
Pédocriminalité football : la Fecofa promet enfin d’agir en RDC
Pédocriminalité football : c’est le sujet sensible que la Fédération congolaise de football association (Fecofa) promet désormais de prendre au sérieux. Quatre ans après la mise en cause de plusieurs acteurs du football en République démocratique du RDC pour des abus sexuels commis sur des joueurs, certains entraîneurs soupçonnés d’être impliqués dans ce scandale continueraient d’exercer dans des clubs du pays, selon une enquête de Jeune Afrique. Longtemps accusée de passivité face à ce dossier, la fédération et son nouveau président assurent vouloir changer de méthode.
Pédocriminalité football en RDC : un dossier resté en suspens
Selon l’enquête publiée par Jeune Afrique, des accusations d’abus sexuels visant plusieurs acteurs du football congolais, et touchant des joueurs, avaient émergé il y a quatre ans. Il est important de le rappeler avec la prudence qui s’impose : les personnes concernées sont, à ce stade, soupçonnées ou mises en cause, et non reconnues coupables par une juridiction. La présomption d’innocence doit s’appliquer tant qu’aucune décision de justice définitive n’a été rendue.
Ce qui interpelle, d’après la même source, c’est que certains entraîneurs visés par ces soupçons continueraient d’exercer au sein de clubs congolais, plusieurs années après que l’affaire a éclaté. Une situation qui a nourri, selon Jeune Afrique, des critiques récurrentes à l’encontre de la Fecofa, accusée de ne pas avoir traité le dossier avec la rigueur attendue d’une instance sportive nationale.
Un nouveau président face à un héritage lourd
La Fecofa traverse une période charnière. L’institution sort tout juste de trois années de mise sous tutelle de la Fédération internationale de football (Fifa), une mesure qui avait privé la fédération congolaise d’une partie de son autonomie de gestion. C’est dans ce contexte qu’a été élu, il y a quatre mois, Véron Mosengo-Omba à la présidence de la Fecofa. L’homme n’est pas un inconnu du football continental : il a occupé le poste de secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF) avant de revenir diriger l’instance de son pays.
D’après Jeune Afrique, Véron Mosengo-Omba a fait savoir qu’il entendait se saisir du dossier de la pédocriminalité dans le football congolais, un engagement scruté avec attention par les observateurs du football local, tant la question avait jusqu’ici été traitée, selon plusieurs critiques rapportées par le média, avec une forme d’inertie institutionnelle.
Pourquoi ce dossier est important pour le football africain
La protection des jeunes joueurs est un enjeu qui dépasse largement le cas congolais. Dans de nombreux pays, les structures de formation et les clubs amateurs constituent des espaces où des mineurs évoluent sous l’autorité d’adultes, entraîneurs ou dirigeants, sans toujours bénéficier de dispositifs de signalement clairs ou de contrôles réguliers. Lorsque des accusations graves émergent et que les suites semblent tarder, c’est la confiance des familles envers les institutions sportives qui s’érode.
Pour une fédération qui vient de sortir d’une tutelle de la Fifa, la gestion de ce dossier revêt aussi une dimension symbolique forte. Elle peut constituer un test de crédibilité pour la nouvelle direction de la Fecofa, à un moment où l’instance cherche à reconstruire son image et sa gouvernance après plusieurs années de turbulences institutionnelles.
Ce que l’on peut attendre d’une fédération responsable
Sans préjuger des décisions à venir, plusieurs leviers sont généralement attendus d’une fédération sportive confrontée à des soupçons de ce type : la mise en place de procédures internes de signalement et d’enquête, la suspension à titre préventif des personnes mises en cause dans l’attente des conclusions des autorités compétentes, et une coopération pleine avec la justice. Ces mesures ne constituent pas une sanction anticipée, mais une précaution destinée à protéger les mineurs tant que l’enquête n’a pas abouti.
D’après Jeune Afrique, Véron Mosengo-Omba a affirmé sa volonté de s’attaquer à ce sujet sensible. Reste à savoir, dans les mois à venir, quelles mesures concrètes la Fecofa mettra en œuvre, et si elles permettront de répondre aux critiques formulées depuis plusieurs années par celles et ceux qui réclamaient une réponse institutionnelle plus ferme.
Comment se protéger et protéger les plus jeunes
Au-delà du cas congolais, cette affaire rappelle l’importance, pour les familles et les clubs, de rester vigilants face aux signaux d’alerte dans l’encadrement sportif des enfants et adolescents. Il est recommandé de privilégier des structures où l’encadrement est collectif plutôt qu’individuel et isolé, de s’assurer que les clubs disposent de règles claires de signalement, et de ne jamais hésiter à alerter les autorités compétentes en cas de doute. La vigilance des parents, des coéquipiers et des dirigeants de clubs reste un maillon essentiel pour prévenir de telles dérives.
Un test pour la gouvernance du football congolais
Le football congolais a connu, ces dernières années, une actualité contrastée : qualification des Léopards pour une grande compétition internationale d’un côté, crise de gouvernance et tutelle de la Fifa de l’autre. L’arrivée de Véron Mosengo-Omba à la tête de la Fecofa s’inscrit dans cette volonté affichée de tourner la page. Le traitement du dossier de la pédocriminalité dans le football sera, à n’en pas douter, l’un des indicateurs les plus scrutés de cette nouvelle mandature.
ServAfrica continuera de suivre ce dossier, dans le respect de la présomption d’innocence pour les personnes mises en cause et avec le souci constant de l’intérêt des jeunes joueurs, premiers concernés par cette affaire.
Sources
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