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Bassirou Diomaye Faye distingué par le Forum international sur le leadership afro-caribéen
Célébrités africaines

Bassirou Diomaye Faye distingué par le Forum international sur le leadership afro-caribéen

30.09.2026

Bassirou Diomaye Faye a été distingué le 24 septembre à New York par le 12e Forum international sur le leadership afro-caribéen (IFAL 2026), qui lui a décerné le Prix du leadership africain inspirant. La cérémonie s’est tenue en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. C’est Mme Aminata Touré, Haute Représentante du Président de la République, qui a reçu la distinction en son nom, le Chef de l’État se trouvant au même moment à la tribune de l’Assemblée générale.

Cette coïncidence de calendrier n’est pas anodine. Devant les délégations du monde entier, le Président sénégalais plaidait pour un multilatéralisme rénové, pour le droit plutôt que la force, pour des ponts plutôt que des murs. Au même instant, à quelques rues de là, les dirigeants de l’Afrique, des Caraïbes et de la diaspora réunis au sein de l’IFAL venaient précisément reconnaître cet engagement. Les deux rendez-vous se répondent ainsi dans une même logique de dialogue et de coopération internationale.

Bassirou Diomaye Faye et le Forum international sur le leadership afro-caribéen

Organisé à New York, ville qui abrite à la fois le siège des Nations Unies et l’une des communautés afrodescendantes les plus influentes au monde, l’IFAL s’est imposé comme la principale plateforme consacrée aux liens diplomatiques, économiques et culturels entre l’Afrique et les Caraïbes. L’édition 2026 a rassemblé chefs d’État, ministres, dirigeants d’entreprise, institutions multilatérales, universitaires et figures de la diaspora.

Les travaux du forum ont porté sur plusieurs axes structurants : la coopération politique et institutionnelle entre les deux régions, le commerce et l’investissement Sud-Sud, la résilience climatique et l’économie bleue, ainsi que le numérique et les industries créatives au service de la jeunesse. C’est dans ce cadre que le Prix du leadership africain inspirant a été attribué au Président sénégalais, en reconnaissance de son action en faveur du rapprochement entre les deux rives de l’Atlantique.

Une mémoire tournée vers l’action

Le Chef de l’État reçoit cette distinction comme le rappel d’une responsabilité partagée plutôt que comme un hommage personnel. Elle salue un engagement que le Sénégal porte avec constance sur la scène internationale, notamment sur les questions de mémoire liées à l’histoire de la traite négrière.

En septembre 2025, le Président sénégalais avait déjà co-organisé, avec son homologue ghanéen John Dramani Mahama, un événement de haut niveau à l’African Burial Ground National Monument de New York, où reposent des milliers d’Africains, pour la plupart réduits en esclavage, inhumés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le Ghana et le Sénégal ont ensuite coparrainé la résolution reconnaissant la traite des Africains comme le crime le plus grave contre l’humanité.

Pour le Président, la reconnaissance ne s’arrête pas aux symboles. La justice réparatrice passe, selon les termes rapportés par la source, par la préservation des archives, l’enseignement de cette histoire, la valorisation des lieux de mémoire et la restitution du patrimoine culturel. Elle passe aussi par des partenariats concrets au bénéfice des communautés afrodescendantes.

Une tradition sénégalaise d’enracinement et d’ouverture

Cette démarche s’inscrit dans une histoire intellectuelle que le Sénégal a largement contribué à écrire. Avec Léopold Sédar Senghor, le Martiniquais Aimé Césaire et le Guyanais Léon-Gontran Damas ont donné corps à la Négritude, affirmation de l’identité des peuples noirs et de leur apport à l’universel. Césaire a relié l’expérience caribéenne à l’Afrique, tandis que, depuis sa Jamaïque natale, Marcus Garvey a fait aimer un continent qu’il n’a jamais foulé.

Le lien entre le Sénégal et les Amériques a aussi des visages moins connus. Anta Madjiguène Ndiaye, fille d’un souverain du Djolof, fut capturée à treize ans et déportée vers La Havane. Devenue Anna Kingsley, elle conquit sa liberté et bâtit une vie d’entrepreneure en Floride. Son parcours dit à la fois la violence de la traite et la force de ceux qui l’ont traversée, illustrant la profondeur historique des liens que le forum entend aujourd’hui réactiver.

Donner aux liens afro-caribéens une traduction économique

Le Chef de l’État tient la proximité historique entre les deux régions pour un levier encore sous-exploité. Selon le Centre du commerce international, cité par SANSLIMITESN.COM, les échanges afro-caribéens pourraient passer de 700 millions à 2,1 milliards de dollars d’ici 2029 si le corridor entre la Zone de libre-échange continentale africaine et la Communauté des Caraïbes (CARICOM) était pleinement mis en valeur.

Plusieurs secteurs offrent des terrains de complémentarité entre les deux rives : l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’économie bleue, l’énergie, le numérique, la recherche et les industries culturelles. Cette convergence suppose toutefois des conditions concrètes : de meilleures liaisons aériennes et maritimes, une mobilité facilitée pour les acteurs économiques, ainsi que des partenariats directs entre entreprises, universités et institutions culturelles des deux régions.

Cette dynamique dépasse le seul cadre bilatéral et se retrouve également dans les enceintes multilatérales, sur des sujets comme le financement du développement, la justice climatique ou la réforme de la gouvernance mondiale. Le premier Forum de haut niveau entre l’Union africaine et la Communauté des États latino-américains et caribéens, tenu à Bogota en mars 2026, a marqué une étape supplémentaire dans ce rapprochement institutionnel.

Du passé partagé au projet commun

Le Président de la République souhaite désormais inscrire ces engagements dans une feuille de route commune, avec des priorités, des échéances et un suivi régulier des résultats. Le Sénégal entend y prendre toute sa part, fidèle à une diplomatie qui fait de la mémoire une force d’avenir et de ses liens avec la diaspora un atout pour son développement.

La distinction reçue lors de l’IFAL 2026 s’inscrit ainsi dans une trajectoire cohérente, où la reconnaissance internationale accompagne des engagements concrets pris depuis plusieurs mois par le Sénégal sur les questions de mémoire, de coopération Sud-Sud et de rapprochement entre l’Afrique et les Caraïbes.

Conclusion

Ce prix décerné à Bassirou Diomaye Faye illustre la manière dont un engagement diplomatique constant, articulé autour de la mémoire partagée et de la coopération économique, peut recevoir une reconnaissance sur la scène internationale. Il ouvre également la voie à des projets plus concrets entre l’Afrique et les Caraïbes, dont le suivi méritera d’être observé dans les mois à venir.

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Sources

ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.

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