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Entrepreneuriat Cameroun

Entrepreneuses Cameroun : ces six femmes qui dynamisent l’économie locale

Au Cameroun, six femmes s'imposent dans la banque, le BTP et le cacao et montrent qu'un autre modèle d'entrepreneuriat féminin est possible, malgré des obstacles structurels bien identifiés.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Entrepreneuses Cameroun : ces six femmes qui dynamisent l'économie locale
Photo d'illustration : cottonbro studio / Pexels (licence Pexels)

Entrepreneuses Cameroun : c’est le sujet que met en lumière Jeune Afrique à travers le portrait de six femmes qui occupent des positions de premier plan dans l’économie du pays. Banque, BTP, filière cacao : ces dirigeantes montrent qu’il est possible de bâtir des structures solides et influentes dans un environnement où l’entrepreneuriat féminin reste encore largement cantonné à des activités de petite taille.

Le Cameroun, comme de nombreux pays d’Afrique centrale, voit son tissu économique porté en grande partie par des femmes, mais celles-ci peinent encore à faire grandir leurs entreprises au-delà du cadre informel ou des petites structures. C’est précisément ce paradoxe que documente l’article de Jeune Afrique, qui donne la parole à des dirigeantes ayant réussi à franchir ce cap.

Six parcours mis en avant par Jeune Afrique

Jeune Afrique cite six Camerounaises identifiées comme des figures qui pèsent aujourd’hui sur l’économie nationale : Kate Fotso, Rebecca Enonchong, Alvine Tiwoda, Carole Epée, Elysée Bogning Deumany et Nathalie Lum. Le média précise que ces femmes interviennent dans des secteurs clés de l’économie camerounaise, parmi lesquels la banque, le bâtiment et travaux publics (BTP), ainsi que la filière cacao, trois piliers qui comptent parmi les moteurs traditionnels de l’activité économique du pays.

Ces parcours, selon Jeune Afrique, sont présentés comme autant d’exemples de réussite dans des secteurs où les femmes restent minoritaires aux postes de direction. Le média souligne que ces dirigeantes racontent à la fois leurs succès et les difficultés structurelles auxquelles elles ont dû faire face pour les atteindre.

Une entrepreneuse camerounaise sur quatre à la tête d’une entreprise formelle

Pour situer l’ampleur du phénomène, Jeune Afrique s’appuie sur une donnée de la Banque mondiale, citée par Jeune Afrique : moins d’un quart des entreprises formelles au Cameroun sont dirigées par des femmes. Ce chiffre illustre un déséquilibre persistant entre le poids réel des femmes dans l’activité économique informelle, où elles sont très nombreuses, et leur présence beaucoup plus limitée à la tête de structures reconnues officiellement.

Ce décalage n’est pas propre au Cameroun : il traverse de nombreuses économies africaines où l’entrepreneuriat féminin se développe massivement à la base, dans le commerce, l’agriculture vivrière ou les petits services, sans toujours parvenir à franchir le cap de la formalisation et de la croissance.

L’accès au financement, premier obstacle identifié

Jeune Afrique identifie l’accès au financement comme l’un des principaux freins rencontrés par les entrepreneuses camerounaises. Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette difficulté, selon le média : le manque de garanties que les candidates peuvent présenter aux banques, un historique bancaire souvent insuffisant pour rassurer les prêteurs, et le poids de l’économie informelle, qui complique la constitution d’un dossier de crédit solide.

Ces obstacles ne relèvent pas d’un choix individuel des entrepreneuses, mais d’un ensemble de contraintes structurelles qui pèsent plus lourdement sur les femmes que sur les hommes dans l’accès au crédit. Sans garantie matérielle à présenter, sans compte professionnel actif depuis plusieurs années, une porteuse de projet voit ses options de financement se réduire, même lorsque son activité est viable.

Pourquoi ces parcours comptent pour l’économie camerounaise

Mettre en avant des dirigeantes qui ont réussi à s’imposer dans la banque, le BTP ou le cacao n’est pas qu’une question de symbole. Ces secteurs sont parmi les plus structurants de l’économie camerounaise : le cacao reste l’une des principales filières d’exportation agricole du pays, le BTP accompagne les grands chantiers d’infrastructures, et la banque conditionne l’accès au crédit pour l’ensemble du tissu économique, y compris pour les autres entrepreneuses.

Avoir des femmes à des postes de direction dans ces secteurs peut, à terme, contribuer à faire évoluer les pratiques internes des institutions financières ou des grandes entreprises, notamment sur la manière dont elles évaluent les dossiers portés par des femmes. C’est un argument régulièrement avancé par les organisations internationales qui suivent l’entrepreneuriat féminin sur le continent : la visibilité de modèles de réussite a un effet d’entraînement sur les générations suivantes de porteuses de projet.

Un phénomène observé ailleurs sur le continent

Jeune Afrique signale que ce même exercice a été mené pour d’autres pays, notamment le Maroc, où les femmes occupent désormais 29 % des sièges dans les conseils d’administration des sociétés cotées, selon des données rapportées par le média. Si les contextes économiques et réglementaires diffèrent fortement entre le Maroc et le Cameroun, ce parallèle illustre une dynamique continentale plus large : partout en Afrique, la question de la place des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises gagne en visibilité médiatique et institutionnelle.

Cette tendance ne doit toutefois pas masquer les écarts qui subsistent entre pays et entre secteurs. Le chiffre de moins d’un quart d’entreprises formelles dirigées par des femmes au Cameroun rappelle que la progression reste lente, et que les six parcours mis en avant par Jeune Afrique constituent des exceptions notables plutôt qu’une tendance généralisée à ce stade.

Ce que ces parcours disent des marges de progrès

Le témoignage de ces dirigeantes, tel que rapporté par Jeune Afrique, met en évidence deux réalités complémentaires. D’une part, il existe bien des femmes capables de diriger des structures d’envergure dans des secteurs considérés comme difficiles d’accès, qu’il s’agisse de la banque, du BTP ou de la filière cacao. D’autre part, ces réussites individuelles ne suffisent pas à elles seules à transformer les conditions d’accès au financement pour l’ensemble des entrepreneuses camerounaises, tant que les obstacles structurels identifiés par la Banque mondiale, cité par Jeune Afrique, demeurent en place.

Pour les lecteurs intéressés par l’économie camerounaise, qu’ils soient originaires du pays, installés sur place, de passage ou simplement curieux de comprendre les dynamiques économiques du continent, ce constat invite à suivre de près l’évolution des politiques publiques et des pratiques bancaires en matière d’accès au crédit pour les femmes entrepreneures.

Ce qu’il faut retenir de l’entrepreneuriat féminin au Cameroun

L’article de Jeune Afrique dresse le portrait de six Camerounaises qui occupent des positions influentes dans la banque, le BTP et le cacao, trois secteurs clés de l’économie nationale. Il rappelle, à l’appui d’une donnée de la Banque mondiale, que moins d’un quart des entreprises formelles du pays sont dirigées par des femmes, et identifie l’accès au financement, les exigences de garanties, le faible historique bancaire et le poids de l’informel comme les principaux freins à l’entrepreneuriat féminin camerounais. Ces parcours de réussite, s’ils restent minoritaires, apportent un éclairage utile sur les marges de progrès qui subsistent pour que davantage de femmes puissent faire grandir leurs entreprises au Cameroun.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. https://servafrica.fr

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