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SPORT AFRIQUE

Mondial 2030 : Gianni Infantino ouvre la porte à 64 équipes

20.07.2026

Mondial 2030 pourrait marquer un tournant historique dans l’organisation de la Coupe du monde de football. Alors que l’édition 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, verra deja passer le nombre de selections engagees de 32 a 48, le president de la FIFA Gianni Infantino a evoque publiquement la possibilite d’aller encore plus loin pour 2030, avec un format porte a 64 equipes. Une hypothese qui, si elle se confirmait, bouleverserait profondement le calendrier international, l’economie du football et la place reservee aux confederations, dont la Confederation africaine de football (CAF).

Cet article propose un eclairage de contexte sur cette hypothese, sur ce que l’on sait deja du Mondial 2030 tel qu’il est actuellement prevu, et sur les enjeux qu’un elargissement a 64 equipes ferait naitre pour le football africain et pour les supporters du monde entier.

Un format deja inedit avec le passage a 48 equipes en 2026

Pour bien comprendre la portee de l’hypothese des 64 equipes, il faut rappeler que la FIFA a deja engage une transformation majeure du format de la Coupe du monde. L’edition 2026, organisee conjointement par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, marquera le passage d’un tournoi a 32 selections a un tournoi a 48 selections. Ce changement, decide il y a plusieurs annees, avait deja suscite de nombreux debats : allongement de la duree de la competition, multiplication des matches, risques de dilution du niveau sportif, mais aussi promesse d’ouverture a davantage de nations, notamment africaines et asiatiques, qui obtiennent davantage de places qualificatives.

Ce precedent est important, car il montre que la FIFA, sous la presidence de Gianni Infantino, a deja une doctrine assumee : elargir la Coupe du monde pour multiplier les marches financiers, les diffusions televisees et la visibilite de nouvelles nations. L’hypothese d’un Mondial 2030 a 64 equipes s’inscrit donc dans la continuite logique de cette strategie, meme si elle representerait un saut d’une ampleur inedite.

Mondial 2030 : une edition deja inedite entre trois continents

Independamment de la question du nombre d’equipes, le Mondial 2030 est deja promis a un statut particulier dans l’histoire du football. Il s’agit en effet de l’edition qui celebrera le centenaire de la premiere Coupe du monde, disputee en 1930. Pour marquer symboliquement cet anniversaire, la FIFA a prevu que quelques rencontres d’ouverture se disputent en Amerique du Sud, tandis que l’essentiel du tournoi se deroulerait en Europe et en Afrique du Nord.

Maroc, Espagne, Portugal : les hotes principaux

La majeure partie de la competition devrait se tenir sur trois pays hotes principaux : le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Il s’agirait d’une premiere historique pour le continent africain, qui accueillerait pour la premiere fois une Coupe du monde masculine depuis l’edition sud-africaine de 2010. Pour le Maroc, cette organisation conjointe s’inscrit dans la continuite d’un parcours footballistique remarque, marque par la demi-finale historique des Lions de l’Atlas lors du Mondial 2022 au Qatar.

Un siecle de Coupe du monde celebre en Amerique du Sud

Pour honorer le centenaire du tournoi, quelques matches d’ouverture devraient se jouer en Amerique du Sud, dans des pays intimement lies a l’histoire de la competition : l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. L’Uruguay avait accueilli et remporte la toute premiere edition de la Coupe du monde en 1930, ce qui donne une resonance particuliere a ce choix symbolique. Ce format eclate sur plusieurs continents constitue deja, en soi, une premiere dans l’histoire de la competition, meme sans tenir compte de l’hypothese d’un elargissement a 64 equipes.

L’idee d’un Mondial a 64 equipes

C’est dans ce contexte deja exceptionnel que Gianni Infantino a evoque, a plusieurs reprises publiquement, l’idee d’un format encore plus large pour cette edition anniversaire. L’idee consisterait a porter le nombre de selections participantes de 48, comme prevu pour 2026, a 64 pour 2030, doublant ainsi le nombre d’equipes par rapport au format historique a 32 qui a longtemps preval jusqu’en 2022.

Ce qu’a evoque Gianni Infantino

Le president de la FIFA a presente cette piste comme une option envisageable, sans annoncer de decision definitive. Il a justifie cette reflexion par le caractere symbolique de l’edition 2030, qui marque les cent ans de la competition, estimant qu’un tel anniversaire pourrait justifier un format exceptionnel, ouvert au plus grand nombre de nations possible. Il convient de souligner qu’aucune decision officielle n’a ete actee a ce stade par les instances de la FIFA, et que cette hypothese reste, en l’etat, une piste de reflexion evoquee publiquement plutot qu’une reforme entree en vigueur.

Les arguments avances en faveur d’un elargissement

Plusieurs arguments sont generalement mis en avant par les partisans d’un elargissement du Mondial. Le premier est economique : plus d’equipes signifie plus de matches, plus de droits de diffusion, plus de sponsors et davantage de recettes pour la FIFA et ses confederations membres. Le deuxieme argument est celui de l’ouverture sportive : un format plus large permettrait a davantage de nations, notamment africaines, asiatiques et de la zone Concacaf, de disputer une phase finale de Coupe du monde, une experience rarement accessible aux petites federations dans le format historique a 32 equipes. Enfin, le caractere symbolique du centenaire est regulierement invoque comme une occasion unique de marquer l’histoire du football par un format exceptionnel.

Les reserves et critiques exprimees

Cette hypothese suscite toutefois de nombreuses reserves dans le monde du football. Plusieurs voix, parmi les entraineurs, les joueurs et les observateurs du football professionnel, s’inquietent deja de la surcharge du calendrier international, alourdi par le passage a 48 equipes en 2026, l’expansion de la Coupe du monde des clubs et la multiplication des competitions continentales. Un doublement supplementaire du nombre d’equipes en 2030 ferait craindre un allongement encore plus important de la duree du tournoi, une multiplication des rencontres et un risque accru de blessures pour des joueurs deja sollicites toute l’annee entre clubs et selections. D’autres observateurs redoutent egalement une dilution du niveau sportif de la competition, avec un ecart potentiellement plus marque entre les grandes nations habituees des phases finales et des selections moins rompues a ce niveau d’exigence.

Quelles consequences pour les equipes africaines ?

Pour le continent africain, la question d’un elargissement eventuel du Mondial revet un interet particulier. Le passage a 48 equipes prevu des 2026 a deja permis d’augmenter sensiblement le nombre de places qualificatives attribuees a la CAF, offrant a davantage de selections africaines la possibilite de disputer une phase finale de Coupe du monde. Un format porte a 64 equipes en 2030 pourrait, en theorie, accentuer encore cette tendance, avec un nombre de places qualificatives potentiellement plus important pour les nations africaines.

Cette perspective est accueillie avec un interet certain par une partie des observateurs et des dirigeants du football africain, qui y voient une occasion supplementaire de mettre en valeur la profondeur du vivier de talents du continent, deja illustree par les performances remarquees de plusieurs selections lors des dernieres editions. D’autres, en revanche, appellent a la prudence, rappelant que la multiplication des places qualificatives ne garantit pas, a elle seule, une progression du niveau de jeu si elle ne s’accompagne pas d’investissements structurels dans la formation, les infrastructures et l’organisation des championnats nationaux.

Un calendrier international deja sous tension

L’hypothese d’un Mondial 2030 a 64 equipes intervient dans un contexte ou le calendrier international du football est deja tres charge. La creation d’une Coupe du monde des clubs elargie, la multiplication des competitions continentales et le passage a 48 selections des 2026 ont deja suscite des critiques recurrentes de la part des syndicats de joueurs et de plusieurs ligues professionnelles, qui alertent sur le risque d’epuisement physique des joueurs de haut niveau. Un elargissement supplementaire du format du Mondial en 2030 ne pourrait, dans ce contexte, se faire sans une reflexion approfondie sur l’organisation globale du calendrier footballistique mondial, afin de preserver a la fois la sante des joueurs et l’attractivite sportive de la competition.

Ce que cela signifierait pour les supporters et la diaspora

Pour les supporters, en particulier pour la diaspora africaine attachee au parcours des selections du continent, un elargissement du Mondial representerait, sur le papier, davantage d’occasions de voir des equipes africaines briller sur la plus grande scene du football mondial. L’organisation conjointe par le Maroc, l’Espagne et le Portugal offre par ailleurs une proximite geographique inedite avec l’Europe et l’Afrique du Nord, facilitant potentiellement les deplacements pour de nombreux supporters africains et europeens.

Reste que cette perspective, aussi enthousiasmante soit-elle, demeure a ce stade une hypothese evoquee par le president de la FIFA, et non une decision officiellement actee. Les prochains mois devraient permettre d’y voir plus clair, au fil des annonces des instances du football mondial et des reactions des confederations continentales, dont la CAF, qui aura un role determinant a jouer dans la defense des interets du football africain sur ce dossier.

Conclusion

Le Mondial 2030 s’annonce d’ores et deja comme une edition hors norme, celebrant le centenaire de la Coupe du monde a travers trois continents, avec le Maroc, l’Espagne et le Portugal comme hotes principaux et quelques rencontres symboliques en Amerique du Sud. L’hypothese, evoquee par Gianni Infantino, d’un format porte a 64 equipes viendrait ajouter une dimension supplementaire, potentiellement historique, a cette edition anniversaire. Mais entre ambition sportive, enjeux economiques et contraintes du calendrier international, cette piste devra encore franchir de nombreuses etapes avant, le cas echeant, de devenir realite. ServAfrica continuera de suivre ce dossier et ses implications pour le football africain.

Sources

  • Federation Internationale de Football Association (FIFA) – fifa.com
  • AfrikMag – actualite footballistique africaine

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