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Économie & business Eswatini, Afrique du Sud

Économie Eswatini : secteurs clés, ressources et perspectives

Économie Eswatini : un PIB en parité de pouvoir d'achat de 15,24 milliards de dollars en 2024, une dépendance commerciale forte envers l'Afrique du Sud et une filière sucrière centrale mais contestée. Panorama des chiffres et des enjeux du royaume.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 6 min

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Économie Eswatini : secteurs clés, ressources et perspectives
Photo d'illustration : Karl Ahnee / Pexels (licence Pexels)

Économie Eswatini : le petit royaume d’Afrique australe, enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, présente une structure économique très particulière, marquée par une dépendance historique à son voisin sud-africain et par le poids d’une filière agro-industrielle, la canne à sucre, qui façonne à la fois les équilibres commerciaux et les conditions de vie d’une large partie de la population. Entre données macroéconomiques récentes et indicateurs sociaux plus anciens mais toujours instructifs, ce panorama permet de comprendre les forces et les fragilités de l’Eswatini.

Économie Eswatini : une taille modeste mais des données récentes éclairantes

Selon le Fonds monétaire international, le produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat de l’Eswatini s’élevait à 15 240 millions de dollars en 2024, ce qui place le pays au 156e rang mondial. Rapporté à la population, le PIB par habitant atteignait 13 604 dollars la même année. Ces chiffres situent l’Eswatini parmi les économies de petite taille à l’échelle mondiale, mais relativement structurées pour un pays de sa dimension démographique.

La répartition sectorielle du PIB, toujours selon les données du FMI reprises par Wikipédia, montre une économie désormais largement tirée par les services : ceux-ci représentent 53,15 % du PIB, contre 33,8 % pour l’industrie et seulement 8,77 % pour l’agriculture. Cette répartition contraste avec la réalité de l’emploi, où le secteur primaire occupait encore, selon des données antérieures, jusqu’à 80 % des actifs alors qu’il ne pesait que 16,4 % du PNB. Ce décalage entre le poids économique de l’agriculture et le nombre de personnes qui en dépendent pour vivre est une caractéristique structurante de l’économie eswatinienne.

Un commerce extérieur massivement tourné vers l’Afrique du Sud

La proximité géographique et historique avec l’Afrique du Sud structure l’essentiel des échanges commerciaux de l’Eswatini. Les importations en provenance de ce pays représentent jusqu’aux neuf dixièmes des importations totales, tandis que les trois quarts des exportations eswatiniennes trouvent également preneur chez ce partenaire privilégié. L’Union européenne constitue le second débouché commercial, avec 14,2 % des exportations, ce qui traduit une tentative de diversification des marchés, même si celle-ci reste limitée face au poids écrasant du voisin sud-africain.

Les données commerciales plus récentes, issues de l’Observatoire de la complexité économique (OEC), confirment cette prépondérance. En 2023, les exportations de l’Eswatini atteignaient 2 290 millions de dollars, tandis que les importations s’élevaient à 2 050 millions de dollars. Les biens exportés sont dominés par les mélanges parfumés, qui représentent 26 % des ventes à l’étranger, suivis du sucre brut (17,7 %), des acides gras et huiles industriels (11,5 %), ainsi que des textiles et du charbon.

Les principaux clients et fournisseurs de l’Eswatini

Du côté des clients, l’Afrique du Sud reste de très loin le premier débouché avec 61,1 % des exportations, loin devant l’Irlande (4,11 %), le Mozambique (4,03 %), le Kenya (3,69 %), le Nigeria (3,17 %), le Zimbabwe (1,75 %), le Botswana (1,71 %), l’Italie (1,66 %), la Tanzanie (1,59 %) et le Portugal (1,52 %).

Pour les fournisseurs, la dépendance est encore plus marquée : l’Afrique du Sud couvre 71,2 % des importations, devant la Chine (7,75 %), l’Inde (5,61 %), les États-Unis (2,28 %), l’Irlande (1,08 %), l’Allemagne (1,02 %), les Émirats arabes unis (0,99 %), l’Italie (0,69 %), le Japon (0,69 %) et Bahreïn (0,63 %).

La devise nationale, le lilangeni, est arrimée au rand sud-africain, dont elle suit la parité (13,9 rand pour 1 dollar en 2016 selon les données disponibles). Ce rattachement monétaire renforce encore l’interdépendance économique entre les deux pays, en limitant la marge de manœuvre de l’Eswatini en matière de politique monétaire autonome.

La canne à sucre, pilier économique et enjeu social

La production agricole de l’Eswatini repose sur plusieurs cultures, dont la canne à sucre, le coton, le tabac et le riz, auxquelles s’ajoute une base industrielle orientée vers l’extraction de charbon, la pâte à papier, le sucre, les concentrés de boissons gazeuses ainsi que le textile et l’habillement. La canne à sucre demeure la principale ressource du pays et attire des entreprises étrangères, dont Coca-Cola, qui bénéficient sur place d’un taux d’imposition très faible.

Cette filière, centrale pour l’économie nationale, soulève toutefois des préoccupations sociales documentées. Selon les éléments rassemblés dans la source, la culture de la canne à sucre s’est accompagnée d’expulsions forcées de communautés rurales pour libérer des terres destinées aux plantations, de recours au travail des enfants et de semaines de travail pouvant atteindre 60 heures. La Confédération syndicale internationale a dénoncé, dans ce contexte, « des conditions de travail ardues et malsaines, des salaires misérables et une répression violente de toute tentative de syndicalisation ». Ces constats rappellent que le dynamisme apparent d’un secteur exportateur ne garantit pas, par lui-même, des conditions de travail décentes pour ceux qui en portent la production au quotidien.

Dette publique et équilibres budgétaires récents

Sur le plan des finances publiques, le FMI indiquait pour 2024 une dette publique brute représentant 37,8 % du PIB de l’Eswatini. Ce niveau d’endettement, modéré en comparaison de nombreuses économies africaines, offre théoriquement une marge de manœuvre budgétaire, même si l’étroitesse de la base fiscale du pays, fortement dépendante des recettes douanières liées au commerce avec l’Afrique du Sud, demeure une contrainte structurelle pour les finances de l’État.

Des défis sociaux et de développement persistants

Au-delà des agrégats macroéconomiques, l’Eswatini fait face à des défis de développement importants, documentés par des indicateurs sociaux. Le pays se classait au 144e rang mondial pour l’indice de développement humain (IDH) en 2021, malgré une aide internationale qui avait atteint 104 millions de dollars en 2001. Les taux de mortalité infantile relevés placent l’Eswatini au 42e rang des pays les plus touchés au monde, derrière le Burundi et la Mauritanie, avec un taux de 69,27 pour mille. L’espérance de vie relevée en 2004, de 35,65 ans, situait alors le pays en dernière position mondiale, au 225e rang, une donnée qui reflète notamment l’impact sanitaire majeur qu’a connu la région dans cette période.

Sur le plan de la pauvreté, les deux tiers des habitants vivaient sous le seuil de pauvreté selon les données disponibles, tandis que 10 % de la population détenait la moitié des richesses du pays. Cette concentration des revenus, associée à un taux de chômage relevé à 34 % (170e rang mondial en 2004), illustre des inégalités économiques marquées, qui coexistent avec une croissance du PIB mesurée à 1,6 % en 2001, un rythme modeste pour un pays à faible revenu cherchant à réduire ses écarts de développement.

Ce qu’il faut retenir de l’économie de l’Eswatini

L’économie de l’Eswatini se caractérise par une dépendance structurelle envers l’Afrique du Sud, qui concentre l’essentiel de ses échanges commerciaux et conditionne sa politique monétaire via le lilangeni. Les données les plus récentes du FMI et de l’Observatoire de la complexité économique montrent un PIB modeste à l’échelle mondiale mais une économie désormais tirée par les services, tandis que la filière sucrière reste un pilier exportateur dont les conditions de production ont été critiquées par des organisations syndicales internationales. Les indicateurs sociaux disponibles, bien que pour certains anciens, rappellent que les équilibres macroéconomiques ne traduisent pas automatiquement une amélioration des conditions de vie pour l’ensemble de la population. Pour les lecteurs intéressés par les dynamiques économiques des pays d’Afrique australe, ces éléments offrent un point de départ pour suivre l’évolution de ce petit royaume enclavé.

Sources

  • Wikipédia, Économie de l’Eswatini
  • Fonds monétaire international (FMI), cité par Wikipédia
  • The Observatory of Economic Complexity (OEC), cité par Wikipédia
  • Confédération syndicale internationale, citée par Wikipédia

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