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Fintech Mauritanie : Nouakchott accueille la 2e édition du Hackathon dédié aux femmes et à l’innovation
TECHNOLOGIE

Fintech Mauritanie : Nouakchott accueille la 2e édition du Hackathon dédié aux femmes et à l’innovation

30.09.2026

Fintech Mauritanie était au coeur de l’actualité économique du pays les 28 et 29 septembre 2026, date à laquelle Nouakchott a accueilli la deuxième édition des journées du Fintech Mauritanie Hackathon. Placé sous le thème « Femmes, innovation et finances dans l’espace OCI », cet événement a réuni porteurs de projets, institutions financières et acteurs du numérique autour d’un objectif commun : accélérer l’inclusion financière dans un pays où la majorité de la population reste encore éloignée des services bancaires classiques.

Un événement porté par le CIDC et Financial Afrik

La manifestation a été organisée par le Centre Islamique pour le Développement et le Commerce (CIDC), en collaboration avec le média panafricain Financial Afrik. Ce partenariat illustre la volonté de croiser les regards institutionnels et médiatiques sur les enjeux de financiarisation dans les pays membres de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Pendant deux journées, les échanges ont porté sur des retours d’expérience issus des États d’Afrique de l’Ouest membres de l’organisation, dans un format mêlant conférences, tables rondes et présentations de projets.

Le concept même du Hackathon renvoie à plusieurs enjeux structurants pour l’écosystème financier de la Mauritanie : l’inclusion des femmes, la place des jeunes entrepreneurs, les mécanismes de financement disponibles, et la question récurrente de la durée de vie souvent courte des fintechs qui tentent de s’imposer sur ce marché encore jeune.

Fintech Mauritanie : des chiffres qui parlent

Les données présentées lors de l’événement donnent la mesure du défi. En Mauritanie, 75 % de la population n’est pas bancarisée, un chiffre qui souligne l’ampleur du travail encore nécessaire pour connecter les citoyens aux services financiers formels. Dans ce contexte, les femmes occupent une place particulière dans l’économie du pays : elles représentent 40 % du commerce informel, un secteur qui reste largement en marge des circuits financiers classiques, faute d’accès au crédit, à l’épargne formelle ou aux outils numériques adaptés.

C’est précisément cette double réalité, une population majoritairement non bancarisée et un poids économique féminin concentré dans l’informel, que le Hackathon ambitionne d’adresser. L’événement se veut un incubateur d’une transformation progressive, qualifiée par ses organisateurs de « révolution silencieuse », capable de combler ce que les intervenants décrivent comme le chaînon manquant entre la formation des jeunes talents et leur insertion effective dans la vie active.

Trente-sept projets et trois jours de coaching intensif

Le concours qui s’est tenu à Nouakchott intervenait après trois jours d’un coaching intensif portant sur 37 projets portés par des jeunes. Ces initiatives sont axées sur des solutions innovantes destinées à accompagner à la fois les femmes entrepreneures et les jeunes créateurs d’entreprise. Ce format, alliant accompagnement technique et mise en réseau, correspond à une approche désormais courante dans les écosystèmes d’innovation africains : il ne s’agit pas seulement de récompenser une idée, mais de structurer un projet pour lui donner de meilleures chances de survie une fois confronté au marché.

Adama Wade, directeur de publication du média panafricain Financial Afrik, a resitué l’enjeu du concours dans cette perspective. Selon lui, « le forum porte sur l’innovation et la technologie en Mauritanie et ailleurs, dans l’espace ouest africain constitué des états membres de l’Organisation de la Conférence Islamique ». Cette dimension régionale est centrale : la Mauritanie sert ici de point d’observation pour des problématiques partagées par d’autres pays de la zone OCI en Afrique de l’Ouest.

Des défis communs à l’ensemble de l’espace OCI

Latifa El Bouabdellaoui, directrice du CIDC, a insisté sur cette convergence des défis entre pays membres. Elle a évoqué « un événement très important, dans la mesure où il porte sur les principaux challenges, que nous rencontrons au niveau de notre espace ». Selon elle, si les communications ont largement porté sur le cas mauritanien, « les enjeux sont similaires dans les autres états de l’espace OCI : accès aux marchés, aux financements, à la formation ». Elle a également cité l’exemple du Maroc, où « la femme entrepreneure joue un rôle important dans ce nouvel écosystème en faveur du développement économique ».

Cette mise en perspective régionale donne à l’événement une portée qui dépasse le cadre strictement national. Elle invite à penser les solutions fintech non pas comme des réponses isolées à des problèmes locaux, mais comme des briques d’un écosystème financier islamique plus large, susceptible de circuler d’un pays membre de l’OCI à un autre.

Des exposants au coeur de l’écosystème fintech

Au-delà des conférences et du concours de projets, l’événement a rassemblé plusieurs exposants venus présenter leurs offres de produits et services. Parmi eux, BIM Bank a détaillé son positionnement sur le marché mauritanien. Maine El Moctar, représentant de l’établissement, a expliqué que « BIM Bank propose tous les services de la finance islamique et les applications digitales ». Cette présence bancaire aux côtés des jeunes porteurs de projets illustre la volonté des organisateurs de créer un pont direct entre l’innovation émergente et les acteurs financiers déjà installés, capables d’accompagner le passage à l’échelle des solutions les plus prometteuses.

Pourquoi cet événement compte pour la diaspora

Pour la diaspora mauritanienne et, plus largement, pour les observateurs de l’économie ouest-africaine, ce type de rencontre offre un indicateur concret de la dynamique d’innovation financière dans le pays. L’accent mis sur l’inclusion des femmes entrepreneures, dans un contexte où celles-ci pèsent lourd dans le commerce informel, rejoint des préoccupations partagées par de nombreux pays de la région : comment transformer une activité économique informelle, souvent précaire, en une activité formalisée et bancarisée, capable de générer de la croissance durable.

L’articulation entre finance islamique, inclusion financière et innovation technologique, mise en avant par les intervenants, reflète également une tendance observée dans plusieurs marchés membres de l’OCI, où les acteurs financiers cherchent à concilier conformité religieuse et outils numériques modernes. Les investisseurs et entrepreneurs de la diaspora suivant l’évolution du secteur financier mauritanien trouveront dans cette édition du Hackathon un signal supplémentaire de la structuration progressive de l’écosystème local.

Un rendez-vous à suivre dans la durée

La tenue d’une deuxième édition confirme l’ancrage de cet événement dans le calendrier économique de Nouakchott. Reste à voir, dans les mois qui suivront, combien des 37 projets présentés parviendront à franchir l’étape du financement et de la mise en marché effective, et dans quelle mesure les partenariats noués avec des établissements comme BIM Bank permettront de concrétiser les ambitions affichées lors de ces deux journées de travail.

En attendant, ce Hackathon confirme que la question de l’inclusion financière, portée par les femmes et les jeunes entrepreneurs, reste au centre des préoccupations des acteurs économiques mauritaniens et de leurs partenaires régionaux au sein de l’espace OCI.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. Retrouvez d’autres analyses sur l’économie et l’innovation en Afrique sur servafrica.fr.

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