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Économie marocaine : le gouvernement El Mansouri face au risque social, selon Coface
Économie & business

Économie marocaine : le gouvernement El Mansouri face au risque social, selon Coface

05.10.2026

Économie marocaine : voilà le dossier brûlant qui attend Fatima-Ezzahra El Mansouri, nommée cheffe du gouvernement par le roi Mohammed VI le 29 septembre. Selon Jeune Afrique, l’économiste Aroni Chaudhuri, spécialiste chez Coface, estime que le principal risque qui pèse aujourd’hui sur le Maroc n’est plus d’ordre strictement macroéconomique, mais social. Une analyse qui éclaire les défis concrets auxquels devra répondre le nouveau gouvernement, alors que les attentes de la population sont élevées.

Une nouvelle cheffe du gouvernement face à un agenda social ambitieux

La nomination de Fatima-Ezzahra El Mansouri marque un tournant politique pour le royaume. Issue du Parti Authenticité et Modernité (PAM), elle hérite d’un pays dont les équilibres économiques sont scrutés de près par les observateurs internationaux, rapporte Jeune Afrique. Or, le PAM a construit sa campagne électorale autour de mesures sociales fortes : hausse du salaire minimum, revalorisation des retraites, allègement de l’impôt sur le revenu et création d’un million d’emplois.

Ces engagements, largement relayés durant la campagne, répondent à une demande sociale pressante. D’après des articles de Jeune Afrique consacrés à la période électorale, plusieurs partis marocains ont surenchéri sur ces questions, certains évoquant même un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) porté jusqu’à 5 000 dirhams, tandis que le programme porté par la nouvelle cheffe du gouvernement promet notamment des retraites minimales fixées à 3 000 dirhams. Ces chiffres, avancés dans le débat public marocain, donnent la mesure de l’ambition affichée par le nouvel exécutif, mais aussi de la difficulté à les financer dans un contexte budgétaire contraint.

Économie marocaine : le diagnostic de Coface

C’est dans ce contexte que l’analyse d’Aroni Chaudhuri prend tout son sens. Pour l’économiste de Coface, cité par Jeune Afrique, « le principal risque pour l’économie marocaine, c’est un risque social ». Une formule qui résume une conviction : les fondamentaux macroéconomiques du Maroc ne sont pas, en eux-mêmes, la principale source d’inquiétude. C’est la capacité du pays à traduire sa croissance en progrès réellement partagé par l’ensemble de la population qui constitue, selon lui, l’enjeu central des prochaines années.

Cette lecture rejoint un constat plus large formulé par Jeune Afrique : le Maroc dispose d’une économie jugée globalement solide, mais qui éprouve des difficultés persistantes à réduire les inégalités. Autrement dit, la croissance existe, mais elle ne suffit pas à elle seule à apaiser les tensions sociales qui traversent le pays, en particulier chez les jeunes générations.

Un risque social identifié comme prioritaire

En plaçant le risque social au premier rang des préoccupations, Aroni Chaudhuri invite à déplacer le regard habituellement porté sur les grands indicateurs macroéconomiques, pour s’intéresser davantage à la façon dont la richesse produite se répercute, ou non, dans le quotidien des ménages. Cette approche met en lumière un défi que connaissent de nombreuses économies émergentes : la croissance ne garantit pas automatiquement une amélioration perçue des conditions de vie, surtout lorsque les inégalités territoriales, générationnelles ou sectorielles restent marquées.

Les promesses sociales du PAM, entre attentes et contraintes budgétaires

Le programme porté par Fatima-Ezzahra El Mansouri illustre cette tension. Hausse du salaire minimum, revalorisation des retraites, allègement de l’impôt sur le revenu, création d’un million d’emplois : chacune de ces mesures répond à une attente sociale réelle, mais leur mise en œuvre suppose des choix budgétaires difficiles. Jeune Afrique souligne d’ailleurs, dans un article consacré à ce même sujet, que la question de savoir si la nouvelle cheffe du gouvernement dispose des moyens financiers de ses ambitions sociales reste ouverte.

Ce décalage potentiel entre promesses de campagne et capacités budgétaires est précisément ce qui nourrit, selon l’analyse de Coface, le risque social identifié par Aroni Chaudhuri. Si les attentes créées ne trouvent pas de traduction concrète et rapide, le risque n’est pas seulement économique : il est aussi politique et social, avec un possible creusement de la défiance envers les institutions.

Chômage et inégalités, un terreau de tensions

Jeune Afrique rappelle, dans un autre article consacré aux événements de Ceuta, qu’une partie de la société marocaine, en particulier les jeunes, a vu sa situation économique se détériorer au fil des années, entre chômage persistant, inégalités et subventions publiques jugées favorables aux catégories les plus aisées. Ce constat éclaire le diagnostic de Coface : le malaise social ne naît pas d’un effondrement macroéconomique, mais d’un sentiment diffus que la croissance ne bénéficie pas équitablement à tous.

C’est précisément ce terreau que le nouveau gouvernement devra prendre en compte s’il veut éviter que les promesses sociales de campagne ne se transforment, en cas de déception, en facteur supplémentaire de tension.

Quels leviers pour le nouveau gouvernement ?

Face à ce diagnostic, la marge de manœuvre du gouvernement El Mansouri apparaît étroite mais déterminante. Transformer la croissance économique marocaine en progrès social suppose des arbitrages entre plusieurs priorités : financer les hausses de salaire minimum et de retraites sans dégrader davantage les finances publiques, créer réellement les emplois promis, et alléger la fiscalité sur le revenu sans priver l’État de ressources nécessaires à l’investissement public.

L’enjeu, tel que le formule implicitement Aroni Chaudhuri, n’est donc pas tant de savoir si le Maroc continuera de croître, mais de savoir comment cette croissance sera répartie. C’est sur ce point que se jouera, dans les mois à venir, la crédibilité du nouveau gouvernement auprès d’une population qui attend des résultats concrets et rapides.

Ce qu’il faut retenir

L’analyse de Coface, relayée par Jeune Afrique, place la question sociale au cœur des défis de l’économie marocaine pour les mois à venir. Pour la diaspora marocaine et les observateurs de la région, ce diagnostic rappelle que la solidité macroéconomique d’un pays ne suffit pas à garantir sa stabilité sociale : c’est la répartition des fruits de la croissance qui, in fine, déterminera la confiance des citoyens envers leurs institutions.

ServAfrica continuera de suivre l’évolution de ce dossier et les premières mesures mises en œuvre par le gouvernement de Fatima-Ezzahra El Mansouri.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. Retrouvez d’autres analyses économiques sur servafrica.fr.

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