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CULTURE & SOCIÉTÉ

Akaa fair : la photographie africaine célébrée pour le Bicentenaire à Paris

Pour sa onzième édition, Akaa fair met la photographie à l'honneur au Carreau du Temple, à Paris, à l'occasion du Bicentenaire de ce médium. Un parcours commissarié par Sitor Senghor qui interroge les archives, les héritages et leur réappropriation à travers le travail d'artistes africains et afro-descendants.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Akaa fair : la photographie africaine célébrée pour le Bicentenaire à Paris
Photo : Carreau du Temple / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Akaa fair ouvre sa onzième édition au Carreau du Temple, à Paris, avec une attention particulière portée à la photographie et au dessin. Pour cette édition organisée dans le cadre du Bicentenaire de la photographie, 36 galeries venues de 14 pays présentent leurs artistes, avec une nouvelle section baptisée Akaa photo, commissariée par Sitor Senghor, directeur artistique de la foire. Comme il le résume lui-même : « Derrière chaque image se cache un monde. Derrière chaque regard, une histoire. »

Akaa fair : une foire pensée pour la création africaine et afro-descendante

Depuis sa création, Akaa fair (Also Known As Africa) s’est imposée comme un rendez-vous dédié aux arts contemporains issus du continent africain et de ses diasporas. Pour cette onzième édition, la foire fait le choix de centrer une partie de sa programmation sur la photographie, à l’occasion du Bicentenaire de ce médium. Le parcours proposé par Sitor Senghor met en avant la valeur des archives et des héritages, tout en interrogeant la nécessité de se réapproprier ces mémoires et leurs représentations. Un fil conducteur qui traverse l’ensemble des propositions artistiques présentées dans les allées du Carreau du Temple.

Gabriel Dia, l’installation qui ouvre la foire

Dès l’entrée dans le Carreau du Temple, l’installation monumentale Mother’s Heritage de Gabriel Dia donne le ton. Des images imprimées sur textiles flottent au-dessus des visiteurs, comme autant de souvenirs partagés, de transmissions et de gestes. L’œuvre, réalisée en 2025, part d’un souvenir d’enfance de l’artiste : l’atelier de couture de sa mère. Elle engage un dialogue avec l’histoire familiale autour de l’affirmation de soi, du genre et de l’appartenance.

Paul Kodjo, témoin des indépendances ivoiriennes

Présenté en parallèle de son exposition hommage au Palais de Tokyo, qui fait suite aux Rencontres d’Arles de l’été 2026, Paul Kodjo est l’un des témoins marquants de la période des indépendances en Côte d’Ivoire. À travers le photoroman, sa marque de fabrique, il célèbre les aspirations de la société et de la jeunesse d’Abidjan. Ses images sont construites comme de véritables plans-séquence, une approche que le site présente comme une redécouverte essentielle. Son travail est visible sur le stand de la galerie In Camera.

Dagmar van Weeghel, interroger l’objectivité de la photographie occidentale

À partir du constat historique d’une absence de représentation des personnes noires dans les archives photographiques européennes du dix-neuvième siècle, l’artiste Dagmar van Weeghel se saisit des codes de la photographie occidentale pour en questionner la prétendue objectivité, à travers des décalages temporels. La fleur occupe une place importante dans ses portraits, comme symbole d’une mémoire vivante, et l’artiste utilise des substances végétales à la manière des procédés historiques. Sa série BLOOM est visible sur le stand de la galerie This is not a white cube.

Malick Welli et Charlotte Brathwaite, une mémoire transatlantique

Le projet We Who Remain, Forgotten Paradise réunit l’artiste sénégalais Malick Welli et la metteuse en scène afro-descendante Charlotte Brathwaite. Le titre, que l’on peut traduire par « nous qui demeurons », interroge une mémoire transatlantique marquée par l’esclavage et ses héritages. L’eau, les vêtements et les rituels y disent une mémoire absente et fantomatique, avec l’idée de redonner leur humanité aux personnes réduites en esclavage. La série est présentée par Atelier 9 Bangkok.

Maya-Inès Touam, les objets comme héritages culturels

Maya-Inès Touam interroge la circulation des objets et des héritages culturels à partir de compositions très élaborées, réalisées en studio à la manière de natures mortes imaginaires et composites. Ce solo show de la galerie Les Filles du Calvaire s’inscrit dans le prolongement de sa résidence à la Maison Gacha, au Cameroun, autour du savoir-faire du perlage. Il s’agit, selon la présentation de l’œuvre, d’un patrimoine non pas figé mais déplacé dans une dimension politique.

Angèle Etoundi Essamba, revisiter les codes de la peinture classique

Avec son œuvre Girl with an Amber Earring, Angèle Etoundi Essamba revisite les codes de la peinture classique occidentale pour redonner aux femmes photographiées le contrôle de leur image. L’ambre, associé ici au portrait plutôt que la perle chez Vermeer, déplace les références, alors que ses vertus sont reliées en Afrique à la féminité et au prestige. L’œuvre est visible à la Galerie Carole Kvasnevski.

En parallèle de ce parcours photographique, Sitor Senghor propose également « La mémoire des feuilles », un parcours dédié au dessin dans une approche plurielle du médium.

Informations pratiques pour visiter Akaa fair

Akaa Art Design Fair se tient jusqu’au 25 octobre au Carreau du Temple, à Paris. Attention, la foire est exceptionnellement fermée le samedi 24 octobre. Le tarif plein est de 16 euros et le tarif réduit de 11 euros. Toutes les informations pratiques sont disponibles sur le site officiel de la foire, www.akaafair.com.

Ce qu’il faut retenir de cette édition consacrée à la photographie

Cette onzième édition d’Akaa fair confirme la place centrale que la foire accorde à la création africaine et afro-descendante dans le paysage de l’art contemporain parisien. En choisissant de consacrer sa nouvelle section Akaa photo au Bicentenaire de la photographie, la foire met en lumière des artistes qui interrogent les archives, les absences et les réappropriations possibles de la mémoire visuelle. Des installations de Gabriel Dia au travail de Paul Kodjo, en passant par les questionnements de Dagmar van Weeghel, Malick Welli, Charlotte Brathwaite, Maya-Inès Touam et Angèle Etoundi Essamba, le parcours proposé par Sitor Senghor donne à voir la richesse et la diversité des regards africains sur la photographie.

ServAfrica continue de suivre les événements culturels qui mettent en avant la création africaine et ses diasporas. Pour prolonger la lecture et suivre d’autres actualités sur l’Afrique et sa diaspora, rendez-vous sur servafrica.fr.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.

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