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ALERTES & SÉCURITÉ Ghana

Opération Cyberhunt : le Ghana revendique la direction de la lutte contre la cybercriminalité

Après l'annonce du FBI sur l'arrestation de plus de 130 suspects au Ghana, le gouvernement ghanéen a tenu à préciser le rôle de ses propres services dans l'opération baptisée Cyberhunt, menée en appui avec les autorités américaines et britanniques.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Opération Cyberhunt : le Ghana revendique la direction de la lutte contre la cybercriminalité
Photo d'illustration : TREEDEO.ST / Pexels (licence Pexels)

Opération Cyberhunt est le nom donné par les autorités ghanéennes à la vaste campagne contre la cybercriminalité qui a conduit à l’interpellation de plus de 130 personnes au Ghana. Si l’annonce initiale, faite le 8 octobre 2026 par le directeur du FBI Kash Patel sur le réseau social X, avait mis en avant le rôle de l’agence américaine, le ministre ghanéen chargé de la Communication et des Technologies numériques, Samuel Nartey George, a tenu à rétablir les faits : les opérations ont été dirigées par les services de sécurité et de renseignement ghanéens eux-mêmes, avec l’appui du FBI et de la National Crime Agency britannique.

Opération Cyberhunt : ce que révèle la réaction des autorités ghanéennes

Cette précision n’est pas anodine. Elle place le Ghana non pas comme simple terrain d’intervention d’une agence étrangère, mais comme acteur principal d’une opération de sécurité intérieure menée contre des réseaux de fraude numérique installés sur son territoire. Selon les éléments communiqués, l’opération a permis d’identifier 89 victimes et de saisir plus de 300 appareils électroniques. Les enquêteurs ghanéens, en coordination avec leurs partenaires internationaux, cherchent désormais à établir les responsabilités précises de chaque personne interpellée, certaines pouvant elles-mêmes avoir été victimes des réseaux qu’elles alimentaient.

Un mode opératoire tourné vers la fraude financière

D’après les informations rapportées, les organisations visées par l’opération Cyberhunt sont spécialisées dans plusieurs types de fraudes numériques : les faux investissements en cryptomonnaies, les escroqueries financières classiques et le vol de données personnelles. Ces méthodes ciblent en particulier des citoyens américains, ce qui explique l’implication directe du FBI dans le volet international de l’enquête, menée sous le nom de code « Blackout » du côté des autorités des États-Unis.

Qui est visé par ce type de réseaux

Les victimes recensées dans cette opération sont majoritairement des particuliers démarchés en ligne, souvent via des plateformes d’investissement ou des réseaux sociaux. Les escrocs se présentent fréquemment comme des conseillers financiers ou des partenaires d’affaires proposant des rendements rapides sur des placements en cryptomonnaies. D’autres victimes sont approchées pour des relations à distance avant d’être sollicitées financièrement, un schéma classique associé à ce type de réseaux. Les enquêteurs rappellent que certaines personnes arrêtées peuvent elles-mêmes avoir été recrutées ou manipulées par des organisateurs plus haut placés dans la chaîne criminelle.

Une opération inscrite dans un mouvement international plus large

Selon Kash Patel, la campagne « Blackout » aurait permis, à l’échelle mondiale, de saisir 17 milliards de dollars, d’interpeller plusieurs centaines de suspects et d’alerter plus de 10 000 citoyens américains avant qu’ils ne subissent des pertes financières. Ces chiffres concernent l’ensemble de l’opération internationale et non uniquement les interventions réalisées au Ghana, une distinction importante que le ministère ghanéen a tenu à rappeler en revendiquant la paternité opérationnelle de l’intervention sur son sol.

Cette séquence s’inscrit dans un contexte de multiplication des opérations internationales contre la cybercriminalité sur le continent. En février 2026, Interpol avait annoncé l’arrestation de 651 personnes dans 16 pays africains, à l’issue d’une campagne ayant permis d’identifier plus de 45 millions de dollars de pertes liées à des réseaux frauduleux, selon des chiffres cités par Lebledparle.

Signaux d’alerte à connaître

Plusieurs indices permettent généralement de repérer une tentative d’escroquerie de ce type :

  • Une proposition d’investissement en cryptomonnaies promettant des gains rapides et garantis.
  • Un contact initié sur les réseaux sociaux ou une application de rencontre, suivi rapidement de demandes financières.
  • Une pression pour agir vite, sans délai de réflexion.
  • Une demande de transfert de fonds vers un compte ou un portefeuille numérique inconnu.
  • Un refus de fournir des informations vérifiables sur l’identité réelle de l’interlocuteur ou de la plateforme utilisée.

Comment se protéger

Face à ce type de réseaux, la prudence reste la meilleure protection. Il est recommandé de ne jamais transmettre de données bancaires, de codes de sécurité ou de copies de documents d’identité à un interlocuteur rencontré uniquement en ligne. Toute proposition d’investissement doit être vérifiée auprès d’un organisme officiellement enregistré, et aucun placement sérieux ne garantit un rendement rapide et sans risque.

En cas de doute ou de suspicion de fraude, les autorités concernées invitent à signaler les faits aux services compétents. Aux États-Unis, le FBI gère une plateforme de signalement dédiée aux fraudes en ligne. Au Ghana, le ministère de la Communication et des Technologies numériques, par la voix de Samuel Nartey George, a confirmé l’implication directe des services de sécurité et de renseignement nationaux dans ce type d’enquêtes, en coordination avec le FBI et la National Crime Agency britannique. Les personnes résidant en Afrique ou dans la diaspora qui pensent avoir été ciblées par ce type de réseau sont invitées à se rapprocher des autorités policières ou des unités spécialisées en cybercriminalité de leur pays.

Ce qu’il faut retenir de l’opération Cyberhunt

L’arrestation de plus de 130 personnes au Ghana illustre l’ampleur des réseaux de fraude numérique opérant depuis le continent africain, mais aussi la montée en puissance des capacités d’enquête locales. En revendiquant la direction de l’opération Cyberhunt, les autorités ghanéennes affirment leur rôle actif dans la lutte contre ces réseaux, aux côtés du FBI et de la National Crime Agency britannique. Cette coopération s’ajoute à d’autres campagnes internationales récentes, comme celle menée par Interpol en février 2026 dans 16 pays africains, et confirme que la cybercriminalité reste un sujet de vigilance majeur pour les particuliers comme pour les institutions.

Sources

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