
Ebola RDC : un responsable de l’UDPS tué à Butembo après avoir appelé à soutenir la riposte
Ebola RDC : la mort d’un haut responsable du parti présidentiel UDPS a provoqué une vive émotion ce week-end à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Selon un communiqué de la fédération locale de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), le parti au pouvoir du président Félix Tshisekedi, Karondwa Mwanaweka Marie-Célestin Bytaty, qui occupait les fonctions de président par intérim du Comité exécutif fédéral de l’UDPS et de porte-parole du parti, a été agressé mortellement peu après avoir participé à une émission sur la radio locale Mwangaza, durant laquelle il encourageait la population à soutenir les efforts de riposte contre Ebola.
Son âge n’a pas été précisé par les sources disponibles. Le communiqué de la fédération locale précise que son domicile a ensuite été incendié et ses biens détruits. La fédération a qualifié ces faits de grave tragédie et a réclamé l’ouverture d’une enquête, demandant que les responsables de cette agression soient identifiés et traduits en justice. Les investigations étant en cours, aucune identité d’agresseur présumé n’a été confirmée à ce stade.
Un contexte de forte tension autour de la riposte contre Ebola
Cette agression s’inscrit dans un climat particulièrement tendu dans l’est de la République démocratique du Congo, où la lutte contre Ebola se heurte depuis plusieurs mois à de multiples résistances locales. Le Nord-Kivu, région où se concentre une partie importante de la réponse sanitaire, est régulièrement le théâtre d’incidents visant le personnel engagé dans la riposte.
Le week-end de la mort du responsable de l’UDPS, un agent chargé du dépistage d’Ebola a également été tué à Vulemba, toujours dans le Nord-Kivu, lors d’une attaque visant un poste de contrôle sanitaire. Cet événement, survenu quasiment simultanément, illustre l’ampleur des risques encourus quotidiennement par les équipes mobilisées sur le terrain, qu’il s’agisse d’agents de santé, de volontaires humanitaires ou, désormais, de personnalités publiques appelant au soutien de la riposte.
Des centres de traitement pris pour cible
Plusieurs incidents survenus ces derniers mois témoignent de la fragilité de la réponse sanitaire face à la défiance d’une partie de la population. Le 21 mai, un centre de traitement d’Ebola a été incendié à Rwampara à la suite d’un conflit autour de l’enterrement d’un patient. Une foule en colère avait mis le feu à une partie de l’hôpital après que la famille d’un jeune homme présenté comme décédé des suites du virus s’est vu refuser l’autorisation d’emporter le corps pour l’enterrer.
Le 1er juillet, un centre de traitement situé à Bafwabango, dans la province de l’Ituri, a lui aussi été incendié. Selon des médias locaux cités par la BBC, un policier a été tué lors d’affrontements liés au corps d’une personne présumée décédée du virus. Ces épisodes répétés montrent que les tensions se cristallisent souvent autour des rites funéraires, perçus par certaines communautés comme entravés par les protocoles sanitaires imposés dans le cadre de la riposte.
La Croix-Rouge dénonce plusieurs attaques contre ses équipes
Dans un communiqué publié en août, la Croix-Rouge a dénoncé plusieurs attaques visant ses équipes déployées en RDC pour faire face à l’épidémie. L’organisation rapporte que, le 19 août, trois volontaires participant à des activités humanitaires à Beni, dans le Nord-Kivu, ont été violemment agressés et blessés par un groupe d’individus, qui ont également détruit du matériel utilisé dans le cadre de l’intervention.
Le 18 août, deux autres volontaires ont été blessés alors qu’ils tentaient d’effectuer un enterrement digne et sécurisé dans le village de Malikuti, dans la zone de santé de Rungu, en Haut-Uélé. La veille, le 17 août, un convoi intervenant dans le cadre de la riposte transfrontalière a été attaqué à Aru, dans la province de l’Ituri : un membre de l’équipe a été grièvement blessé, et deux ambulances de la Croix-Rouge ougandaise ont été caillassées.
Le témoignage d’un volontaire blessé
Daniel Uyirwoth Welo, 27 ans, l’un des volontaires de la Croix-Rouge blessés lors d’une attaque, a livré son témoignage à BBC Verify. Il explique avoir été attrapé par derrière et frappé à coups de pelles et de machettes alors qu’il tentait, avec ses collègues, de procéder à un enterrement sécurisé dans un cimetière de Bunia, dans l’est de la RDC. Selon lui, l’agression a été déclenchée par des rumeurs circulant localement et en ligne selon lesquelles le cercueil utilisé lors de l’enterrement était vide. Il rapporte que certains membres de la foule affirmaient qu’Ebola n’existait pas, tandis que d’autres pensaient que l’équipe de la Croix-Rouge poursuivait d’autres intentions.
Pourquoi cette situation est préoccupante
Ces attaques répétées contre le personnel soignant, les volontaires humanitaires et désormais des responsables politiques ayant pris publiquement position en faveur de la lutte contre Ebola soulèvent une inquiétude majeure pour l’efficacité de la riposte dans l’est de la RDC. Lorsque les équipes de terrain, les ambulances et les centres de traitement deviennent des cibles, l’accès aux soins et le suivi épidémiologique des cas se trouvent compromis, ce qui peut favoriser la propagation du virus au sein des communautés concernées.
La défiance envers les mesures sanitaires, alimentée par des rumeurs et des incompréhensions autour des protocoles d’inhumation sécurisée, apparaît comme un facteur récurrent dans ces épisodes de violence. Les tensions observées à Rwampara, Bunia ou Malikuti montrent que les rites funéraires traditionnels, bousculés par les exigences sanitaires liées à la maladie à virus Ebola, restent un point de friction majeur entre les populations locales et les équipes de riposte.
Ce que cela signifie pour la diaspora et les familles concernées
Pour les membres de la diaspora originaires de la région du Nord-Kivu ou de l’Ituri, ou ayant de la famille dans ces zones, ces événements rappellent l’importance de rester attentif aux informations transmises par les sources officielles et les organisations humanitaires présentes sur le terrain, plutôt que de se fier à des rumeurs non vérifiées circulant sur les réseaux sociaux. La désinformation, comme le souligne le témoignage recueilli par BBC Verify, joue un rôle direct dans le déclenchement de certaines violences contre les équipes de riposte.
Il est également recommandé, pour toute personne en lien avec des proches dans les zones touchées par Ebola en RDC, de privilégier les canaux d’information reconnus et de se montrer prudent face aux messages non sourcés concernant la maladie, ses traitements ou les modalités d’inhumation des personnes décédées.
Suite des événements
À ce stade, la fédération locale de l’UDPS a demandé l’ouverture d’une enquête concernant la mort de son responsable à Butembo, ainsi que l’incendie de son domicile. Les autorités compétentes n’ont pas encore communiqué, selon les informations disponibles, sur l’identification des auteurs présumés de cette agression. La prudence reste de mise tant que les investigations n’ont pas abouti.
La succession de ces incidents, survenus dans plusieurs provinces de l’est de la RDC en l’espace de quelques mois, illustre la difficulté persistante à sécuriser à la fois les équipes sanitaires et les voix publiques qui soutiennent leur action, dans un contexte où la lutte contre Ebola exige une adhésion large des populations locales.
Conclusion
La mort d’un haut responsable de l’UDPS à Butembo, survenue peu après un appel public à soutenir la lutte contre Ebola, s’ajoute à une liste déjà longue d’attaques visant le personnel et les volontaires engagés dans la riposte en République démocratique du Congo. Ces événements rappellent la fragilité persistante du dialogue entre les équipes sanitaires et certaines communautés locales, et l’importance d’une information fiable pour désamorcer les tensions. servafrica.fr continuera de suivre l’évolution de la situation sanitaire en RDC et dans la région des Grands Lacs.
Sources
- BBC News Afrique, article du 29 septembre 2026
- Croix-Rouge, citée par BBC News Afrique
Ces informations ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.
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