Cap sur la CAN 2027Le guide du foot africain 2026-2027, à télécharger gratuitementVoir le guide →
Insécurité au Mali : les écoles restent fermées, la rentrée scolaire perturbée
Education Afrique

Insécurité au Mali : les écoles restent fermées, la rentrée scolaire perturbée

04.10.2026

Insécurité au Mali : c’est le constat dressé à l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue jeudi dans tout le pays. Si les autorités ont fait de cette année l’Année de l’éducation et de la culture, des milliers d’enfants ne pourront pas retrouver le chemin de leur école en raison d’un conflit qui perdure depuis plus d’une décennie et qui continue de frapper durement le centre et le nord du Mali.

Une rentrée sous le signe de l’insécurité au Mali

Le président du Conseil national de l’éducation, Assimi Goïta, a souhaité que l’année scolaire 2026-2027 porte un message fort autour de l’éducation et de la culture. Mais sur le terrain, la réalité contredit cette ambition. Dans plusieurs régions du centre et du nord du pays, le fonctionnement des établissements scolaires reste compromis par la présence de groupes armés et par des violences récurrentes, qui empêchent enseignants et élèves de se rendre en classe en toute sécurité.

Le Mali traverse une insurrection depuis plus d’une décennie, portée par des groupes armés islamistes ainsi que par des forces séparatistes actives dans différentes régions du pays. Pour y faire face, les autorités maliennes se sont de plus en plus appuyées sur un soutien militaire russe, notamment via les forces de l’Africa Corps. Malgré cet appui, les attaques se poursuivent et continuent de fragiliser la vie quotidienne des populations, y compris l’accès à l’éducation.

Plus de 2 000 écoles fermées selon les derniers chiffres disponibles

Selon les données les plus récentes du groupe sectoriel de l’Éducation du Mali, mécanisme de coordination humanitaire réunissant le ministère malien de l’Éducation et des organisations internationales telles que l’UNICEF et Save the Children, 2 444 écoles étaient fermées au mois d’avril. Ces fermetures affectaient alors environ 733 200 élèves et 14 664 enseignants, en raison de l’insécurité et des crises humanitaires traversant le pays.

Il n’existe pas, à ce jour, de chiffres nationaux plus récents permettant de savoir combien d’écoles sont encore fermées au moment de cette rentrée. Les données d’avril demeurent donc les plus à jour disponibles.

La région de Bandiagara concentre le plus grand nombre d’écoles fermées, avec 1 292 établissements concernés. C’est toutefois la région de Kidal qui affiche le taux de fermeture le plus préoccupant, avec environ 84 % des écoles touchées, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise sécuritaire dans cette partie du nord du pays.

Des attaques qui se répètent dans le nord et le centre

La situation sécuritaire demeure particulièrement difficile dans le nord du Mali. En avril, des attaques coordonnées menées par des militants islamistes et des forces touarègues ont touché plusieurs localités, dont Kidal et Gao. Kidal, qui avait été reprise par les forces maliennes avec le soutien de la Russie en 2023, est retombée sous le contrôle des insurgés après ces combats.

En juillet, de nouvelles attaques coordonnées ont visé des positions militaires dans le nord, le centre et le sud du pays, notamment dans les environs d’Anefis, d’Aguelhoc, de Gao et de Sévaré. Cette persistance des violences rend difficile le fonctionnement sûr des écoles et complique la présence des enseignants dans certaines zones.

Des concertations entre le ministère et les syndicats avant la rentrée

Avant la rentrée scolaire de jeudi, des responsables du ministère de l’Éducation ont rencontré les syndicats d’enseignants pour discuter des préparatifs de la nouvelle année. Selon le ministère, les syndicats ont fait part de plusieurs inquiétudes : la sécurité des écoles non clôturées, la situation des enseignants travaillant à Ménaka et à Kidal, ainsi que le nombre d’écoles toujours fermées à travers le pays.

De son côté, le ministère a indiqué avoir pris des mesures destinées à faciliter la réouverture des établissements et a assuré les syndicats que les préparatifs de la rentrée étaient en cours. Ces échanges traduisent la difficulté, pour les autorités, de concilier la volonté de relancer l’école sur l’ensemble du territoire et les contraintes imposées par l’insécurité.

Des défis plus larges pour la scolarisation des enfants maliens

Ces perturbations surviennent alors que le Mali fait face à des défis bien plus larges en matière de scolarisation. Selon l’UNICEF, citée par BBC Afrique, plus de deux millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans ne sont toujours pas scolarisés dans le pays, tandis que plus de la moitié des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont analphabètes.

L’organisation explique que plusieurs facteurs se combinent pour expliquer ce phénomène : la pauvreté, le travail des enfants, les mariages d’enfants, l’insécurité, ainsi que le manque d’écoles à proximité du domicile de nombreuses familles. Ces obstacles touchent particulièrement les filles, moins susceptibles que les garçons d’être inscrites dans l’enseignement primaire. L’UNICEF indique que 73,8 % des filles sont scolarisées, contre 85,8 % des garçons.

Pourquoi cette situation est importante

Au-delà des chiffres, c’est l’avenir d’une génération entière qui se joue dans ces régions touchées par l’insécurité. Pour les familles, l’accès à une école sûre conditionne non seulement l’instruction des enfants, mais aussi leur protection face aux risques associés au conflit, comme le travail précoce ou les mariages d’enfants évoqués par l’UNICEF. Pour les enseignants, la question de la sécurité dans les établissements non clôturés et l’affectation dans des zones comme Ménaka ou Kidal reste un enjeu central, directement lié à leur capacité à exercer leur métier.

Pour les autorités maliennes, l’écart entre l’ambition affichée de faire de 2026-2027 l’Année de l’éducation et de la culture et la réalité du terrain souligne l’ampleur du chemin restant à parcourir pour stabiliser durablement les régions du centre et du nord du pays.

Ce que suivent les familles et les acteurs humanitaires

Dans l’attente de données actualisées sur le nombre d’écoles encore fermées à la rentrée, les organisations humanitaires présentes au Mali, dont l’UNICEF et Save the Children, poursuivent leur travail de coordination avec le ministère de l’Éducation à travers le groupe sectoriel de l’Éducation. Ce mécanisme vise à assurer, dans la mesure du possible, la continuité éducative des enfants touchés par les conflits et les situations d’urgence qui traversent le pays.

Pour les familles concernées, suivre les communications officielles du ministère de l’Éducation ainsi que les annonces des organisations humanitaires locales reste le moyen le plus fiable de connaître la situation réelle dans leur région, avant d’envisager un retour en classe pour leurs enfants.

Conclusion

La rentrée scolaire 2026-2027 au Mali illustre, une fois de plus, la difficulté de concilier les ambitions éducatives nationales avec une insécurité persistante dans le centre et le nord du pays. Des milliers d’élèves et d’enseignants restent privés d’accès à l’école, tandis que les autorités et les organisations humanitaires tentent d’adapter leurs réponses à une situation qui évolue au gré des attaques armées.

Pour suivre l’actualité de l’Afrique et de sa diaspora, retrouvez d’autres analyses sur servafrica.fr.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *