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Madagascar Gen Z : un an après la chute de Rajoelina, un sentiment de trahison persiste
Faits Sociaux

Madagascar Gen Z : un an après la chute de Rajoelina, un sentiment de trahison persiste

29.09.2026

Madagascar Gen Z : un an après les manifestations qui ont conduit à la chute du président Andry Rajoelina, les militants de la génération Z malgache se disent trahis par le nouveau pouvoir en place, qu’ils accusent de reproduire les mêmes méthodes que l’ancien régime. Des commémorations ont été organisées à Madagascar pour marquer ce premier anniversaire, entre hommage aux victimes et interrogations sur l’avenir politique de l’île.

Madagascar Gen Z : retour sur des manifestations qui ont fait basculer le pouvoir

Il y a un an, des militants de la génération Z malgache lançaient un mouvement de contestation qui allait profondément bouleverser la vie politique de l’île. Ces manifestations antigouvernementales ont fait 22 morts, selon les informations rapportées par Africanews. Le tournant décisif est survenu en octobre dernier, lorsque des soldats de l’unité militaire Capsat ont rejoint les jeunes manifestants dans la rue, marquant une rupture nette avec le pouvoir en place.

Face à cette mobilisation conjointe des civils et d’une partie de l’armée, le président Andry Rajoelina a fui l’île de l’océan Indien. L’armée a alors pris le contrôle du pays, et le colonel Michael Randrianirina, commandant de l’unité Capsat, a été investi chef par intérim le 17 octobre. Cet épisode a constitué un moment charnière dans l’histoire politique récente de Madagascar, illustrant la capacité d’un mouvement de jeunesse à faire vaciller un pouvoir en place.

Des commémorations sous tension

Un an plus tard, des cérémonies officielles ont été organisées à Antananarivo, la capitale, pour marquer cet anniversaire. Le programme prévu comprenait le dévoilement d’une stèle, une marche commémorative et un discours du colonel Michael Randrianirina, aujourd’hui nouvel homme fort de l’île, sur la place du 13 mai. Ce lieu est hautement symbolique : il représente depuis longtemps un point de ralliement de la contestation politique malgache.

Mais ces commémorations officielles ne font pas l’unanimité au sein même du mouvement qui les a rendues possibles. Une partie de la génération Z malgache s’est récemment ralliée au colonel Randrianirina, qui a promis la tenue d’élections d’ici la fin de l’année prochaine. D’autres, en revanche, restent bien plus méfiants. Le dirigeant d’une autre faction du mouvement a ainsi exprimé sa crainte que ces cérémonies officielles soient instrumentalisées par le pouvoir en place pour légitimer sa position, plutôt que pour honorer réellement la mémoire des victimes et les revendications initiales des manifestants.

Un sentiment de trahison qui s’installe

C’est précisément ce sentiment de trahison qui domine, un an après, chez de nombreux militants ayant participé aux manifestations de la génération Z. Ils reprochent au nouveau pouvoir de recourir, selon leurs termes, aux mêmes vieilles tactiques que celles qu’ils dénonçaient chez leurs prédécesseurs.

Une représentante de l’Association des victimes d’Andranoro, qui a perdu quatre proches lors des manifestations, a livré un témoignage nuancé sur la situation actuelle. « Quels changements pouvons-nous constater aujourd’hui ? Peut-être pouvons-nous déjà constater ensemble que les coupures d’électricité et d’eau sont devenues moins fréquentes. Le changement ne se fait pas du jour au lendemain. Cela dépend d’abord de chacun d’entre nous. Ensuite, nous espérons une transformation complète, notamment sur le plan social », a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par Africanews.

Ce témoignage illustre la complexité du moment que traverse Madagascar : des progrès concrets sont reconnus sur certains points, comme la fréquence des coupures d’électricité et d’eau, mais l’espoir d’une transformation sociale plus large reste, pour beaucoup, encore largement inassouvi.

Des conditions de vie qui restent difficiles

Loin de la capitale, ce constat est partagé par d’autres habitants de l’île. Mme Voahangy, habitante de Fort-Dauphin, dans le sud-est du pays, a exprimé un scepticisme mesuré quant aux annonces officielles. « À l’avenir, il faudrait en faire davantage et mieux, notamment pour améliorer les conditions de vie de la population. On dit que les récoltes augmentent, mais malgré cela, les gens sont encore confrontés à des difficultés financières aujourd’hui », a-t-elle expliqué, selon Africanews.

Ce témoignage met en lumière un décalage persistant entre les indicateurs économiques annoncés, comme la hausse des récoltes, et la réalité vécue par une partie de la population, toujours confrontée à des difficultés financières quotidiennes. C’est précisément ce décalage qui alimente aujourd’hui le sentiment de trahison exprimé par une partie du mouvement Gen Z.

Pourquoi cette situation importe pour la diaspora et les voyageurs

Pour la diaspora malgache et pour les personnes envisageant un séjour ou un investissement à Madagascar, cette période de transition politique reste un facteur important à suivre attentivement. La promesse d’élections d’ici la fin de l’année prochaine, formulée par le colonel Randrianirina, constitue une échéance clé qui déterminera la stabilité institutionnelle du pays dans les mois à venir.

Pour les voyageurs, il est recommandé de suivre l’évolution de la situation via les canaux d’information officiels avant tout déplacement, notamment autour des dates symboliques de commémoration ou de mobilisation, qui peuvent s’accompagner de rassemblements dans la capitale et d’autres villes du pays. La prudence reste de mise autour des lieux emblématiques de la contestation, comme la place du 13 mai à Antananarivo, en particulier lors d’événements publics rassembleurs.

Pour la diaspora, cette actualité rappelle également l’importance de rester informée des évolutions politiques et sociales de Madagascar, un pays dont l’histoire récente montre à quel point la mobilisation citoyenne, notamment celle portée par la jeunesse, peut peser sur les équilibres de pouvoir.

Un mouvement divisé face à l’avenir

La fracture apparue au sein même du mouvement Gen Z malgache, entre ceux qui soutiennent désormais le colonel Randrianirina et ceux qui restent méfiants vis-à-vis des commémorations officielles, illustre une difficulté classique des mouvements de contestation ayant réussi à faire tomber un pouvoir : celle de transformer une victoire dans la rue en changement durable des conditions de vie.

Un an après avoir ouvert la voie à un nouveau régime, la génération Z malgache se trouve ainsi à un carrefour. D’un côté, certains signes d’amélioration sont reconnus, notamment sur le plan des infrastructures de base. De l’autre, l’attente d’une transformation sociale profonde demeure largement insatisfaite, nourrissant un scepticisme croissant à l’approche des échéances électorales promises pour la fin de l’année prochaine.

Conclusion

Un an après avoir contraint le président Andry Rajoelina à quitter le pouvoir, les militants de la génération Z malgache se retrouvent face à un bilan contrasté. Si certaines avancées concrètes sont reconnues, le sentiment de trahison exprimé par une partie du mouvement témoigne des attentes encore largement déçues d’une population qui espérait un changement plus profond. La tenue des élections promises d’ici la fin de l’année prochaine sera un moment déterminant pour l’avenir politique de l’île.

Pour suivre l’évolution de la situation à Madagascar et dans le reste du continent, retrouvez nos analyses régulières sur servafrica.fr.

Sources

  • Africanews, « Madagascar : un an après avoir ouvert la voie à un nouveau régime, la Gen Z se sent trahie » : fr.africanews.com

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