Déclaration de Kampala : ce texte adopté par l’Union africaine en janvier 2025 fixe des objectifs ambitieux pour la transformation des systèmes agroalimentaires du continent, et le Togo travaille désormais à sa déclinaison nationale. Une mission de haut niveau de la Commission de l’Union africaine (UA) séjourne à Lomé jusqu’au jeudi 22 octobre 2026 pour accompagner les autorités togolaises dans cette démarche, selon Togo First.
Ce pays d’Afrique de l’Ouest s’inscrit ainsi dans une dynamique continentale visant à repenser la manière dont l’agriculture contribue à la sécurité alimentaire, à la résilience climatique et à la gestion durable des ressources naturelles. Pour en savoir plus sur ce pays et ses dynamiques économiques, consultez la page dédiée au Togo sur servafrica.fr.
La Déclaration de Kampala, un cadre pour l’agriculture africaine jusqu’en 2035
Adoptée en janvier 2025, la Déclaration de Kampala fixe des objectifs précis à l’horizon 2035 : une hausse de 45 % de la production agroalimentaire africaine, un triplement du commerce intra-africain de produits agricoles et une réduction de moitié des pertes après récolte, rapporte Togo First. Ce texte s’inscrit dans le prolongement du Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), dont la nouvelle phase couvre la période 2026-2035.
L’enjeu pour chaque État membre de l’Union africaine, dont le Togo, consiste à traduire ces engagements continentaux en politiques nationales concrètes, assorties de financements, de dispositifs techniques et d’un calendrier de mise en œuvre. C’est précisément l’objet de la mission actuellement en cours à Lomé.
Une mission de l’Union africaine à Lomé jusqu’au 22 octobre
Jusqu’au 22 octobre 2026, des représentants du département de l’Agriculture, du Développement rural, de l’Économie bleue et de l’Environnement durable de la Commission de l’UA échangent avec les autorités togolaises. Les discussions portent sur l’articulation entre productivité agricole, sécurité alimentaire, résilience face au changement climatique et gestion durable des ressources naturelles, selon les informations relayées par Togo First.
Dindiogue Konlani, directeur de cabinet du ministère togolais chargé de l’Agriculture, a précisé l’esprit attendu de cette collaboration : « L’engagement attendu des acteurs non étatiques consiste à passer d’une logique de coopération à une logique de co-construction et de co-investissement », cité par Togo First. Cette formule traduit une volonté d’associer plus étroitement les acteurs privés et la société civile à la définition et au financement des politiques agricoles, au-delà des seuls engagements des États et des bailleurs internationaux.
Le ProMAT, levier national déjà engagé
Pour décliner ces orientations, le gouvernement togolais entend s’appuyer sur le Programme de modernisation de l’agriculture au Togo (ProMAT), déjà opérationnel et orienté vers la mécanisation et l’irrigation des exploitations. Ce programme bénéficie d’un soutien financier croissant : en juin 2026, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a approuvé une enveloppe supplémentaire de 40 milliards de francs CFA, portant son appui cumulé au ProMAT à 60 milliards de francs CFA, selon Togo First.
Cet effort de financement illustre la manière dont le Togo cherche à ancrer les objectifs continentaux de la Déclaration de Kampala dans des outils nationaux déjà en place, plutôt que de créer des dispositifs parallèles. La mécanisation et l’irrigation, deux axes soutenus par la BOAD, correspondent directement aux leviers identifiés pour accroître la productivité agricole et réduire la vulnérabilité des exploitations face aux aléas climatiques.
Des objectifs continentaux à convertir en résultats concrets
Du point de vue togolais, la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala suppose de transformer des engagements généraux en investissements ciblés, en gains de productivité mesurables et en débouchés commerciaux effectifs, rappelle Togo First. Cela implique un travail de priorisation : identifier les filières et les régions où les financements existants, comme ceux du ProMAT, peuvent produire les effets les plus rapides sur la sécurité alimentaire.
La réduction des pertes après récolte, l’un des trois objectifs chiffrés de la Déclaration de Kampala, constitue par exemple un chantier où les investissements en infrastructures de stockage et de transformation peuvent avoir un impact direct et rapide, sans nécessiter de bouleversement structurel des systèmes de production existants. De même, l’objectif de triplement du commerce intra-africain de produits agricoles suppose de travailler sur les corridors logistiques, les normes sanitaires et les barrières tarifaires régionales, des sujets qui dépassent le seul cadre national mais que chaque État doit préparer à son échelle.
Ce qu’il faut retenir de cette étape pour le Togo
La présence d’une mission de haut niveau de l’Union africaine à Lomé jusqu’au 22 octobre 2026 marque une étape concrète dans la traduction nationale de la Déclaration de Kampala. Le Togo dispose déjà d’un outil opérationnel, le ProMAT, renforcé par un appui financier croissant de la BOAD, pour amorcer cette transition. Reste désormais à transformer le cadre institutionnel et les financements existants en résultats mesurables sur la productivité, la résilience climatique et les échanges commerciaux agricoles, conformément aux objectifs fixés à l’horizon 2035.
Pour suivre l’évolution des politiques agricoles en Afrique de l’Ouest et dans l’ensemble du continent, servafrica.fr continue de couvrir les initiatives nationales et continentales qui façonnent l’avenir de la sécurité alimentaire africaine.
Sources
- Togo First, « Sécurité alimentaire : le Togo prépare la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala sur l’agriculture », lien de l’article
- Banque ouest-africaine de développement (BOAD), citée par Togo First
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