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Macky Sall ONU : la candidature du Sénégalais peine à décoller malgré le soutien de Diomaye Faye
Politique & société

Macky Sall ONU : la candidature du Sénégalais peine à décoller malgré le soutien de Diomaye Faye

02.10.2026

Macky Sall ONU : c’est le dossier diplomatique qui occupe une partie de la classe politique sénégalaise depuis plusieurs mois. Candidat déclaré pour succéder à António Guterres au secrétariat général des Nations unies, l’ancien président du Sénégal voit sa candidature stagner au fil des votes indicatifs organisés au sein du Conseil de sécurité, malgré le soutien public et réaffirmé de son successeur à la tête de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, le quatrième « straw poll », ce vote indicatif par lequel les membres du Conseil de sécurité des Nations unies font connaître leurs préférences parmi les candidats en lice pour succéder à António Guterres, n’a fait que confirmer les tendances déjà observées lors du scrutin précédent, organisé le 18 septembre. Sept candidats demeurent en course, dont deux Africains : le Sénégalais Macky Sall et l’Ougandais Olara Otunnu.

Macky Sall ONU : un quatrième vote indicatif sans surprise

Le mécanisme des votes indicatifs, ou « straw polls », constitue l’étape cruciale du processus de désignation du prochain secrétaire général de l’ONU. Il permet aux quinze membres du Conseil de sécurité, et en particulier aux cinq membres permanents disposant d’un droit de veto, de faire connaître de manière confidentielle leurs préférences parmi les candidats déclarés. Ce test, répété à plusieurs reprises au fil des semaines, sert à départager progressivement les prétendants avant la désignation finale.

D’après Jeune Afrique, ce quatrième tour, qui s’est tenu fin septembre, n’a pas modifié la hiérarchie établie lors du précédent vote du 18 septembre. Les tendances déjà constatées se sont confirmées, ce qui signifie que la position de Macky Sall, comme celle d’Olara Otunnu, ne s’est pas améliorée. Ce statu quo pose désormais la question d’un éventuel retrait de l’un ou l’autre des deux candidats africains encore en lice.

Sept candidats encore en lice, dont deux Africains

La course à la succession d’António Guterres rassemble encore sept candidats à ce stade du processus. Parmi eux figure la Chilienne Michelle Bachelet, dont le profil est décrit par Jeune Afrique comme trop marqué sur les questions de droits humains pour emporter l’adhésion de l’ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité. Ce commentaire, formulé au lendemain du précédent tour de scrutin, illustre la difficulté de bâtir un consensus autour d’une candidature au sein d’une instance où chaque membre permanent dispose d’un droit de veto.

Deux Africains demeurent en lice : Macky Sall, ancien président du Sénégal, et Olara Otunnu, diplomate ougandais dont la candidature a été déposée par l’Ouganda à la fin du mois de juillet 2026, après les interviews accordées par les six prétendants alors en course. Cette entrée tardive avait, selon Jeune Afrique, quelque peu bousculé les plans de Macky Sall, jusque-là seul candidat africain dans la course.

Le soutien constant de Bassirou Diomaye Faye

Si la candidature de Macky Sall peine à convaincre les membres du Conseil de sécurité, elle bénéficie en revanche d’un appui constant de la part de l’actuel chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Lors de sa venue à l’Assemblée générale des Nations unies, le président sénégalais a réaffirmé son soutien à la candidature de son prédécesseur au secrétariat général de l’organisation, selon les informations rapportées par Jeune Afrique le 25 septembre 2026.

Ce soutien n’est pas anodin. Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye appartiennent à des familles politiques opposées : le second a été élu à la tête du Sénégal en mars 2024 après une alternance marquée par une forte contestation du bilan du premier. Que le chef de l’État actuel choisisse néanmoins de défendre publiquement la candidature de son prédécesseur à un poste aussi prestigieux que celui de secrétaire général des Nations unies témoigne d’une volonté de placer l’intérêt diplomatique du pays au-dessus des clivages partisans internes.

Une fracture avec Ousmane Sonko

Ce soutien affiché accentue toutefois, selon Jeune Afrique, la fracture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko. Les deux hommes, qui ont conduit ensemble la coalition ayant porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir en 2024, semblent diverger sur la question du soutien à apporter à l’ancien chef de l’État. Cette divergence illustre les recompositions politiques en cours au sommet de l’État sénégalais, où la gestion de l’héritage de Macky Sall continue de susciter des débats, y compris sur la scène diplomatique internationale.

Les enjeux pour le Sénégal et pour l’Afrique

Pour le Sénégal, voir un ancien président accéder au secrétariat général des Nations unies représenterait une reconnaissance diplomatique de premier plan, à même de renforcer le rayonnement international du pays. Pour le continent africain plus largement, la présence de deux candidats africains dans la dernière ligne droite de la course, Macky Sall et Olara Otunnu, témoigne d’une volonté de faire valoir une représentation africaine à la tête de l’organisation, alors que le poste de secrétaire général n’a encore jamais été occupé par un ressortissant du continent depuis la création de l’ONU.

Mais la stagnation observée au fil des votes indicatifs, pour les deux candidats africains, pose la question de la capacité du continent à peser collectivement dans ce type de scrutin, où le poids des grandes puissances siégeant au Conseil de sécurité reste déterminant. La présence simultanée de deux candidatures africaines, loin de renforcer les chances du continent, pourrait au contraire avoir dispersé les soutiens susceptibles de se porter sur une candidature unique.

Quelles perspectives pour la candidature de Macky Sall ?

À l’issue de ce quatrième vote indicatif, la question d’un retrait de l’un ou l’autre des deux candidats africains encore en lice se pose avec une acuité renouvelée, selon Jeune Afrique. Le processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations unies, qui doit succéder à António Guterres, se poursuit à New York, où les votes indicatifs successifs permettent d’affiner progressivement les positions des membres du Conseil de sécurité avant une désignation attendue avant la prise de fonction du nouveau secrétaire général en janvier 2027.

Pour l’heure, ni Dakar ni Kampala n’ont annoncé de retrait officiel des candidatures de Macky Sall et d’Olara Otunnu. La suite du processus, marquée par de nouveaux votes indicatifs, devrait permettre de clarifier la trajectoire de ces deux candidatures africaines, dans un contexte où la recherche d’un consensus entre les membres permanents du Conseil de sécurité demeure l’élément déterminant de l’issue du scrutin.

Ce qu’il faut retenir

  • Un quatrième vote indicatif au Conseil de sécurité de l’ONU confirme les tendances déjà observées le 18 septembre, sans progrès pour les candidats africains.
  • Sept candidats restent en lice pour succéder à António Guterres, dont la Chilienne Michelle Bachelet, le Sénégalais Macky Sall et l’Ougandais Olara Otunnu.
  • Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son soutien à la candidature de son prédécesseur Macky Sall, accentuant sa divergence avec son ancien Premier ministre Ousmane Sonko.
  • La question d’un éventuel retrait de l’une des deux candidatures africaines se pose désormais ouvertement.

La course au secrétariat général des Nations unies reste à suivre dans les prochaines semaines, alors que de nouveaux votes indicatifs pourraient encore redistribuer les positions avant la désignation du successeur d’António Guterres.

Sources

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