Gouvernement Mauritanie : c’est l’actualité politique qui domine en ce début octobre dans le pays. Le 9 octobre, le Premier ministre mauritanien Mokhtar Ould Djiay a présenté la démission de son gouvernement, au lendemain de la présentation d’un rapport d’enquête sur des incendies qui ont causé de graves coupures d’électricité à Nouakchott en août dernier, selon l’agence mauritanienne d’information, citée par Jeune Afrique.
Cette démission intervient dans un contexte précis : celui d’une crise énergétique survenue au cœur de l’été, qui a plongé une partie de la capitale de la Mauritanie dans l’obscurité pendant plusieurs jours, et dont les causes viennent d’être officiellement établies par une commission indépendante.
Gouvernement Mauritanie : la démission de Mokhtar Ould Djiay
Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, le président Mohamed Ould Ghazouani avait reçu, la veille de la démission, le rapport d’une commission d’enquête chargée d’établir les responsabilités dans la survenue de deux incendies ayant touché des installations électriques stratégiques en août. C’est au lendemain de la remise de ce document que le chef du gouvernement, Mokhtar Ould Djiay, a présenté sa démission et celle de l’ensemble de son cabinet.
La chronologie est resserrée : réception du rapport par la présidence, puis démission du gouvernement dès le jour suivant. Ce calendrier traduit la gravité avec laquelle les autorités mauritaniennes ont choisi de traiter les conclusions de la commission, dans un dossier qui touche directement au fonctionnement des services publics essentiels pour les habitants de la capitale.
Qui est Mokhtar Ould Djiay
Mokhtar Ould Djiay occupait les fonctions de Premier ministre de la République islamique de Mauritanie au moment des faits. Il avait notamment été amené à s’exprimer devant les députés en septembre 2024, dans l’exercice habituel de ses fonctions à la tête de l’exécutif. Sa démission, ainsi que celle de l’ensemble du gouvernement, fait suite directement aux conclusions du rapport d’enquête sur les incendies de la Somelec.
Les incendies d’août et leurs conséquences à Nouakchott
Les faits à l’origine de cette crise politique remontent au mois d’août. Deux incendies ont touché des postes de transformation de la Société mauritanienne d’électricité (Somelec) les 21 et 22 août, provoquant des coupures de courant dans de nombreux quartiers de Nouakchott, la capitale du pays. Ces coupures ont duré plusieurs jours, plongeant une partie significative de la ville dans le noir.
Face à cette situation, la Somelec avait alors annoncé la restauration complète de la capacité des deux stations touchées après cinq jours de travaux de réparation. Mais au-delà de la réparation technique immédiate, c’est la question des causes profondes de ces incendies, et des responsabilités éventuelles, qui a conduit à la mise en place d’une commission d’enquête indépendante.
Un rapport sévère sur les négligences de la Somelec
La commission d’enquête a été dirigée par Ousmane Mamoudou Kane, ancien ministre des Finances mauritanien. Ses conclusions, qualifiées de sévères par Jeune Afrique, évoquent de « graves insuffisances de prévention, de protection électrique, de contrôle des travaux et de gestion des urgences » au sein des installations de la Somelec.
Le rapport va plus loin que le seul constat technique : il chiffre le coût des nouveaux câbles nécessaires à plus de 9 millions de dollars, soit environ 8 millions d’euros. Sur cette base, la commission recommande un gel des paiements liés à ce chantier, une préconisation qui suggère des interrogations sur la gestion financière du dossier, au-delà des seules défaillances techniques identifiées.
Ces conclusions mettent en cause le fonctionnement interne de l’entreprise publique d’électricité, sans qu’il soit à ce stade question, dans les éléments rapportés, de mise en cause pénale individuelle. Il s’agit d’un rapport administratif et technique, dont les suites politiques se sont traduites par la démission du gouvernement dans son ensemble, et non par une procédure judiciaire visant une personne précisément désignée.
Ce que cela change pour les habitants et les voyageurs
Pour les habitants de Nouakchott, l’épisode d’août a d’abord été vécu comme une rupture concrète du quotidien : plusieurs jours sans électricité affectent directement la vie des foyers, le fonctionnement des commerces et des services qui dépendent du réseau électrique. La démission du gouvernement, consécutive à la publication du rapport, signale que les autorités mauritaniennes reconnaissent officiellement la gravité de ces dysfonctionnements et entendent en tirer des conséquences politiques.
Pour les voyageurs et les ressortissants mauritaniens de l’étranger qui suivent l’actualité du pays, ce changement de gouvernement constitue un élément de contexte à surveiller, notamment en ce qui concerne la poursuite des réformes engagées dans le secteur de l’énergie et la fiabilité des infrastructures électriques de la capitale. La recommandation de geler les paiements liés au chantier des câbles pourrait par ailleurs avoir des répercussions sur le calendrier des travaux correctifs annoncés par la Somelec.
Plus largement, cet épisode illustre un mécanisme de redevabilité politique : la remise d’un rapport d’enquête indépendant a directement entraîné des conséquences au plus haut niveau de l’exécutif, ce qui constitue en soi une information utile pour comprendre le fonctionnement des institutions mauritaniennes face à une défaillance de service public.
Ce qu’il faut retenir de cette crise politique
En résumé, deux incendies survenus en août dans des installations de la Somelec ont privé Nouakchott d’électricité pendant plusieurs jours. Une commission d’enquête indépendante, dirigée par Ousmane Mamoudou Kane, a établi des négligences graves en matière de prévention et de gestion des risques, tout en chiffrant à plus de 9 millions de dollars le coût des réparations nécessaires et en recommandant un gel des paiements liés au chantier. Ces conclusions ont conduit le Premier ministre Mokhtar Ould Djiay à présenter la démission de l’ensemble de son gouvernement, au lendemain de la remise du rapport au président Mohamed Ould Ghazouani.
Cette séquence reste à suivre dans les prochains jours, notamment pour connaître les modalités de formation d’un nouveau gouvernement et les suites concrètes données aux recommandations de la commission d’enquête concernant la Somelec.
Sources
- Jeune Afrique, « En Mauritanie, le gouvernement démissionne après la présentation d’un rapport d’enquête sur des incendies »
- Agence mauritanienne d’information, citée par Jeune Afrique
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