Cap sur la CAN 2027Le guide du foot africain 2026-2027, à télécharger gratuitementVoir le guide →
Enfants Goma Ebola : une ONG offre soutien scolaire et psychologique aux plus vulnérables
Santé & assurance

Enfants Goma Ebola : une ONG offre soutien scolaire et psychologique aux plus vulnérables

06.10.2026

Enfants Goma Ebola : c’est autour de ce double défi que l’ONG Assistance Samaritaine aux Vulnérables (SAV) a organisé une journée de solidarité à Goma, en République démocratique du Congo. Tambours, chants, danses et sourires ont rythmé cette journée destinée à des enfants considérés comme particulièrement vulnérables, le temps de mettre entre parenthèses un quotidien souvent marqué par les difficultés.

Au programme de cette initiative : la remise de fournitures scolaires, mais aussi la distribution de kits de protection contre Ebola, une épidémie qui touche plusieurs territoires de l’est du pays. L’objectif poursuivi par l’ONG est double. Il s’agit d’abord de répondre à des besoins matériels immédiats, souvent invisibles dans le débat public. Il s’agit ensuite de sensibiliser ces enfants aux moyens de prévention face au virus, dans un contexte où les campagnes de sensibilisation générales ne les atteignent pas toujours.

Enfants Goma Ebola : une double urgence sanitaire et sociale

« Ces enfants orphelins sont des humains, mais ils sont souvent oubliés dans les différentes sensibilisations. Maintenant, nous avons ciblé d’abord ces enfants pour qu’ils aient la même compréhension du virus Ebola », explique Espoir Kikuni, responsable de l’ONG SAV, cité par Africanews. Cette déclaration met en lumière un angle mort fréquent des campagnes sanitaires : les enfants orphelins ou en situation de grande précarité, qui échappent souvent aux circuits classiques d’information et de prévention.

En ciblant spécifiquement ce public, l’ONG cherche à combler un vide. Un enfant qui comprend les gestes de prévention contre Ebola devient un relais potentiel au sein de sa communauté, capable de répéter et d’appliquer ces consignes dans son environnement immédiat, même en l’absence d’un cadre familial stable.

Une urgence moins visible : la santé mentale des enfants

Derrière l’aide matérielle apportée lors de cette journée se cache une autre priorité, moins visible mais tout aussi déterminante : la santé mentale. Dans les écoles bénéficiaires du programme, l’ONG SAV mène en parallèle un volet de santé mentale et de soutien psychosocial, destiné à accompagner des enfants confrontés aux traumatismes liés aux conflits armés, aux déplacements forcés et à des conditions de vie précaires.

Pour les responsables de l’organisation, agir auprès de ces enfants aujourd’hui revient aussi à tenter de briser un cycle qui se perpétue depuis des décennies dans la région. « Notre région, cela fait plus de 30 ans que nous sommes dans cette situation où nous devons vraiment nous focaliser sur l’investissement dans le chef de ces enfants afin que cette situation trouve des limites et ne se propage pas encore à d’autres générations. Là, nous serons en train de limiter ce qu’on appelle le traumatisme intergénérationnel », souligne Espoir Kikuni.

Cette notion de traumatisme intergénérationnel renvoie à un phénomène documenté dans de nombreux contextes de conflit prolongé : sans accompagnement, les souffrances psychiques vécues par une génération peuvent se transmettre, par des mécanismes familiaux et sociaux, à la génération suivante. Intervenir tôt auprès des enfants viserait donc à interrompre cette transmission, en leur offrant des outils pour nommer et traiter ce qu’ils traversent plutôt que de le subir en silence.

Ce que les enseignants observent en classe

Dans les salles de classe, les enseignants sont aux premières loges pour constater les conséquences concrètes de cette situation. Certains élèves éprouvent des difficultés à se concentrer. D’autres deviennent plus agressifs, ou au contraire s’isolent. Des comportements que les responsables scolaires associent directement aux conditions dans lesquelles grandissent ces enfants.

« Ils n’ont rien et, à toutes les heures que nous passons avec eux ici, on sent en eux la pauvreté », témoigne John Mwamba, directeur de l’école EPAIMOG, à Goma. Il poursuit : « Psychologiquement, sur le plan psychique, ils sont traumatisés parce qu’ils vivent en dehors de chez leurs parents ; c’est déjà un problème sérieux qui touche leur santé mentale ».

Ce témoignage rappelle que, pour une partie de ces enfants, la séparation d’avec le cadre familial constitue en elle-même une source de souffrance, indépendamment des épisodes de violence ou de l’épidémie. Grandir loin de ses parents, dans un contexte de précarité matérielle, fragilise durablement l’équilibre psychique d’un enfant, même lorsque les besoins de base finissent par être couverts ponctuellement par une aide extérieure.

L’école comme espace de stabilité

Pour les équipes éducatives impliquées dans ce programme, l’école ne doit pas se limiter à un lieu d’apprentissage scolaire. Elle doit aussi devenir un environnement suffisamment stable et sécurisant pour permettre à ces enfants de retrouver des repères, dans un quotidien par ailleurs marqué par l’incertitude.

Cette approche s’inscrit dans une logique de continuité : les fournitures scolaires distribuées lors de la journée de solidarité ne sont pas une fin en soi, mais un point d’entrée vers un accompagnement plus durable, mené au sein même des établissements scolaires. L’articulation entre aide matérielle ponctuelle et suivi psychosocial continu apparaît ainsi comme la pierre angulaire du programme porté par l’ONG SAV.

Une génération exposée à des crises qui s’accumulent

Près de deux ans après les combats qui ont marqué la prise de Goma, les conséquences du conflit restent visibles dans le quotidien de nombreux enfants de la ville. La précarité matérielle, les déplacements de population et les traumatismes psychiques s’ajoutent désormais aux préoccupations sanitaires liées à Ebola, qui touche plusieurs territoires de l’est de la République démocratique du Congo.

Pour les associations et les acteurs éducatifs présents sur le terrain, l’enjeu central consiste à éviter que ces crises successives, conflit armé puis épidémie, ne compromettent durablement l’avenir d’une génération entière d’enfants. Le risque n’est pas seulement sanitaire ou sécuritaire : il est aussi éducatif et psychologique, avec des effets susceptibles de se faire sentir bien après la fin des épisodes de crise eux-mêmes.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le travail combiné mené à Goma : soutien psychosocial pour traiter les traumatismes déjà présents, scolarisation pour offrir un cadre stable et des perspectives d’avenir, et sensibilisation sanitaire pour que les enfants deviennent acteurs de leur propre protection face à Ebola.

Ce qu’il faut retenir

À Goma, une initiative portée par l’ONG Assistance Samaritaine aux Vulnérables illustre une approche qui dépasse la seule réponse matérielle à l’urgence humanitaire. En associant distribution de fournitures scolaires, kits de prévention contre Ebola et accompagnement psychosocial, le programme cherche à agir simultanément sur plusieurs fronts : la santé physique, la scolarisation et la santé mentale des enfants les plus exposés.

Le message porté par les responsables de l’ONG et par les enseignants impliqués converge vers une même idée : sans un investissement soutenu auprès des enfants dès aujourd’hui, les traumatismes accumulés par plus de trente ans de crise dans l’est de la République démocratique du Congo risquent de se transmettre aux générations suivantes. Soutenir ces enfants, c’est donc aussi investir dans la stabilité future de toute une région.

Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.

Sources

Pour suivre l’actualité de la République démocratique du Congo et d’autres régions d’Afrique, retrouvez l’ensemble de nos analyses sur servafrica.fr.

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *