
Emploi jeunes Abidjan : paix et sécurité passent aussi par le travail des femmes et des jeunes
Emploi jeunes Abidjan : c’est le fil conducteur d’une rencontre régionale de haut niveau qui s’est ouverte lundi au siège de la Banque africaine de développement, dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Du 28 septembre au 3 octobre 2026, une Semaine régionale consacrée à la paix, à la sécurité et à la résilience économique en Afrique de l’Ouest et au Sahel réunit responsables institutionnels, partenaires techniques et financiers autour d’un même constat : la stabilité durable d’une région ne se construit pas seulement par des dispositifs sécuritaires, mais aussi par des perspectives économiques concrètes offertes aux femmes et aux jeunes.
Le thème retenu pour cette rencontre, « De la résilience économique à la consolidation durable de la paix et de la sécurité », traduit un déplacement significatif dans la manière d’aborder les crises qui traversent une partie du continent. Il ne s’agit plus de traiter la sécurité uniquement sous l’angle militaire ou institutionnel, mais d’y intégrer des leviers economiques tels que l’emploi, la formation professionnelle, l’accès au financement et le renforcement de la cohésion sociale.
Une semaine régionale pour relier deux agendas trop souvent séparés
Pendant longtemps, les questions de sécurité et les questions de développement économique ont été traitées par des institutions différentes, avec des calendriers, des priorités et des financements distincts. La rencontre d’Abidjan cherche précisément à rapprocher ces deux agendas. En choisissant le siège de la Banque africaine de développement comme lieu d’ouverture, les organisateurs envoient un signal clair : les bailleurs de fonds et les institutions financières régionales sont invités à considérer la prévention des crises comme un axe d’investissement à part entière, au même titre que les infrastructures ou l’agriculture.
Cette semaine de travaux s’inscrit dans un contexte régional marqué, depuis plusieurs années, par des tensions sécuritaires persistantes dans certaines zones du Sahel et par des dynamiques de fragilité qui débordent parfois vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest. Face à cette réalité, les participants réunis à Abidjan affirment qu’une réponse uniquement sécuritaire ne suffit pas à endiguer durablement les crises, et qu’il faut aussi s’attaquer aux causes économiques et sociales qui nourrissent l’instabilité.
L’économie présentée comme un outil de prévention
Plusieurs intervenants ont défendu, lors des premiers échanges, l’idée qu’une autonomie économique accrue des femmes et de meilleures perspectives professionnelles pour les jeunes réduisent leur exposition aux dynamiques de marginalisation, de violence et de recrutement par des groupes extrémistes. Cette approche part d’un raisonnement simple : lorsque des jeunes n’ont ni emploi, ni formation, ni perspective d’insertion économique, ils deviennent plus vulnérables aux discours de rupture, y compris ceux portés par des groupes armés ou des réseaux criminels.
De la même manière, l’autonomisation économique des femmes est présentée comme un facteur de stabilité pour les foyers et les communautés. Une femme disposant d’un revenu propre, d’un accès au crédit ou d’une activité génératrice de ressources participe davantage à la résilience de son entourage face aux chocs économiques, aux déplacements de populations ou aux périodes de crise. Cette dimension explique pourquoi les organisateurs de la Semaine régionale ont choisi de placer les femmes et les jeunes au centre des débats, plutôt que de les traiter comme des publics secondaires des politiques de sécurité.
Emploi jeunes Abidjan : les zones frontalières et fragiles en première ligne
Les travaux ouverts à Abidjan accordent une attention particulière aux zones frontalières et fragiles de la région. Ces territoires cumulent souvent plusieurs difficultés simultanées : un déficit de services publics de base, un taux de chômage élevé chez les jeunes, des déplacements de populations liés à l’insécurité, et une présence limitée de l’État dans certains secteurs. Cette accumulation de fragilités crée un terrain propice à l’installation durable de l’instabilité, d’où l’importance accordée par les participants à des réponses ciblées sur ces espaces précis plutôt qu’à des politiques uniformément nationales.
En insistant sur ces zones, les organisateurs reconnaissent implicitement que les politiques de développement classiques, pensées à l’échelle des capitales ou des grands centres urbains, ne suffisent pas toujours à répondre aux besoins spécifiques des régions frontalières. Ces dernières nécessitent des dispositifs adaptés, capables de combiner rapidement accès à l’emploi, formation professionnelle et présence des services publics essentiels.
Vers des engagements concrets : Appel, Engagements et Pacte d’Abidjan
Contrairement à de nombreuses rencontres internationales qui se concluent par de simples déclarations de principe, les organisateurs de la Semaine régionale annoncent vouloir aboutir à des résultats plus structurés. Trois documents doivent sortir de ces travaux : un Appel d’Abidjan, des Engagements d’Abidjan, et un Pacte des partenaires pour la résilience économique des femmes et des jeunes.
L’objectif affiché est d’associer ces engagements à des financements identifiés et à un mécanisme de suivi, plutôt que de se contenter de textes symboliques sans traduction opérationnelle. Cette volonté de sortir du registre purement déclaratif traduit une prise de conscience partagée par plusieurs acteurs régionaux : les grandes conférences internationales sur la paix et la sécurité ont souvent été critiquées pour leur incapacité à transformer des promesses en actions mesurables sur le terrain. En misant sur un pacte associant des partenaires techniques et financiers, la rencontre d’Abidjan cherche à donner une dimension plus contraignante et plus suivie à ses conclusions.
Pourquoi cette approche compte pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel
La démarche engagée à Abidjan s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière de traiter durablement les crises qui affectent certaines parties de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Depuis plusieurs années, de nombreux acteurs régionaux et internationaux constatent que les réponses strictement militaires ou sécuritaires, si elles restent nécessaires pour contenir les menaces immédiates, ne suffisent pas à elles seules à installer une paix durable. Sans perspectives économiques concrètes pour les populations les plus exposées, les tensions ont tendance à ressurgir, même après une période d’accalmie sécuritaire.
En plaçant l’emploi des jeunes et des femmes au cœur de sa réflexion, la Semaine régionale d’Abidjan rejoint une orientation également portée par d’autres initiatives récentes en Afrique de l’Ouest, qui cherchent à articuler les questions de genre, de paix et de sécurité. Cette convergence entre plusieurs rencontres régionales, organisées dans différents pays, montre que la thématique de l’autonomisation économique des femmes et des jeunes comme levier de stabilité gagne du terrain dans les agendas institutionnels du continent.
Ce que cela signifie pour la diaspora et les acteurs économiques
Pour la diaspora africaine et pour les acteurs économiques intéressés par la région, cette orientation ouvre des pistes concrètes de collaboration. Un Pacte des partenaires pour la résilience économique des femmes et des jeunes, s’il se traduit effectivement par des mécanismes de financement identifiés, pourrait constituer un cadre dans lequel s’inscrivent des projets d’investissement, des programmes de formation professionnelle ou des initiatives d’accompagnement à l’entrepreneuriat, notamment dans les zones frontalières les plus fragiles.
Cette dynamique rappelle également que la stabilité économique et sécuritaire d’une région n’est jamais uniquement l’affaire des gouvernements ou des organisations internationales. Les diasporas, par leurs transferts financiers, leurs réseaux professionnels et leurs projets d’investissement, participent déjà à la résilience économique de nombreuses communautés en Afrique de l’Ouest. Une meilleure structuration des programmes issus de rencontres comme celle d’Abidjan pourrait, à terme, faciliter l’articulation entre ces initiatives privées et les priorités identifiées par les partenaires institutionnels.
Un chantier de long terme
La Semaine régionale ouverte à Abidjan ne prétend pas résoudre en quelques jours des problématiques aussi complexes que celles de la sécurité et de l’emploi en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Elle constitue néanmoins une étape dans un processus qui vise à ancrer, dans les politiques régionales, l’idée que la paix durable passe par des perspectives économiques réelles offertes aux populations les plus jeunes et aux femmes. La suite dépendra largement de la capacité des institutions et des partenaires techniques et financiers à traduire l’Appel, les Engagements et le Pacte d’Abidjan en actions suivies dans la durée, au-delà de la seule semaine de rencontres.
Conclusion
En reliant explicitement l’emploi des femmes et des jeunes à la question de la paix et de la sécurité, la rencontre d’Abidjan illustre une évolution notable dans la manière dont l’Afrique de l’Ouest aborde ses défis régionaux. Reste à savoir si les engagements pris se traduiront par des financements concrets et un suivi effectif, seule garantie que cette semaine de travail débouche sur des changements durables pour les populations les plus exposées aux fragilités économiques et sécuritaires.
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Sources
- Bénin Web TV, Afrique de l’Ouest : à Abidjan, paix et sécurité passent aussi par l’emploi des femmes et des jeunes
- Banque africaine de développement, citée par Bénin Web TV
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