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Diomaye Faye ouvre un front diplomatique africain pour Macky Sall à l’ONU
Politique & société

Diomaye Faye ouvre un front diplomatique africain pour Macky Sall à l’ONU

29.09.2026

Diomaye Faye a pris position, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, en faveur de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Ce soutien public, exprimé par le président sénégalais, dépasse la simple solidarité nationale : il engage la diplomatie du Sénégal dans une bataille qui touche directement à la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.

Diomaye Faye met son poids diplomatique derrière Macky Sall

En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Bassirou Diomaye Faye a appelé les États africains, mais aussi les autres membres de l’Organisation, à soutenir la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général. Dans un entretien accordé à RFI et à France 24, le président sénégalais a mis en avant l’expérience de l’ancien chef de l’État et sa capacité, selon lui, à exercer les responsabilités qui incombent à la tête de l’ONU.

Le geste est politiquement significatif. Bassirou Diomaye Faye et son camp avaient longtemps appartenu à un pôle opposé à celui de Macky Sall au Sénégal, contestant durement sa gouvernance, notamment sur les questions démocratiques et la gestion économique du pays. Leur rapprochement donne aujourd’hui à la candidature de l’ancien président une portée qui dépasse les clivages internes de la politique sénégalaise.

Un rapprochement scellé après une rencontre à Dakar

En juillet, après une rencontre entre les deux hommes à Dakar, le gouvernement sénégalais avait officiellement décidé d’apporter son soutien à la candidature de Macky Sall. Ce rapprochement, facilité par une nouvelle séquence diplomatique à laquelle Emmanuel Macron a également contribué selon les informations rapportées, illustre la manière dont des intérêts internationaux peuvent conduire à dépasser des antagonismes politiques nationaux pourtant profonds après une alternance qui avait rebattu les cartes au Sénégal.

Une candidature déjà inscrite dans le processus officiel de l’ONU

Macky Sall n’est toutefois pas le candidat officiel du Sénégal au sens strict du processus onusien. Sa candidature a été présentée par le Burundi le 2 mars 2026 et figure dans la procédure officielle de sélection du prochain secrétaire général des Nations unies. L’ancien président sénégalais, qui a par ailleurs dirigé l’Union africaine, a participé en avril au dialogue interactif organisé par l’Assemblée générale avec l’ensemble des candidats en lice.

Son projet met au premier plan la réforme du multilatéralisme. Dans sa déclaration de vision, Macky Sall estime que l’Organisation des Nations unies doit être modernisée afin de mieux répondre aux crises contemporaines, aux conflits, aux difficultés économiques et aux attentes des pays en développement. Cette ligne rejoint une revendication portée depuis plusieurs années par de nombreux États africains, qui réclament une meilleure représentation dans les grands centres de décision internationaux.

L’Afrique face à sa sous-représentation institutionnelle

Le continent africain demeure sous-représenté dans les principaux centres de décision du système international, alors même qu’il est directement concerné par plusieurs des crises majeures traitées par le Conseil de sécurité. L’absence de représentation permanente africaine au sein de cet organe demeure l’un des symboles les plus visibles de ce déséquilibre, une question qu’António Guterres lui-même a régulièrement placée au cœur du débat sur la réforme du système multilatéral.

Le départ programmé de l’actuel secrétaire général, dont le second mandat arrive à son terme le 31 décembre 2026, ouvre une séquence particulièrement stratégique. L’ONU a engagé le processus de sélection de son successeur, avec plusieurs candidatures issues de différentes régions du monde. La nomination finale relève de l’Assemblée générale, sur recommandation du Conseil de sécurité.

Transformer une candidature individuelle en dynamique collective

Dans ce contexte, le soutien de Dakar peut être lu comme une tentative de transformer une candidature individuelle en dynamique collective. Pour le Sénégal, il s’agit de mobiliser les solidarités africaines autour d’un profil qui connaît les mécanismes diplomatiques internationaux. Pour le continent dans son ensemble, la question posée est plus large : comment convertir le poids démographique, économique et géopolitique de l’Afrique en influence institutionnelle réelle au sein des instances mondiales ?

Le soutien de Bassirou Diomaye Faye intervient ainsi à un moment où plusieurs pays africains cherchent à redéfinir leur relation avec les grandes puissances et avec les institutions internationales. La candidature de Macky Sall devient l’un des terrains sur lesquels cette ambition collective peut être testée, au-delà de la seule trajectoire personnelle de l’ancien chef de l’État sénégalais.

Une bataille qui dépasse les personnalités

La bataille pour la succession d’António Guterres ne se résumera donc pas à une simple confrontation de personnalités. Elle portera aussi sur la capacité des différentes régions du monde à imposer leurs priorités dans une ONU en quête de réforme. En soutenant Macky Sall, Bassirou Diomaye Faye fait le choix d’occuper ce terrain diplomatique. Reste désormais à savoir jusqu’où les autres États africains seront prêts à transformer cette solidarité politique affichée en soutien diplomatique concret, au moment où l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité s’apprêtent à trancher la succession du secrétaire général sortant.

Ce que cette séquence révèle des équilibres diplomatiques africains

Au-delà du cas sénégalais, cette séquence illustre la manière dont les rivalités politiques internes peuvent s’effacer devant des enjeux perçus comme relevant de l’intérêt continental. Le fait que deux figures ayant appartenu à des camps opposés se retrouvent sur ce dossier montre que la question de la représentation africaine au sein des grandes institutions internationales dépasse, pour certains dirigeants, les clivages partisans habituels. Pour les observateurs de la vie diplomatique africaine, ce dossier constitue un test grandeur nature de la capacité du continent à parler d’une seule voix sur une scène où les postes de responsabilité les plus élevés restent, pour l’instant, majoritairement occupés par des personnalités issues d’autres régions du monde.

Diomaye Faye, en s’exprimant publiquement sur ce sujet devant des médias internationaux, assume ainsi un rôle qui dépasse la seule défense d’un ancien adversaire politique devenu allié de circonstance. Il inscrit le Sénégal, et par extension une partie du continent africain, dans un débat plus large sur la gouvernance mondiale et sur la place que l’Afrique entend y occuper dans les années à venir.

Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance. Retrouvez d’autres analyses sur servafrica.fr.

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