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INDUSTRIALISATION RD Congo, Maroc

Diesel Afrique : mines, télécoms et usines accélèrent vers le solaire

Du cuivre congolais au port de Tanger Med, les industriels africains cherchent à s'affranchir du diesel. Coûts élevés, contraintes d'approvisionnement et impératifs climatiques accélèrent le basculement vers le solaire et les autres énergies renouvelables.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Diesel Afrique : mines, télécoms et usines accélèrent vers le solaire
Photo : Alexander Johmann / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 2.0

Diesel Afrique : voilà un mot qui résume, depuis des décennies, le quotidien d’une grande partie de l’industrie du continent. Groupes électrogènes dans les mines isolées, générateurs d’appoint pour les antennes télécoms, cuves de carburant dans les usines : le fioul a longtemps été la solution de secours la plus fiable pour faire tourner des activités exposées à des réseaux électriques instables ou inexistants. Mais son coût, les difficultés d’approvisionnement et les exigences croissantes de décarbonation poussent de plus en plus d’industriels à chercher des alternatives, en particulier du côté des énergies renouvelables.

Le diesel, un pilier encore incontournable mais de plus en plus contesté

Pendant longtemps, le diesel a offert aux entreprises africaines une forme d’indépendance énergétique : il suffisait d’acheminer du carburant pour garantir la continuité de la production, même dans les zones les plus reculées. Ce modèle reste une réalité pour de nombreuses mines, usines et infrastructures de télécommunications, qui dépendent encore largement des groupes électrogènes pour sécuriser leur activité. Mais ce recours massif au fioul a un coût économique et environnemental croissant, que les industriels cherchent désormais à réduire.

À Kolwezi, le solaire remplace progressivement les groupes électrogènes

L’exemple le plus parlant vient du complexe minier de Kamoa Copper, situé à quelques dizaines de kilomètres de Kolwezi, en République démocratique du Congo. Sur ce site, les groupes électrogènes cèdent progressivement la place à des centaines de rangées de panneaux photovoltaïques, qui forment d’immenses toitures bleu nuit sur un terrain de 400 hectares, soit l’équivalent de 560 terrains de football. Cette centrale solaire de grande ampleur a pour objectif de fournir une énergie plus propre à l’exploitation minière, illustrant la manière dont les grands groupes industriels du continent réorientent progressivement leurs investissements énergétiques vers le solaire plutôt que vers le fioul.

Tanger Med mise sur une centrale solaire flottante

Au Maroc, le port de Tanger Med illustre une autre facette de cette transition. L’infrastructure portuaire dispose d’une centrale solaire flottante de 13 mégawatts-crête, installée sur le barrage Oued Rmel. Ce choix d’implanter des panneaux photovoltaïques directement sur un plan d’eau, plutôt que sur des terrains qui pourraient servir à d’autres usages, s’inscrit dans la stratégie de Tanger Med Special Agency (TMSA), qui mise ouvertement sur les énergies renouvelables pour alimenter ses activités portuaires et logistiques. Ce type de dispositif permet de limiter l’occupation foncière tout en profitant de l’ensoleillement propre à la région.

Des groupes variés engagés dans la même direction

Au-delà des mines et des infrastructures portuaires, d’autres grands noms de l’économie africaine figurent parmi les acteurs engagés dans cette transition énergétique, selon l’article de Jeune Afrique consacré au sujet : les groupes Orange, Castel et Barrick Mining y sont cités aux côtés de Kamoa Copper et de Tanger Med. Ces entreprises, qui opèrent dans des secteurs aussi différents que les télécommunications, l’agroalimentaire ou l’exploitation minière, partagent un même constat : le diesel coûte cher, son approvisionnement peut être fragilisé par des tensions logistiques ou géopolitiques, et les objectifs de décarbonation imposent désormais d’explorer des solutions alternatives.

Le renouvelable, un remède plus large aux chocs énergétiques du continent

Ce mouvement dépasse le seul cadre industriel. Plusieurs pays du continent accélèrent eux aussi les investissements pour réduire la part des énergies fossiles dans leur mix électrique, de l’Afrique du Sud au Maroc en passant par l’Égypte. Cette dynamique s’est révélée particulièrement utile lors des tensions liées au détroit d’Ormuz, qui ont provoqué une flambée des prix à la pompe, des contraintes d’approvisionnement et une nouvelle séquence inflationniste ressentie bien au-delà des zones de conflit. Dans ce contexte sous tension, le continent a de nouveau fait preuve de résilience, même si cela s’est fait à un certain coût pour les économies concernées.

Des progrès réels, mais très inégaux selon les pays

Un rapport du Forum économique mondial consacré à la transition énergétique, cité par Jeune Afrique, souligne les progrès réalisés par plusieurs pays africains en matière de réglementation et de politiques publiques favorables aux énergies renouvelables. Le Maroc, le Nigeria et la Tunisie figurent parmi les pays cités comme ayant particulièrement avancé sur ce terrain. Mais ce même rapport insiste sur un point essentiel : la percée des énergies vertes reste très contrastée d’un pays à l’autre, en fonction des cadres réglementaires, des capacités de financement et des priorités fixées par chaque gouvernement.

Diesel Afrique : ce qu’il faut retenir de cette transition encore inachevée

Le diesel n’a pas disparu du paysage industriel africain, loin s’en faut : il reste, pour de nombreuses mines, usines et opérateurs télécoms, une solution de secours difficile à remplacer entièrement à court terme. Mais les exemples de Kamoa Copper en République démocratique du Congo et de Tanger Med au Maroc montrent qu’une bascule est bel et bien engagée, portée par des considérations économiques autant qu’environnementales. Cette évolution concerne aussi bien les grands groupes miniers que les opérateurs portuaires, les télécoms ou l’agroalimentaire, et elle s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification énergétique observé dans plusieurs pays du continent. Reste à savoir à quel rythme cette transition pourra s’étendre à l’ensemble du tissu industriel africain, tant les situations restent contrastées selon les pays et les secteurs.

Sources

Pour suivre l’actualité économique et énergétique du continent, retrouvez d’autres analyses sur servafrica.fr.

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