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Déportation migrants : HRW demande la suspension des accords avec treize pays africains
Politique & société

Déportation migrants : HRW demande la suspension des accords avec treize pays africains

08.10.2026

Déportation migrants : c’est le sujet d’un rapport publié jeudi par Human Rights Watch (HRW), qui exhorte les États-Unis à suspendre les accords d’expulsion signés avec plusieurs pays africains. L’organisation de défense des droits humains dénonce une pratique qui expose des personnes à des dangers réels dans des pays où elles n’ont, le plus souvent, aucun lien ni aucune attache.

Selon HRW, plus de 500 personnes ont déjà été renvoyées des États-Unis vers l’Afrique dans le cadre de ces accords. Il s’agit, pour beaucoup d’entre elles, de personnes dont la procédure d’immigration aux États-Unis était encore en cours, et qui bénéficiaient parfois d’une protection juridique leur interdisant tout renvoi vers leur pays d’origine en raison du risque de torture qu’elles y encouraient.

Treize pays africains concernés par les accords de déportation

D’après le rapport cité par Human Rights Watch, treize pays d’Afrique subsaharienne ont signé un accord d’expulsion de force vers un pays tiers avec les États-Unis. Il s’agit du Burundi, du Cameroun, du Cap-Vert, de la République Démocratique du Congo, de la Guinée équatoriale, de l’Eswatini, du Ghana, du Libéria, de la République centrafricaine, du Rwanda, de la Sierra Leone, du Soudan du Sud et de l’Ouganda.

Ces accords dits de pays tiers permettent au gouvernement américain d’expulser de son territoire des personnes qu’il souhaite voir partir, y compris celles dont la procédure d’immigration n’est pas close et qui bénéficient en principe d’une protection contre un renvoi vers leur pays d’origine, lorsqu’elles y risquent la torture. Concrètement, une personne originaire d’un pays tiers, sans lien avec aucun des treize pays africains cités, peut se retrouver expulsée vers l’un d’entre eux.

Ce que dénonce Human Rights Watch

Dans son rapport, Human Rights Watch estime que ces accords servent une stratégie plus large. « L’administration Trump envoie des centaines de personnes, qui ne peuvent être expulsées vers leur pays d’origine en raison des dangers qu’elles encourent, vers des pays africains où elles n’ont aucun lien », indique l’organisation.

Michael Garcia Bochenek, directeur par intérim du programme américain de Human Rights Watch, va plus loin et dénonce une politique de dissuasion assumée : « L’expulsion de personnes vers des pays où elles n’ont jamais mis les pieds s’inscrit dans une politique américaine visant à infliger des souffrances humaines afin de dissuader les migrations ».

Human Rights Watch demande aux gouvernements africains signataires de réagir : « Puisque le gouvernement américain instrumentalise ces accords pour se soustraire à ses responsabilités et priver les populations de leurs droits fondamentaux, les gouvernements africains signataires devraient les dénoncer ou les suspendre ».

Pourquoi ce rapport change la donne

Jusqu’ici, les accords entre les États-Unis et certains pays africains, comme le Burundi, avaient surtout été présentés sous l’angle bilatéral, pays par pays. Le rapport de Human Rights Watch apporte un éclairage nouveau en chiffrant l’ampleur du dispositif à l’échelle du continent : treize pays signataires et plus de 500 personnes déjà renvoyées, selon l’organisation. C’est la première fois qu’une organisation internationale de défense des droits humains appelle explicitement et collectivement les gouvernements africains concernés à suspendre ou dénoncer ces accords.

Ce que cela signifie pour les Africains établis à l’étranger

Pour les ressortissants africains vivant aux États-Unis, en particulier ceux originaires de pays n’ayant pas signé d’accord mais susceptibles d’être concernés par une expulsion vers un pays tiers, cette actualité rappelle l’importance de bien connaître sa situation administrative. Toute personne engagée dans une procédure d’immigration américaine a intérêt à se faire accompagner par un avocat spécialisé en droit de l’immigration, afin de connaître précisément ses droits, y compris les protections contre un renvoi vers un pays où elle encourrait un risque, et les voies de recours disponibles.

Pour les familles et les proches installés dans l’un des treize pays cités par Human Rights Watch, il peut être utile de suivre l’évolution de ces accords auprès des autorités locales, car une suspension ou une dénonciation éventuelle, comme le demande HRW, aurait des conséquences directes sur les arrivées de personnes expulsées depuis les États-Unis vers ces territoires.

Plus largement, cette situation illustre la vigilance nécessaire pour toute personne engagée dans des démarches migratoires transatlantiques : vérifier le statut exact de son dossier, conserver toutes les preuves de ses liens avec son pays d’origine ou d’accueil, et solliciter une assistance juridique dès qu’un accord de ce type est susceptible de s’appliquer à sa situation.

Ce qu’il faut retenir

Human Rights Watch a documenté que treize pays d’Afrique subsaharienne ont signé avec les États-Unis des accords permettant l’expulsion de migrants vers leur territoire, même sans lien avec ces pays, et que plus de 500 personnes ont déjà été renvoyées dans ce cadre. L’organisation appelle désormais les gouvernements africains signataires à suspendre ou dénoncer ces accords, estimant qu’ils servent une politique de dissuasion migratoire au détriment des droits fondamentaux des personnes concernées. L’évolution de ce dossier, pays par pays, mérite d’être suivie de près par toute personne concernée par une procédure d’immigration aux États-Unis.

Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel du droit.

Sources

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