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ALERTES & SÉCURITÉ Côte d’Ivoire

Escroquerie foncière : l’affaire des influenceurs en Côte d’Ivoire interroge ceux qui veulent vivre des réseaux sociaux

Une enquête pour escroquerie foncière secoue la Côte d'Ivoire : une promotrice immobilière, entourée d'artistes et d'influenceurs sur les réseaux sociaux, fait l'objet d'une soixantaine de plaintes. Au-delà du foncier, l'affaire pose une question qui dépasse largement Abidjan : quelle responsabilité pour ceux qui monétisent leur image en ligne.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 6 min

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Escroquerie foncière : l'affaire des influenceurs en Côte d'Ivoire interroge ceux qui veulent vivre des réseaux sociaux
Photo d'illustration : cloudlynx / Pixabay (licence Pixabay)

Escroquerie foncière : c’est le terme qui revient autour d’une affaire qui secoue la Côte d’Ivoire et qui dépasse le seul secteur immobilier. Une promotrice connue sous le surnom de Maman na caï-caï fait l’objet d’une enquête après une soixantaine de plaintes, pour un préjudice provisoire estimé à plus de 320 millions de F CFA, selon les informations rapportées par Jeune Afrique. Ce qui rend ce dossier particulièrement instructif, c’est la place qu’y occupent les réseaux sociaux et plusieurs personnalités connues du public. Pour tous ceux qui, en Côte d’Ivoire ou ailleurs sur le continent, cherchent à bâtir une activité en ligne, cette affaire offre une leçon concrète sur les risques à éviter.

Escroquerie foncière Côte d’Ivoire : que sait-on de l’affaire

Selon Jeune Afrique, Rita Bénédicte Djédjé Grahon, appelée Maman na caï-caï, dirige une entreprise nommée Ivoire Challenge Corporation, aussi désignée Ivoire 2C. Cette société commercialisait des terrains présentés comme déjà « documentés », autrement dit censés disposer des titres nécessaires pour sécuriser l’achat. La promotrice assurait elle-même la promotion de son offre sur les réseaux sociaux, par le biais de vidéos destinées à rassurer les acheteurs potentiels sur l’accessibilité de la propriété foncière.

La visibilité de cette entreprise ne reposait pas uniquement sur ces vidéos. D’après la source, la promotrice apparaissait régulièrement aux côtés d’artistes, d’animateurs et d’influenceurs, ce qui contribuait à crédibiliser son offre auprès du public. Une enquête a été ouverte le 7 octobre. À ce stade, une soixantaine de plaintes ont été déposées et le préjudice est évalué, à titre provisoire, à plus de 320 millions de F CFA. Plusieurs célébrités sont citées dans ce dossier, sans que la source ne précise à ce stade leur rôle exact ni le détail des suites judiciaires. Il convient donc de rappeler que la promotrice, comme toute personne mise en cause dans une enquête en cours, bénéficie de la présomption d’innocence tant qu’aucune décision de justice définitive n’a été rendue.

Pourquoi les réseaux sociaux ont amplifié le phénomène

Ce dossier illustre un mécanisme devenu courant sur le continent : l’utilisation des réseaux sociaux pour donner à une offre commerciale une apparence de sérieux et de proximité. Une vidéo bien produite, une mise en scène autour de figures connues, et l’acheteur potentiel se sent rassuré avant même d’avoir vérifié la moindre pièce administrative. C’est précisément ce que pointe l’enquête visant Ivoire Challenge Corporation : la promesse de rendre la propriété accessible, diffusée largement en ligne, a précédé la vérification réelle des documents fonciers.

Ce schéma n’est pas propre à l’immobilier. Il concerne tout secteur où la confiance se construit d’abord par l’image avant de reposer sur des garanties vérifiables. C’est pour cela que cette affaire, bien qu’elle concerne le foncier ivoirien, parle directement à toute personne qui envisage de travailler en ligne depuis l’Afrique, que ce soit en créant du contenu, en nouant des partenariats rémunérés ou en vendant des produits et services via les réseaux sociaux.

Travailler en ligne depuis l’Afrique : ce que cette affaire doit faire réfléchir

Pour les créateurs de contenu, les animateurs ou les personnalités suivies en ligne, la monétisation passe souvent par des partenariats avec des entreprises locales : apparition dans une vidéo, mention d’une offre, participation à un événement promotionnel. Cette affaire rappelle qu’un partenariat rémunéré, même ponctuel, engage l’image de celui qui le signe. Lorsqu’une entreprise partenaire fait l’objet d’une enquête pour escroquerie, l’association publique avec cette entreprise peut nuire durablement à la réputation de la personne concernée, indépendamment de sa responsabilité réelle dans les faits.

Pour qui souhaite bâtir un revenu en ligne de façon durable, qu’il s’agisse d’un créateur basé sur le continent, d’un membre de la diaspora de retour ou d’un retraité cherchant un complément d’activité, quelques principes simples découlent directement de ce que révèle cette affaire :

  • Demander systématiquement les documents et preuves concrètes avant d’accepter de promouvoir une offre, en particulier dans les secteurs sensibles comme l’immobilier ou la finance.
  • Ne jamais s’appuyer uniquement sur la notoriété ou la mise en scène d’un partenaire pour juger du sérieux d’une offre.
  • Garder une trace écrite des échanges et des engagements pris avec un partenaire commercial, pour pouvoir se dégager en cas de litige ultérieur.
  • Se renseigner sur l’existence éventuelle de litiges ou de plaintes visant une entreprise avant de s’y associer publiquement.

Ces précautions ne garantissent aucun revenu, et aucun chiffre de gain ne peut être avancé ici : la source de cette affaire porte sur un préjudice financier subi par des acheteurs, pas sur une promesse de revenus en ligne. Elle illustre cependant un risque réel pour toute personne qui construit sa crédibilité, et donc son activité, à travers les réseaux sociaux.

Points de vigilance pour les acheteurs comme pour les créateurs

Du côté des acheteurs, l’affaire confirme une règle de prudence déjà connue en matière foncière : la présentation en ligne d’un terrain comme « documenté » ne dispense jamais d’une vérification directe auprès des services compétents avant tout engagement financier. La confiance inspirée par une vidéo ou par la présence de personnalités connues ne remplace pas la vérification des titres de propriété.

Du côté des créateurs de contenu et des personnalités suivies en ligne, la vigilance porte sur la nature des partenariats acceptés. Une offre présentée comme une opportunité facile à relayer peut, en réalité, dissimuler des pratiques frauduleuses dont les conséquences juridiques et réputationnelles retombent aussi sur ceux qui l’ont mise en avant. Les lecteurs souhaitant approfondir ces mécanismes d’arnaques et apprendre à les repérer, que ce soit dans l’immobilier ou dans d’autres offres relayées en ligne, peuvent consulter la rubrique Vigilance de ServAfrica, qui recense régulièrement ce type de signalements.

Ce qu’il faut retenir de l’affaire Ivoire Challenge Corporation

Cette enquête, encore en cours selon Jeune Afrique, montre que la visibilité en ligne et la présence de figures connues ne garantissent en rien le sérieux d’une offre commerciale, qu’elle porte sur un terrain, un produit ou un service. Avec une soixantaine de plaintes et un préjudice provisoire supérieur à 320 millions de F CFA, le dossier rappelle que la vérification documentaire reste la seule protection fiable pour un acheteur, et que la diligence préalable reste la meilleure protection pour un créateur de contenu avant d’associer son image à une offre commerciale.

ServAfrica continuera de suivre les développements de cette enquête et les enseignements qu’elle apporte, tant pour la sécurisation des acquisitions foncières que pour ceux qui construisent une activité en ligne sur le continent.

Sources

  • Jeune Afrique, « En Côte d’Ivoire, une affaire d’escroquerie impliquant des influenceurs révèle les failles du foncier » : lien vers l’article

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