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Politique & société Guinée-Bissau, Guinée

Présidentielle Guinée-Bissau : la Commission électorale juge le calendrier du 6 décembre intenable

La vice-présidente de la Commission nationale électorale de Guinée-Bissau a déclaré que les conditions techniques ne permettent pas d'organiser la présidentielle et les législatives du 6 décembre 2026, tout en renvoyant la décision finale au président de la Transition.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Présidentielle Guinée-Bissau : la Commission électorale juge le calendrier du 6 décembre intenable
Photo d'illustration : David Iloba / Pexels (licence Pexels)

Présidentielle Guinée-Bissau : la vice-présidente de la Commission nationale électorale (CNE), Felisberta Moura Vaz, a déclaré le 8 octobre 2026 que les conditions ne sont pas réunies pour organiser la présidentielle et les législatives initialement prévues pour le 6 décembre. Cette prise de position, formulée devant la presse à Bissau, capitale de la Guinée-Bissau, relance les interrogations sur le calendrier de sortie de crise fixé par le pouvoir militaire après le coup d’État de novembre 2025.

Ce que la Commission électorale a déclaré

Selon les propos rapportés par Felisberta Moura Vaz, le président de la Transition, le général Horta N’Tam, a convoqué la CNE pour recueillir son avis sur la possibilité de respecter l’échéance du 6 décembre. La réponse de l’institution a été sans détour : « Le président de la Transition nous a convoqués pour entendre notre opinion sur les possibilités de respect de la date du 6 décembre. Nous lui avons dit que, techniquement, les conditions ne seront pas réunies pour organiser des élections », a-t-elle affirmé.

La vice-présidente de la CNE a toutefois tenu à préciser que la décision de reporter ou non le scrutin ne relève pas des prérogatives de la Commission électorale. Elle a renvoyé cette responsabilité au président de la Transition, seul habilité, selon elle, à trancher sur la tenue ou le report de la présidentielle et des législatives.

Le gouvernement de transition confirme les doutes

La position de la CNE a été corroborée par le Premier ministre du gouvernement de transition, à l’issue d’une rencontre avec le général Horta N’Tam. Le chef du gouvernement a estimé que les formations politiques elles-mêmes ne sont pas prêtes à affronter les urnes. « Les directoires de la plupart de ces partis n’ont pas été renouvelés, il faut aussi de nouvelles instances de base. Les conditions ne sont donc pas réunies pour organiser des élections fiables », a-t-il conclu.

Ce constat partagé par deux institutions distinctes, l’organe électoral et l’exécutif de transition, fragilise un peu plus la perspective d’un scrutin organisé dans les délais annoncés, sans qu’aucune annonce officielle de report n’ait pour l’instant été actée.

Un scrutin censé refermer une crise ouverte en novembre 2025

La présidentielle et les législatives du 6 décembre devaient permettre de rétablir l’ordre constitutionnel interrompu par le coup d’État du général Horta N’Tam, en novembre 2025, contre le président Umaro Sissoco Embaló. Ce putsch était intervenu à la veille de la proclamation des résultats d’une présidentielle tenue quelques jours plus tôt, plongeant le pays dans une période de transition dont le terme reste, à ce jour, incertain.

Depuis, le pouvoir militaire a engagé plusieurs étapes présentées comme des jalons vers un retour à l’ordre civil. Le 30 août 2026, un référendum constitutionnel a été organisé pour faire basculer le pays d’un régime parlementaire vers un régime présidentiel. Le « oui » l’a emporté avec 70 % des suffrages exprimés, ouvrant la voie à une refonte institutionnelle dont les élections de décembre devaient marquer la première application concrète.

Le cas Embaló, un obstacle supplémentaire

Le contexte politique est également marqué par la situation de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, destitué par le coup d’État de novembre 2025 et actuellement en exil au Maroc. Le 28 septembre 2026, il a annoncé sa candidature à la présidentielle ainsi que son intention de rentrer au pays pour y faire campagne. Le pouvoir militaire lui a toutefois refusé l’entrée sur le territoire, invoquant l’impossibilité d’assurer sa sécurité dans les conditions actuelles.

Cette décision illustre la complexité du processus en cours : d’un côté, les autorités de transition affichent la volonté d’organiser un scrutin pour revenir à la légalité constitutionnelle ; de l’autre, plusieurs signaux concrets, qu’il s’agisse de l’état de préparation des partis, de la situation de l’ancien chef de l’État ou des réserves techniques de la Commission électorale, suggèrent que le calendrier annoncé pourrait être difficile à tenir.

Pourquoi ce dossier compte au-delà de Bissau

La trajectoire de la Guinée-Bissau est suivie avec attention par les partenaires régionaux et internationaux, pour qui la tenue d’élections crédibles conditionne souvent la normalisation des relations diplomatiques et économiques avec un pays sorti d’un coup d’État. Un report, s’il devait être décidé, prolongerait une période de transition déjà marquée par l’incertitude institutionnelle, avec des conséquences potentielles sur la stabilité politique du pays et sur la confiance des acteurs économiques et de la diaspora bissau-guinéenne à l’égard du processus en cours.

Pour les ressortissants bissau-guinéens établis à l’étranger, qui suivent de près l’évolution du calendrier électoral dans l’optique d’un éventuel vote ou d’un retour au pays, la clarification de la position du président de la Transition sur la date du scrutin constitue désormais l’élément à surveiller en priorité dans les prochaines semaines.

Ce qu’il faut retenir de ce dossier

À ce stade, aucune décision officielle de report n’a été annoncée par le président de la Transition, le général Horta N’Tam. Mais les déclarations convergentes de la vice-présidente de la Commission électorale et du Premier ministre de transition indiquent que les conditions techniques et politiques pour organiser la présidentielle et les législatives le 6 décembre 2026 ne sont, en l’état, pas réunies. La décision finale reste entre les mains du pouvoir de transition, dans un contexte où se mêlent réforme constitutionnelle, exclusion d’un ancien président candidat et partis politiques jugés insuffisamment préparés.

Sources

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