épuisement et d’un manque critique de nourriture et d’eau, dans des conditions aggravées par l’isolement géographique de certaines portions du trajet.

Une traversée du désert marquée par les pénuries

L’OIM relève également une évolution préoccupante dans les comportements des migrants : de plus en plus de voyageurs empruntent des itinéraires secondaires pour échapper à la détection. Cette stratégie, destinée à contourner les contrôles, complique considérablement l’acheminement de l’aide humanitaire vers ceux qui en ont pourtant un besoin urgent. Les équipes de terrain doivent ainsi adapter leurs points de distribution d’eau, de nourriture et de soins médicaux à des trajets moins prévisibles.

Face à cette situation, l’OIM indique fournir une aide d’urgence aux migrants bloqués, incluant nourriture, eau et soutien médical. L’organisation facilite par ailleurs le retour volontaire de ceux qui en font la demande, un dispositif qui permet à certains migrants de rebrousser chemin lorsque les conditions de la traversée deviennent intenables ou lorsque l’objectif initial du voyage n’est plus atteignable.

Djibouti, carrefour de mouvements migratoires croisés

La situation à Djibouti est rendue plus complexe encore par la coexistence de deux mouvements migratoires opposés. Le pays accueille simultanément des personnes fuyant le Yémen, tout en gérant le retour de migrants éthiopiens en provenance de ce même pays. L’OIM a ainsi enregistré le retour de 539 Éthiopiens depuis le 10 septembre, des personnes qui avaient tenté la traversée vers le Yémen avant de devoir rebrousser chemin.

Ces mouvements croisés surviennent alors que les combats s’intensifient au Yémen entre les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite et les rebelles houthis. Selon les dernières données de l’OIM, ces affrontements ont provoqué le déplacement de plus de 184 000 personnes depuis le 1er août. Cette intensification du conflit explique en partie pourquoi Djibouti se retrouve à la fois point de passage pour les candidats au départ vers le Golfe et point de refuge pour ceux qui fuient le Yémen en sens inverse.

Ce que cette crise signifie pour les familles et les communautés concernées

Pour les familles éthiopiennes dont un proche a entrepris ce trajet, ou pour les membres de la diaspora originaires de la région qui suivent la situation à distance, plusieurs éléments méritent d’être gardés à l’esprit. L’OIM confirme que des mécanismes d’assistance existent concrètement sur le terrain : distribution d’eau et de nourriture, soutien médical d’urgence pour les personnes en détresse, et surtout un programme de retour volontaire pour les migrants qui souhaitent renoncer à la traversée.

Ce dispositif de retour volontaire, mentionné explicitement par l’OIM dans son communiqué, constitue une option concrète pour toute personne engagée sur cette route qui souhaiterait rentrer chez elle plutôt que de poursuivre vers le Yémen dans des conditions à haut risque. Les 539 retours déjà enregistrés depuis le 10 septembre montrent que ce canal est effectivement utilisé.

Pour les familles restées au pays ou à l’étranger, le constat de l’OIM sur l’usage croissant d’itinéraires secondaires pour échapper à la détection doit aussi être pris au sérieux : il signifie que localiser un proche engagé sur cette route peut devenir plus difficile, et que les délais pour obtenir des nouvelles ou une assistance peuvent s’allonger. Garder le contact avec les structures humanitaires présentes sur place, lorsque cela est possible, reste la voie la plus fiable pour obtenir des informations vérifiées sur la situation d’un migrant.

Un phénomène à suivre dans la durée

Le communiqué de l’OIM insiste sur le fait que les flux se poursuivent à un rythme soutenu, sans signe de ralentissement au moment de la publication. Tant que les tensions économiques et sécuritaires qui poussent des milliers d’Éthiopiens à tenter cette traversée persisteront, et tant que le conflit au Yémen continuera de produire des déplacements massifs dans les deux sens, Djibouti restera un point de passage et de refuge sous forte pression.

Ce qu’il faut retenir

Plus de 20 000 migrants éthiopiens sont entrés à Djibouti depuis le 10 septembre 2026, empruntant une route désertique vers le Yémen marquée par des pénuries critiques d’eau et de nourriture. L’OIM a recensé plus de 3 000 personnes bloquées fin septembre et a déjà facilité le retour volontaire de 539 Éthiopiens. Cette crise migratoire s’inscrit dans un contexte régional tendu, où Djibouti gère à la fois des arrivées en provenance du Yémen et des départs vers ce pays, sur fond de combats qui ont déplacé plus de 184 000 personnes depuis août. Pour les familles concernées, les canaux d’assistance et de retour volontaire mis en place par l’OIM constituent des repères concrets à connaître.

Sources

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