
Coopération Sud-Sud : le Maroc a formé plus de 30 000 talents africains
Coopération Sud-Sud : c’est le principe qui guide depuis plusieurs décennies l’action diplomatique du Maroc sur le continent africain. À travers l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI), le Royaume a bâti un dispositif de formation et de partage d’expertise qui a permis, selon les données de l’agence, d’accompagner plus de 30 000 diplômés issus de 47 pays africains dans les établissements marocains d’enseignement supérieur. Une politique de long terme, portée aujourd’hui par l’ambassadeur Mohamed Methqal, directeur général de l’AMCI.
Une agence née en 1986 au service de la diplomatie marocaine
L’Agence Marocaine de Coopération Internationale a été créée en 1986 pour traduire en actions concrètes les orientations de la politique étrangère du Royaume. Depuis plusieurs années, cette institution s’appuie sur un principe simple mais structurant : la coopération Sud-Sud, c’est-à-dire des échanges directs entre pays du Sud, sans passer nécessairement par les canaux traditionnels de l’aide internationale.
À la tête de l’AMCI, Mohamed Methqal s’est imposé comme l’un des visages discrets mais stratégiques de cette diplomatie de la coopération. Ambassadeur de formation, il pilote une institution dont l’action touche aussi bien l’éducation supérieure que le renforcement des capacités techniques dans des secteurs clés du développement africain.
Selon ses propres mots, cette dynamique répond à une orientation politique clairement affirmée au plus haut niveau de l’État marocain : « Sa majesté le roi Mohamed VI a fait de la coopération sud-sud le pilier majeur de la politique étrangère du royaume et a accordé une place privilégiée au continent africain », a déclaré Mohamed Methqal, ambassadeur et directeur général de l’AMCI.
Plus de 30 000 diplômés formés par le Royaume
Le chiffre est significatif : historiquement, l’AMCI a accompagné la formation de plus de 30 000 diplômés issus de 47 pays africains dans les établissements marocains d’enseignement supérieur. Cette masse de diplômés constitue, pour le Maroc, un réseau d’influence durable, puisque ces cadres formés retournent ensuite dans leurs pays respectifs pour y exercer des responsabilités dans l’administration, les entreprises ou les institutions publiques.
La plateforme officielle Morocco Alumni, qui recense les parcours de ces bénéficiaires, fait état aujourd’hui de 30 625 diplômés internationaux, de 12 687 étudiants accompagnés et de 8 750 cadres africains formés. Ces chiffres illustrent l’ampleur d’un dispositif qui dépasse le simple cadre académique pour s’inscrire dans une stratégie de rapprochement durable entre le Maroc et les pays partenaires du continent.
Au-delà des bancs universitaires, l’AMCI a également développé des programmes de renforcement des capacités destinés aux cadres déjà en poste. Environ 5 000 cadres africains ont ainsi bénéficié de formations dans des secteurs jugés stratégiques pour le développement du continent : l’eau, l’électrification, l’agriculture, la pêche, la santé et les infrastructures. Ces domaines correspondent à des priorités partagées par de nombreux pays africains confrontés à des enjeux de développement des services essentiels et des équipements de base.
Un partenariat renouvelé avec la Côte d’Ivoire
La coopération Sud-Sud portée par l’AMCI ne se limite pas à la formation académique. Elle prend également la forme de missions d’experts et d’échanges d’expertise ciblés sur des secteurs économiques précis. En 2025, l’agence a ainsi déployé, en partenariat avec la Côte d’Ivoire, une troisième édition de missions d’experts et d’échanges d’expertise dans le domaine de l’entrepreneuriat.
Ce renouvellement d’un programme déjà mené à deux reprises témoigne d’une volonté de pérenniser la relation entre les deux pays au-delà d’initiatives ponctuelles. Pour Mohamed Methqal, l’enjeu dépasse le cadre bilatéral : « À travers cette initiative, que l’ensemble de ces pays africains, atlantiques et du Sahel puissent accéder à une prospérité des populations, que cette prospérité soit partagée de manière accélérée », a-t-il expliqué.
Cette formulation situe la coopération avec la Côte d’Ivoire dans une perspective plus large, celle de la façade atlantique et de la zone sahélienne, où le Maroc entend jouer un rôle de facilitateur de développement partagé, à travers le transfert de compétences plutôt que par la seule aide financière.
FEMMPACT II : l’entrepreneuriat féminin au cœur de la coopération triangulaire
L’action de l’AMCI ne se limite pas non plus aux partenariats strictement bilatéraux. En 2025, l’agence a poursuivi le programme FEMMPACT II, mené en coopération avec l’Allemagne, le Bénin, le Togo et la Mauritanie. Ce dispositif triangulaire associe un partenaire européen à plusieurs pays africains, dans une logique de coopération élargie.
Le programme vise notamment à renforcer l’entrepreneuriat féminin et les écosystèmes entrepreneuriaux dans les pays bénéficiaires. Cette dimension illustre une évolution de la coopération marocaine, qui associe désormais des partenaires non africains dans des montages triangulaires destinés à démultiplier l’impact des actions menées sur le continent.
Ce type de partenariat correspond à une tendance plus large observée dans la coopération internationale, où les formats triangulaires permettent de combiner l’expertise technique de plusieurs partenaires tout en conservant une approche centrée sur les besoins exprimés par les pays africains bénéficiaires.
Une reconduction qui inscrit l’action dans la durée
Mohamed Methqal a par ailleurs été reconduit pour trois ans à la tête du Réseau africain des structures de formation et de gestion pour le développement (RAFSUD). Cette reconduction confirme la place qu’occupe l’ambassadeur dans les instances africaines dédiées au renforcement des capacités, et s’inscrit dans la continuité de son mandat à la tête de l’AMCI.
Cette double casquette, à la tête de l’agence marocaine et d’un réseau continental, permet à Mohamed Methqal de porter une vision de la coopération qui dépasse le seul cadre national. Elle s’appuie sur l’idée que la formation des élites et le transfert de compétences constituent des instruments durables de rapprochement entre le Maroc et le reste du continent africain, davantage que des actions ponctuelles ou symboliques.
Pourquoi cette stratégie compte pour la diaspora et les partenaires du continent
Pour la diaspora africaine et pour les acteurs économiques qui suivent les dynamiques de coopération sur le continent, ces chiffres et ces programmes offrent plusieurs enseignements utiles. D’abord, ils montrent que la formation supérieure et professionnelle constitue un axe structurant des relations entre le Maroc et les autres pays africains, avec des effets qui se mesurent sur plusieurs décennies à travers les parcours des diplômés formés.
Ensuite, la diversification des formats de coopération, entre bourses d’études, missions d’experts et partenariats triangulaires, illustre une approche pragmatique qui cherche à s’adapter aux besoins spécifiques de chaque pays partenaire, qu’il s’agisse de renforcement des capacités techniques dans les infrastructures ou de soutien à l’entrepreneuriat féminin.
Enfin, pour les professionnels et étudiants africains intéressés par ces dispositifs, la plateforme Morocco Alumni constitue un point de repère utile pour se renseigner sur les programmes existants et les conditions d’accès aux formations proposées par les établissements marocains.
Conclusion
La coopération Sud-Sud portée par l’AMCI sous la direction de Mohamed Methqal illustre une stratégie de long terme, fondée sur la formation, le partage d’expertise et les partenariats triangulaires. Avec plus de 30 000 diplômés formés et des programmes renouvelés avec des pays comme la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo ou la Mauritanie, le Maroc consolide son rôle de partenaire pour le développement des compétences en Afrique.
Sources
- Africa24 TV – Business – Maroc : plus de 30 000 talents formés par le Royaume
- Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI), citée par Africa24 TV
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