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Politique & société RD Congo

Joseph Kabila FRN : l’ancien président prend la tête d’une nouvelle coalition rebelle à Goma

Joseph Kabila FRN : à Goma, l'ancien président congolais a été désigné à la tête du Front pour la refondation de la nation, une nouvelle alliance qui succède à l'AFC-M23 dans un contexte politique tendu en République démocratique du Congo.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 4 min

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Joseph Kabila FRN : l'ancien président prend la tête d'une nouvelle coalition rebelle à Goma
Photo : U.S. Department of State from United States / Wikimedia Commons, licence Public domain

Joseph Kabila FRN : c’est le nom donné à une nouvelle coalition politico-militaire annoncée lors d’une conférence de presse tenue dans la résidence de l’ancien président congolais, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette alliance, baptisée Front pour la refondation de la nation, remplace désormais l’AFC-M23, le mouvement rebelle qui combat depuis plusieurs années les forces gouvernementales dans cette région du pays. L’annonce a surpris de nombreux observateurs de la scène politique congolaise, qui y voient une manœuvre susceptible de rebattre les cartes sur les plans militaire, politique et diplomatique.

La création du FRN a été officialisée lors d’une déclaration conjointe. Claude Ibalanky, conseiller du nouveau mouvement, a annoncé la formation de cette structure et confirmé que Joseph Kabila en devenait le président. L’ancien chef d’État dirige désormais une coalition qui rassemble à la fois ses propres forces politiques et celles de l’AFC-M23.

Joseph Kabila FRN : qui dirige la nouvelle coalition ?

Autour de la table lors de l’annonce figuraient les principaux responsables de ce nouveau mouvement. Placé à la tête du FRN, Joseph Kabila sera entouré de plusieurs adjoints issus des rangs de l’ancienne alliance rebelle : Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa, Freddy Kaniki et Sultani Makenga. Ces noms sont familiers de l’actualité du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, puisqu’ils figuraient déjà parmi les dirigeants de l’AFC-M23, le mouvement qui s’est emparé l’année dernière de vastes territoires dans cette partie du pays à la faveur d’une offensive militaire.

En plaçant Joseph Kabila à la présidence de cette nouvelle structure, le FRN affiche une continuité claire avec l’AFC-M23 tout en élargissant sa base politique autour de la figure de l’ancien président. Cette configuration confirme, selon les termes mêmes des autorités congolaises, les accusations portées depuis plusieurs mois contre Joseph Kabila, soupçonné de soutenir les groupes armés qui contrôlent une partie de l’est du pays, voire d’en être le véritable chef.

Un contexte politique tendu en République démocratique du Congo

La naissance du FRN intervient dans un climat politique incertain en République démocratique du Congo. Depuis plusieurs mois, la majorité présidentielle défend un projet de révision constitutionnelle qui alimente les spéculations sur une éventuelle candidature de Félix Tshisekedi à un troisième mandat. Âgé de 63 ans, le président congolais achève en principe son second et dernier mandat de cinq ans en 2028, la Constitution limitant la présidence à deux mandats.

Pour l’opposition, qui a organisé plusieurs manifestations contre ce projet de révision, cette initiative constitue une manœuvre politique destinée à permettre au chef de l’État de se maintenir au pouvoir au-delà de l’échéance constitutionnelle. C’est dans ce contexte que la formation du FRN vient ajouter une dimension supplémentaire à la crise, en structurant politiquement et militairement l’opposition à Félix Tshisekedi autour de Joseph Kabila.

Sur le terrain, l’AFC-M23 s’est emparée de vastes territoires dans l’est de la République démocratique du Congo à la faveur d’une offensive menée l’année dernière. Les autorités congolaises accusent depuis plusieurs mois l’ancien président Joseph Kabila de soutenir ce groupe rebelle, voire d’en être le véritable dirigeant. Joseph Kabila est apparu publiquement à Goma en 2025, et plusieurs de ses anciens alliés l’ont depuis rejoint dans cette partie du territoire congolais contrôlée par la rébellion.

Joseph Kabila FRN après une condamnation à mort par contumace

Cette annonce intervient après un épisode judiciaire majeur. Joseph Kabila a accédé au pouvoir en République démocratique du Congo en 2001, à la suite de l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila. Il a dirigé le pays jusqu’en janvier 2019, date à laquelle il a cédé le pouvoir à Félix Tshisekedi, alors son allié politique.

Le 30 septembre 2025, un tribunal militaire de haut rang l’a condamné à mort par contumace, après l’avoir reconnu coupable de complot, trahison, viol, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il a également été condamné à verser plus de 30 milliards de dollars de dommages et intérêts à l’État congolais ainsi qu’aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Dans son jugement, la haute cour militaire de Kinshasa a estimé que l’ancien président, absent durant son procès et non représenté par un avocat, avait été en intelligence avec le Rwanda, et qu’il était le véritable chef du groupe rebelle AFC-M23. Son entourage a qualifié le procès de comédie, sans que cela n’empêche les magistrats militaires d’ordonner son arrestation immédiate.

C’est donc un Joseph Kabila sous le coup d’une condamnation capitale par contumace qui prend désormais la tête du FRN, une position qui confirme son engagement politique et militaire aux côtés des forces qui contrôlent une partie de l’est du pays, un an après son apparition publique à Goma.

Ce qu’il faut retenir de la création du FRN

La transformation de l’AFC-M23 en Front pour la refondation de la nation, avec Joseph Kabila comme président et d’anciens chefs rebelles comme adjoints, marque une étape dans le conflit qui oppose depuis plusieurs années les autorités de Kinshasa aux forces qui contrôlent une partie de l’est de la République démocratique du Congo. Cette évolution intervient alors que la question d’une révision constitutionnelle et d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi alimente les tensions politiques dans le pays. Les prochaines semaines devraient permettre de mesurer l’impact de cette nouvelle coalition sur les équilibres militaires, politiques et diplomatiques en République démocratique du Congo.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. https://servafrica.fr

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