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Politique & société Côte d’Ivoire

Opposition ivoirienne : le PPA-CI et le PDCI face aux convocations judiciaires

En Côte d'Ivoire, les convocations devant la justice se multiplient dans l'entourage du PPA-CI et du PDCI, un mois après l'avertissement du procureur sur l'imprescriptibilité des violences de la présidentielle 2025.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 4 min

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Opposition ivoirienne : le PPA-CI et le PDCI face aux convocations judiciaires
Photo : Alex Sirac / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

Opposition ivoirienne : c’est elle qui se retrouve, ces dernières semaines, au centre d’une série de convocations judiciaires visant des cadres des deux principales formations opposées au pouvoir en place en Côte d’Ivoire, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam. Selon Jeune Afrique, ce mouvement intervient alors même que le pouvoir avait affiché l’intention de « recréer la confiance » avec l’opposition, ce qui interroge aujourd’hui la réalité d’une décrispation politique dans le pays.

Un avertissement du procureur, puis des convocations en série

Le point de départ, rapporté par Jeune Afrique, remonte au 16 septembre. Ce jour-là, le procureur de la République Oumar Braman Koné a prévenu que les violences survenues lors de la présidentielle d’octobre 2025 n’étaient pas prescrites. Un mois plus tard, les convocations se multiplient au sein des directions des deux principales formations d’opposition. Cinq cadres du PPA-CI figurent parmi les personnes concernées par ces procédures, selon les informations recueillies par le média.

Ces démarches relèvent de la justice antiterroriste, précise Jeune Afrique, ce qui place les personnes convoquées, à ce stade, sous le régime de la présomption d’innocence. Aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour contre les cadres cités dans cette affaire, et il convient de rappeler qu’une convocation ou une mise en cause ne vaut en aucun cas culpabilité.

Tidjane Thiam et le PDCI également concernés

Le PDCI n’est pas épargné par ce resserrement judiciaire. Son président, Tidjane Thiam, fait l’objet de procédures dont le dénouement est scruté de près : un verdict était attendu le 22 octobre, tandis qu’une nouvelle assignation viserait déjà le patron du parti, selon les éléments rapportés par Jeune Afrique. Le PDCI, qui célèbre ses 80 ans, se retrouve ainsi à devoir gérer de front une bataille judiciaire, des tensions internes et une stratégie d’apaisement vis-à-vis du pouvoir, dans un contexte où chaque décision de justice est scrutée comme un signal politique.

Pour le PPA-CI, la situation s’inscrit dans la continuité d’une relation tendue avec les institutions. Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire et actuel président du PPA-CI, dirige un parti dont plusieurs cadres sont aujourd’hui convoqués dans le cadre de ces procédures antiterroristes liées aux violences électorales de 2025.

Le Palais de justice d’Abidjan, nouveau théâtre des rapports de force

Jeune Afrique relève que le Palais de justice d’Abidjan est devenu, ces derniers mois, un lieu où se jouent des rapports de force politiques, avec des avocats occupant des responsabilités au sein même des partis qu’ils représentent devant les tribunaux. Cette porosité entre robes noires et appareils partisans illustre à quel point la justice est désormais un terrain d’affrontement direct entre le pouvoir et l’opposition ivoirienne, bien au-delà des seuls dossiers judiciaires individuels.

Ce climat intervient aussi dans un contexte où l’opposition tentait, de son côté, de parler d’une seule voix sur un sujet sensible : la composition de la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI). Quatre groupements de partis d’opposition se sont accordés, au terme de trois jours de négociations, sur une proposition commune à présenter au gouvernement. Fait notable souligné par Jeune Afrique : le PPA-CI, pourtant signataire de cet accord, était absent lors de sa conclusion, une absence qui illustre les difficultés de coordination au sein même du camp de l’opposition.

Pourquoi ce resserrement judiciaire interroge

La multiplication de ces convocations, un mois seulement après l’avertissement du procureur sur l’imprescriptibilité des violences de 2025, pose une question centrale pour l’avenir politique du pays : celle de la cohabitation entre un pouvoir en place qui dit vouloir apaiser les tensions et une justice qui, dans le même temps, intensifie son action à l’encontre des cadres de l’opposition. Pour les deux partis concernés, l’enjeu dépasse la seule défense judiciaire de leurs responsables : il s’agit de préserver leur capacité à fonctionner normalement comme organisations politiques, à un moment où la Côte d’Ivoire s’apprête à faire évoluer son organe électoral.

Pour les habitants de Côte d’Ivoire comme pour ceux qui suivent la vie politique du pays depuis l’étranger, y compris au sein de la diaspora, cette actualité judiciaire est un indicateur à surveiller : elle conditionne en partie le climat dans lequel se prépareront les prochaines échéances électorales et la manière dont l’opposition pourra, ou non, y participer sereinement.

Ce qu’il faut retenir de ce bras de fer judiciaire

Le resserrement judiciaire autour du PPA-CI et du PDCI s’inscrit dans la suite directe des violences survenues lors de la présidentielle d’octobre 2025, que le procureur de la République a explicitement qualifiées de non prescrites. Les personnes convoquées restent, à ce stade, présumées innocentes, et aucune décision définitive n’a été rendue publique dans ces dossiers au moment de la publication de l’article de Jeune Afrique. Ce dossier mérite d’être suivi avec attention, notamment à l’approche du verdict attendu dans l’affaire visant Tidjane Thiam et dans le cadre plus large des discussions sur la nouvelle Commission électorale indépendante.

Pour suivre l’actualité politique de la Côte d’Ivoire et des autres pays du continent, ServAfrica continue de décrypter ces évolutions avec rigueur.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. https://servafrica.fr

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