Ce que l'on sait
Les fouilles montrent que la région d'Aksoum est occupée au moins depuis le IVe siècle av. J.-C. Au Ier siècle de notre ère, un guide de navigation grec, le Périple de la mer Érythrée, présente Aksoum comme un grand marché de l'ivoire et cite le roi Zoskales, qui contrôle le port d'Adulis.
Placé sur les routes maritimes qui relient la Méditerranée romaine à l'Inde par la mer Rouge, le royaume exporte de l'ivoire, de l'or et des produits de l'intérieur de l'Afrique. Il est l'un des premiers États africains à frapper sa propre monnaie, en or, en argent et en bronze, à partir du IIIe siècle.
Au IIIe siècle, le prophète persan Mani cite Aksoum parmi les quatre grands royaumes du monde, avec la Perse, Rome et la Chine. Ses rois font ériger de grandes stèles de pierre taillée d'un seul bloc, qui marquent des sépultures royales ; la plus haute, effondrée, dépassait trente mètres.
Vers 330, le roi Ezana se convertit au christianisme sous l'influence de Frumence, qui devient le premier évêque d'Aksoum ; la croix apparaît alors sur les monnaies. Au VIIe siècle, selon la tradition musulmane, des compagnons du prophète Mahomet persécutés à La Mecque trouvent refuge auprès du roi d'Aksoum. Le royaume décline ensuite, avec le déplacement des routes commerciales, et disparaît comme puissance vers le Xe siècle.
Ce que les sources discutent
On a longtemps attribué la naissance d'Aksoum à des migrants venus d'Arabie du Sud. La plupart des chercheurs y voient aujourd'hui un développement local, avec des échanges anciens de part et d'autre de la mer Rouge.
La tradition éthiopienne, rapportée notamment par le Kebra Nagast, rattache Aksoum à la reine de Saba et affirme que l'Arche d'alliance y est conservée. Ces récits ont une grande importance religieuse et culturelle, mais ils ne peuvent pas être vérifiés par l'histoire et l'archéologie.
Héritage
Aksoum est le berceau de l'Église orthodoxe éthiopienne et de l'écriture guèze, d'où dérivent les écritures utilisées aujourd'hui pour l'amharique et le tigrigna. La ville reste un lieu saint majeur pour les chrétiens d'Éthiopie.
Une stèle emportée en Italie en 1937, pendant l'occupation fasciste, a été restituée à l'Éthiopie en 2005 puis remontée à Aksoum : un exemple souvent cité de restitution patrimoniale.
À retenir
- Aksoum contrôlait le commerce de la mer Rouge entre Rome et l'Inde.
- Le royaume a frappé sa propre monnaie à partir du IIIe siècle.
- Le roi Ezana adopte le christianisme vers 330.
- Les stèles d'Aksoum marquent des sépultures royales.
- Le site est inscrit au patrimoine mondial depuis 1980.
Pour aller plus loin
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Fiches liées
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Sources
- Wikipédia (fr), article « Royaume d'Aksoum », consulté le 6 octobre 2026
- Wikipédia (fr), article « Aksoum », consulté le 6 octobre 2026
- Wikipedia (en), article « Obelisk of Axum », consulté le 6 octobre 2026
- UNESCO, Centre du patrimoine mondial : « Aksoum » (inscrit en 1980)
- UNESCO, Histoire générale de l'Afrique, volume II, Afrique ancienne : ouvrage de référence pour approfondir
