Centrale solaire Mailo : l’entreprise Solarcentury Africa a annoncé le 23 octobre 2026 le démarrage de l’exploitation commerciale de la deuxième tranche de cette installation, située dans le district de Chitambo, en Zambie. Filiale du groupe de négoce énergétique BB Energy, Solarcentury Africa présente Mailo comme la première centrale solaire entièrement marchande de la région d’Afrique australe. Le site portait auparavant le nom de Serenje.
Cette mise en service ajoute une nouvelle capacité à un projet déjà engagé depuis sa première tranche, dans un pays où la question de la sécurité énergétique est devenue centrale ces dernières années.
Centrale solaire Mailo : une deuxième tranche confiée à Alensy Energy Solutions
La deuxième tranche de la centrale a été construite par Alensy Energy Solutions, le même entrepreneur qui avait déjà réalisé la première phase du projet. Son financement combine des capitaux propres apportés par la société mère BB Energy, groupe de négoce qui étend ses activités au commerce de l’électricité, et une dette fournie par Standard Bank South Africa. Le montant précis de cette dette, spécifique à la deuxième tranche, n’a pas été communiqué par Solarcentury Africa.
Cette structure de financement, mêlant capital d’un groupe de négoce et dette bancaire sud-africaine, reflète la place croissante des acteurs privés dans le développement des capacités solaires en Afrique australe, en dehors des schémas classiques portés par des bailleurs de développement.
Un modèle marchand sans acheteur unique désigné
Une centrale marchande vend son électricité aux prix du marché, sans contrat d’achat d’électricité à long terme (PPA) avec un acheteur désigné. Selon Solarcentury Africa, la production de Mailo est destinée à des clients industriels et à des traders, en Zambie ou sur le marché régional d’Afrique australe, le Southern African Power Pool, dont l’entreprise est membre.
Le communiqué annonçant la mise en service de la deuxième tranche n’applique toutefois cette description qu’à la première phase du projet. Il ne précise ni l’acheteur de la nouvelle capacité, ni le prix de vente, ni la voie de livraison retenue pour cette électricité supplémentaire. Ce flou sur les débouchés de la nouvelle production illustre l’une des caractéristiques du modèle marchand : la flexibilité commerciale a pour contrepartie une moindre visibilité, pour les observateurs extérieurs, sur les conditions réelles de vente de l’énergie produite.
Une diversification dictée par les sécheresses
La Zambie tire l’essentiel de son électricité de l’hydroélectricité. Des épisodes de sécheresse ont provoqué des coupures de courant et accru la dépendance du pays aux importations d’électricité, poussant l’État zambien et l’opérateur public ZESCO à diversifier leur mix énergétique, notamment en développant la filière solaire.
Le régime d’accès ouvert mis en place dans le pays permet aux traders et aux producteurs titulaires d’une licence délivrée par le régulateur de vendre leur électricité sans passer par un acheteur unique, moyennant le paiement de frais de transit pour l’utilisation du réseau public. C’est précisément ce cadre réglementaire qui rend possible l’existence d’un projet comme Mailo, construit sur un modèle purement marchand.
Deux modèles de projets solaires coexistent en Zambie
Le marché zambien du solaire voit désormais coexister deux approches distinctes. D’un côté, la centrale marchande, dont Mailo est l’exemple le plus abouti selon Solarcentury Africa. De l’autre, la centrale adossée à un contrat de long terme avec l’opérateur public, à l’image du projet Kafue, un autre développement solaire zambien porté par Globeleq, producteur d’électricité indépendant panafricain détenu par British International Investment et Norfund.
FMO, la banque de développement néerlandaise, figure parmi les financiers de ce projet Kafue. Selon les informations disponibles, FMO a également signé la dette de long terme d’une autre centrale solaire, baptisée Kong, sans que les détails de cette opération ne soient précisés dans le communiqué relatif à Mailo.
Cette coexistence de deux modèles montre que la filière solaire zambienne ne repose pas sur une seule architecture financière : certains projets sécurisent leurs revenus par un contrat de long terme avec l’État, tandis que d’autres, comme Mailo, parient sur la capacité du marché régional à absorber leur production à un prix jugé suffisamment rémunérateur.
Ce qu’il faut retenir du projet Mailo
La mise en service de la deuxième tranche de Mailo confirme la montée en puissance du modèle marchand dans le secteur solaire zambien, porté par un cadre réglementaire d’accès ouvert au réseau. Le projet illustre aussi la réponse apportée par certains investisseurs privés à la fragilité structurelle de l’hydroélectricité en Zambie, mise à l’épreuve par des sécheresses répétées. Les conditions commerciales précises de cette nouvelle capacité, acheteurs, prix et voie de livraison, restent toutefois à préciser, Solarcentury Africa n’ayant pas communiqué ces éléments au moment de l’annonce.
Pour suivre l’actualité des investissements énergétiques sur le continent et comprendre comment l’Afrique construit sa transition électrique, servafrica.fr continue de décrypter ces projets au fil de leur avancement.
Sources
- energynews.pro, Solarcentury Africa lance la deuxième tranche de la centrale solaire marchande Mailo
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