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Naguib Sawiris : après l’Afrique de l’Ouest, le milliardaire égyptien accélère dans l’or chez lui
Célébrités africaines

Naguib Sawiris : après l’Afrique de l’Ouest, le milliardaire égyptien accélère dans l’or chez lui

03.10.2026

Naguib Sawiris renforce sa présence dans l’exploration aurifère en Égypte, son pays d’origine, après avoir construit une partie de sa fortune dans l’or en Afrique de l’Ouest. En marge de l’Egypt Mining Forum tenu récemment, sa société Akh Gold, contrôlée à 80,1 % par In2Metals, a fait état de découvertes prometteuses sur une concession du désert Oriental égyptien et poursuit ses recherches sur d’autres zones du pays.

Naguib Sawiris mise sur l’or égyptien

C’est en 2023 qu’In2Metals, la structure d’investissement minier de Naguib Sawiris, a pris une participation majoritaire de 80,1 % dans Akh Gold. Selon Ahmed Khairy, responsable du développement d’In2Metals, cité par le média égyptien EgyIn, 15 millions de dollars, soit environ 13 millions d’euros, ont déjà été consacrés à l’exploration en à peine trois ans. L’objectif affiché est désormais d’atteindre 20 millions de dollars d’ici la fin de l’année 2026.

Ces montants restent modestes à l’échelle de la fortune de Naguib Sawiris, mais ils traduisent une volonté claire de s’implanter durablement dans le secteur aurifère de son pays natal, l’Égypte. L’entrepreneur profite d’un double contexte favorable : un assouplissement du cadre réglementaire minier égyptien et une hausse du cours de l’or, deux facteurs qui ouvrent de nouvelles perspectives à l’exploration dans la région.

Un parcours forgé dans les télécoms, puis consacré par l’or ouest-africain

Naguib Sawiris a initialement bâti sa fortune dans les télécommunications, avant de se tourner vers le secteur minier avec un succès notable en Afrique de l’Ouest. Entrée au capital d’Endeavour Mining en 2015, sa société d’investissement La Mancha a accompagné la croissance d’un groupe devenu le premier producteur d’or ouest-africain. La capitalisation boursière d’Endeavour Mining est ainsi passée de 1,37 milliard de dollars en juin 2016 à 14,9 milliards de dollars en août 2026.

Actionnaire à hauteur de 30 % il y a une décennie, La Mancha a progressivement réduit sa participation dans Endeavour Mining au fil des années, encaissant au passage des centaines de millions de dollars. La société de Naguib Sawiris conserve aujourd’hui environ 10 % du capital du groupe. Cette expérience ouest-africaine constitue aujourd’hui le socle de son expertise, qu’il transpose désormais à l’exploration aurifère égyptienne à travers Akh Gold et In2Metals.

Un potentiel aurifère égyptien encore peu exploité

L’Égypte offre à Naguib Sawiris l’opportunité de participer au développement d’une industrie aurifère encore peu diversifiée. Le pays reste en effet dominé par une seule grande mine industrielle, Sukari, alors même que le potentiel géologique égyptien est connu et exploité depuis l’époque des pharaons. Sukari, située dans le désert Oriental, est détenue à parts égales par le groupe AngloGold Ashanti et l’État égyptien.

Face à cette situation de quasi-monopole, l’arrivée d’un acteur comme Akh Gold, adossé à l’expérience et à la surface financière de Naguib Sawiris, pourrait contribuer à diversifier le paysage minier aurifère du pays. Les découvertes annoncées sur la concession du désert Oriental, ainsi que la poursuite des recherches sur d’autres zones, s’inscrivent dans cette dynamique de montée en puissance progressive, encore loin cependant des volumes investis en Afrique de l’Ouest.

Pourquoi cette stratégie mérite l’attention

Le mouvement de Naguib Sawiris illustre une tendance plus large observée sur le continent : des capitaux africains, accumulés dans un secteur, se réinvestissent dans d’autres filières stratégiques, en l’occurrence les ressources naturelles. Pour les observateurs économiques et les investisseurs intéressés par le secteur minier africain, ce dossier montre comment un cadre réglementaire assoupli et une conjoncture favorable sur les cours de l’or peuvent relancer l’intérêt pour des zones d’exploration historiquement sous-exploitées.

L’exemple égyptien rappelle également que le succès rencontré en Afrique de l’Ouest avec Endeavour Mining ne garantit pas une réplication automatique ailleurs : le chapeau de l’article souligne d’ailleurs que des obstacles, notamment sécuritaires, restent à surmonter pour développer pleinement l’exploration aurifère égyptienne. Les montants engagés par In2Metals, bien réels, demeurent pour l’instant d’une ampleur limitée comparés aux positions prises autrefois dans Endeavour Mining.

Ce qu’il faut retenir

  • Naguib Sawiris, milliardaire égyptien enrichi dans les télécoms, a bâti une partie de sa fortune récente dans l’or ouest-africain via Endeavour Mining.
  • Sa société In2Metals détient 80,1 % d’Akh Gold, active dans l’exploration aurifère en Égypte depuis 2023.
  • 15 millions de dollars ont déjà été investis dans l’exploration, avec un objectif de 20 millions de dollars d’ici fin 2026.
  • L’Égypte reste dominée par une seule grande mine, Sukari, malgré un potentiel aurifère ancien et important.
  • Un cadre minier assoupli et un cours de l’or porteur créent un contexte favorable, même si des défis, notamment sécuritaires, subsistent.

Le parcours de Naguib Sawiris, des télécoms à l’or ouest-africain puis égyptien, illustre la capacité de certains grands entrepreneurs africains à diversifier leurs investissements au gré des cycles de marché. Pour en savoir plus sur l’actualité économique du continent et les destinations africaines, consultez régulièrement servafrica.fr.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.

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