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Entrepreneuriat Sénégal

Entrepreneuriat vert Podor : plus de 100 jeunes formés pour bâtir une économie résiliente

Dans le département de Podor, au nord du Sénégal, le projet Jeunes Entrepreneurs Verts s'achève après avoir formé plus de 100 jeunes et 34 conseillers-formateurs. Retour sur une initiative qui mise sur l'agroécologie, le solaire et la coopération pour ancrer une économie locale plus résiliente face au changement climatique.

Équipe éditoriale ServAfrica. Publié le Lecture : 5 min

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Entrepreneuriat vert Podor : plus de 100 jeunes formés pour bâtir une économie résiliente
Photo d'illustration : Markus Spiske / Pexels (licence Pexels)

Entrepreneuriat vert Podor est devenu, en quelques mois, le nom d’une dynamique concrète dans le nord du Sénégal. Le projet « Jeunes Entrepreneurs.es Verts pour une communauté sénégalaise prospère et résiliente » (JEV) vient de s’achever dans le département de Podor, après avoir accompagné plus de 100 jeunes et formé 34 conseillers-formateurs. Porté par IPAR Think Tank, en partenariat avec le Secrétariat international de l’eau et l’École des entrepreneurs du Québec, le projet visait à renforcer la résilience économique et climatique des jeunes et des femmes de ce territoire du nord sénégalais.

Le point de départ

Le projet JEV a été conçu pour répondre à un double défi dans le département de Podor : des jeunes et des femmes en quête d’activités économiques viables, et un territoire confronté aux effets du changement climatique. L’approche retenue associait entrepreneuriat vert, pratiques agroécologiques, technologies solaires et insertion dans les chaînes de valeur agricoles. L’ambition n’était pas seulement de transmettre des savoir-faire techniques, mais de construire un écosystème d’accompagnement capable de transformer ces savoir-faire en entreprises durables.

Les obstacles et les défis structurels

La source souligne un enjeu central de l’entrepreneuriat rural : une solution techniquement pertinente ne devient pas automatiquement une entreprise viable. Sa pérennité dépend aussi de la capacité de l’entrepreneur à définir son marché, maîtriser ses coûts, trouver des clients, mobiliser des financements et organiser son activité. C’est pourquoi l’accompagnement du projet JEV ne s’est pas limité à l’apprentissage de pratiques agricoles durables : il a aussi porté sur le démarrage et la croissance d’une entreprise, le marketing, la communication numérique, ainsi que la gestion et le développement des coopératives.

Un autre défi, identifié pour la suite, concerne la période qui suit la fin d’un financement initial. Selon les éléments rapportés, les bénéficiaires disposent alors de nouvelles compétences, mais restent confrontés aux difficultés d’accès au crédit, aux équipements, aux débouchés commerciaux et à l’accompagnement technique de proximité. C’est précisément ce point de fragilité que les acteurs du projet cherchent désormais à sécuriser.

Le tournant

Le tournant du projet JEV tient à la combinaison de plusieurs leviers : le renforcement des conseillers-formateurs, une mission d’échange au Québec, et des expérimentations d’irrigation intelligente directement sur le terrain à Podor. « Le succès du projet JEV repose sur une alliance réussie entre ancrage local et partenariats stratégiques. Du renforcement de nos conseillers-formateurs jusqu’à la mission d’échange au Québec, en passant par les expérimentations d’irrigation intelligente sur le terrain à Podor, nous avons bâti un écosystème d’accompagnement robuste », explique Aboubakry Diallo, coordonnateur du projet JEV à IPAR.

Ce tournant s’est aussi traduit par l’émergence d’une structure collective : la Coopérative des Entrepreneurs Verts de Podor (CEVEP). Une coopérative peut permettre aux entrepreneurs de mutualiser certains équipements et services, d’améliorer leur accès aux marchés, de structurer des achats groupés ou encore de présenter des projets communs aux institutions financières et aux programmes d’appui. Sa réussite dépendra toutefois de conditions précises : une gouvernance claire, l’implication durable des membres, un modèle économique réaliste et une capacité à fournir des services répondant aux besoins concrets des entrepreneurs.

Les résultats

Selon les résultats communiqués par IPAR, le projet JEV a permis de former 34 conseillers-formateurs et d’accompagner plus de 100 jeunes entrepreneurs verts dans le département de Podor. Les bénéficiaires ont été initiés à plusieurs leviers techniques et entrepreneuriaux, notamment l’agroécologie, l’irrigation intelligente et les technologies solaires, des solutions qui peuvent contribuer à améliorer la gestion des ressources, à réduire certaines charges de production et à renforcer la résilience des exploitations dans une zone exposée au changement climatique.

Le 7 octobre 2026, un atelier départemental organisé à l’Espace numérique ouvert de Ndioum a marqué la clôture officielle du projet. La rencontre a réuni les jeunes entrepreneurs verts, les conseillers-formateurs, les autorités territoriales, les structures d’appui et différents acteurs de l’écosystème entrepreneurial local. Elle a permis de présenter les résultats du projet, de partager les enseignements tirés de sa mise en œuvre et de formuler des recommandations pour le développement de l’entrepreneuriat vert à Podor. Une table ronde consacrée à l’emploi, au financement et au développement territorial a également favorisé le dialogue entre les entrepreneurs et les institutions susceptibles de prendre le relais.

Les leçons à retenir

Le projet JEV illustre une réalité partagée par de nombreuses initiatives d’appui à l’entrepreneuriat rural : la formation n’est qu’une étape, et la pérennité des acquis se joue dans la phase qui suit. Selon Aboubakry Diallo, les jeunes accompagnés disposent désormais de leviers managériaux et technologiques leur permettant de consolider leurs activités et de participer à la construction d’une économie locale plus résiliente.

L’enjeu consiste désormais à faire de la CEVEP non seulement un cadre de représentation, mais aussi un outil opérationnel capable d’accompagner le développement des activités de ses membres. La pérennisation du projet JEV dépendra de la capacité des partenaires locaux à transformer les acquis de la formation en solutions concrètes : suivi post-projet, accès aux mécanismes de financement, mise en relation commerciale et appui à la certification des productions.

Ce que ce parcours collectif montre, c’est qu’une formation technique réussie, aussi solide soit-elle, ne suffit pas à elle seule : c’est l’articulation entre compétences, structuration collective et accès durable au financement qui déterminera si l’entrepreneuriat vert de Podor devient un modèle reproductible ailleurs au Sénégal.

Sources

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