
Café-Débat UIAFFIF : la diaspora africaine réunie à Paris autour de la transmission culturelle
Café-Débat UIAFFIF : c’est le nom de l’événement qui a réuni, le samedi 26 septembre 2026, une partie de la diaspora africaine de France dans la salle MAS du 13e arrondissement de Paris. Organisée par l’Union Interfédérale des Associations Féminines et des Femmes Ivoiriennes de France, cette deuxième édition a placé au centre des débats une question qui traverse de nombreuses familles issues de l’immigration : que souhaitons-nous transmettre aux générations futures, lorsque nos enfants grandissent entre deux cultures ?
Présidée par Carole Sanni, l’UIAFFIF s’est imposée, depuis sa création en janvier 2017, comme une structure féminine particulièrement active au sein de la diaspora ivoirienne en France. L’association revendique aujourd’hui plus de 3 000 membres répartis dans 17 associations, et agit sur plusieurs fronts : accompagnement des familles, autonomisation économique des femmes et construction de passerelles avec la Côte d’Ivoire. Le Café-Débat constitue l’une des vitrines les plus visibles de cette dynamique associative.
Café-Débat UIAFFIF : une journée construite autour de quatre panels
Loin du simple colloque théorique, la journée s’est articulée autour de quatre panels successifs, abordant tour à tour l’identité culturelle, l’éducation « entre deux rives », la famille et l’entrepreneuriat diasporique. Cette organisation a permis de dérouler, du matin au soir, un fil cohérent : comprendre qui l’on est, comment on éduque, ce que l’on transmet, et comment on construit un avenir économique entre l’Europe et l’Afrique.
Identité culturelle et transmission des valeurs
Le premier panel a réuni Hawa Dramé, fondatrice-présidente de Time2Start et entrepreneure sociale engagée dans l’entrepreneuriat inclusif et l’égalité des chances, Kam Kama Makeda, auteur-éditeur et fondateur des Éditions Makeda Sabas, spécialisé en histoire de l’Afrique, Robert Foupa, président d’associations, éducateur spécialisé et ancien médiateur auprès des jeunes à Paris, ainsi que Stéphane Tiki, directeur du développement et porte-parole du Groupement du Patronat Francophone, président-fondateur de Chaba Consulting Group et président de PowerHouse.
Les échanges ont porté sur le langage et les comportements culturels qui structurent l’identité des enfants de la diaspora. Kam Kama Makeda a notamment apporté un éclairage guyanais, ouvrant de nouvelles perspectives sur la manière de redonner un souffle à la transmission identitaire aux nouvelles générations. Le constat partagé par les intervenants est que l’identité n’est pas figée : elle évolue au fil des migrations, des rencontres, des voyages et des transformations de la société. Pour les enfants nés ou grandis dans des pays différents de ceux de leurs parents, cette identité en mouvement constitue une richesse plutôt qu’une contradiction, nourrie par les interactions avec l’environnement et par l’histoire, personnelle ou collective, de chaque famille.
Famille, éducation et valeurs : la confiance en soi au cœur des débats
Le deuxième panel, consacré à la famille, à l’éducation et aux valeurs, a réuni Moufid Hammami, directeur des systèmes de bases de données à l’École américaine de Paris et vice-président du Lions Club Saint-Cloud–Garches–Vaucresson, Valoua Touré, adjoint au maire de Bobigny, Karima Mertah, thérapeute et fondatrice de l’association Parole d’Éduc, ainsi que Jean-Philippe Akpoué, président du comité de pilotage de l’association ELIT.
La famille a été présentée comme le premier lieu d’apprentissage, celui où se transmettent les valeurs morales, les coutumes et les pratiques du quotidien. Moufid Hammami a choisi d’aborder la question sous l’angle de la confiance en soi et du rôle du monde associatif dans cette transmission. Il a déclaré : « J’ai partagé mon point de vue sur la confiance en soi, une valeur que nos aînés nous ont transmise à travers le monde associatif. Les valeurs sont innombrables, mais certainement, c’est avec ceci qu’on a pu traverser nos chemins, que ce soit dans nos pays d’origine ou ici, à l’étranger. »
Ce panel a cristallisé un sentiment partagé par une large partie de l’assistance : celui d’un rendez-vous utile, bien plus qu’un simple colloque. La diaspora ivoirienne et africaine de France a pu, ce jour-là, mettre des mots et esquisser des débuts de solutions sur ce que signifie, concrètement, grandir et éduquer ses enfants entre deux rives.
Trajectoires de vie et entrepreneuriat diasporique
Le dernier panel de la journée s’est penché sur les trajectoires de vie, l’entrepreneuriat diasporique et l’héritage économique à transmettre aux générations futures. La conclusion majeure qui en est ressortie est que cet héritage ne doit pas se limiter à la sphère des valeurs morales : il doit aussi englober une capacité à entreprendre, à co-développer et à bâtir un patrimoine durable, de part et d’autre de la Méditerranée.
Un projet immobilier pour l’autonomisation des femmes de la diaspora
Parmi les pistes d’action évoquées, l’UIAFFIF a mis en avant la nécessité d’investir concrètement dans des passerelles économiques directes entre la France et la Côte d’Ivoire. C’est dans cette dynamique que l’association a notamment présenté le lancement officiel de son nouveau projet immobilier, destiné aux femmes de la diaspora et prévoyant la construction de 300 logements. Ce projet illustre la volonté de l’UIAFFIF de dépasser le cadre associatif et symbolique pour s’engager dans des réalisations concrètes, capables de renforcer l’autonomisation économique des femmes ivoiriennes et africaines de France.
Perspectives : vers de nouveaux projets entre la France et la Côte d’Ivoire
Au-delà des échanges, le Café-Débat UIAFFIF a jeté les bases de futurs projets communs et de co-développement, directement partagés entre la France et la Côte d’Ivoire. Une partie de l’assistance attend déjà la prochaine édition, désireuse de transformer les intentions échangées ce samedi en projets concrets. Cette dynamique illustre un mouvement plus large au sein de la diaspora africaine : celui d’associations qui ne se contentent plus de débattre des questions identitaires et éducatives, mais qui cherchent aussi à construire des réponses économiques durables, au service des familles et des générations à venir.
La question posée en ouverture de la journée, « nos enfants grandissent entre deux cultures : que souhaitons-nous transmettre aux générations futures ? », résume l’enjeu central de nombreuses familles de la diaspora africaine en Europe. Entre identité, éducation, valeurs et projets économiques, le Café-Débat UIAFFIF aura permis de poser un cadre de réflexion collectif, et d’ouvrir la voie à des initiatives concrètes, à l’image du projet de logements destinés aux femmes de la diaspora.
Conclusion
Avec cette deuxième édition du Café-Débat, l’UIAFFIF confirme son ancrage parmi les structures les plus actives de la diaspora ivoirienne et africaine en France. En articulant transmission culturelle, éducation familiale et entrepreneuriat, l’association propose une réponse globale aux défis que rencontrent de nombreuses familles vivant entre deux cultures, et prépare déjà de nouvelles passerelles entre la France et la Côte d’Ivoire.
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