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TECHNOLOGIE

Make in Africa : Qualcomm sélectionne 10 startups africaines

Équipe éditoriale ServAfrica. 14.06.2026 7 min de lecture
Accra au Ghana, ou une startup figure parmi les laureates du programme Make in Africa
Accra, vitrine d’un écosystème technologique africain en plein essor (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Make in Africa : le programme de mentorat de Qualcomm met un coup de projecteur sur dix pépites technologiques du continent. Sélectionnées parmi un nombre record de candidatures, ces jeunes pousses incarnent la vitalité de l’innovation africaine. ServAfrica vous présente cette initiative et ce qu’elle révèle.

Make in Africa : les faits

Le 8 avril 2026, depuis Johannesburg, le géant américain des puces électroniques Qualcomm a dévoilé les dix startups retenues pour la quatrième édition de son programme Make in Africa. Elles ont été choisies parmi plus de 1 200 candidatures provenant de plus de 45 pays, un record qui illustre l’effervescence de l’écosystème technologique du continent. Le programme cible les solutions d’intelligence artificielle embarquée, d’Internet des objets et de connectivité, appliquées à des secteurs comme l’agriculture, l’eau, la mobilité ou les technologies d’assistance.

L’initiative, entièrement gratuite et sans prise de participation au capital, offre aux lauréates un accompagnement complet : mentorat, coaching, appui technique, cartes de développement Arduino, formation à la propriété intellectuelle via L2Pro Africa et une bourse pour chaque projet. Un fonds dédié récompensera en outre le meilleur projet à impact social lors de la finale. Parmi les sélectionnées figurent la ghanéenne Sesi Technologies, qui utilise l’IA pour évaluer la qualité du cacao, mais aussi la congolaise MVUTU (stockage frigorifique solaire), la namibienne Amperra (recharge de véhicules électriques) ou encore des startups du Nigeria, du Kenya, de l’Ouganda, de la Tanzanie, de la Zambie et du Zimbabwe.

Quartier d'affaires d'Accra, symbole de l'innovation que valorise Make in Africa
Dix startups de tout le continent rejoignent la quatrième promotion (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Contexte

Lancé en 2023, le programme Make in Africa s’inscrit dans la Qualcomm Africa Innovation Platform, qui vise à renforcer les capacités de deep-tech sur le continent. Son ambition est claire : aider de jeunes fondateurs à passer du prototype à un produit commercialisable, en combinant savoir-faire technique et accompagnement commercial. Le nombre record de candidatures traduit une dynamique de fond, portée par une jeunesse nombreuse, connectée et avide d’entreprendre.

L’exemple de la lauréate ghanéenne est éclairant. En mettant l’intelligence artificielle au service de la filière cacao, pilier de l’économie du Ghana, elle illustre la capacité de la tech africaine à répondre à des enjeux très concrets. Partout sur le continent, des startups développent ainsi des solutions adaptées aux réalités locales, là où les technologies importées montrent souvent leurs limites. Cette appropriation de l’innovation est l’un des marqueurs forts de l’Afrique d’aujourd’hui.

Le choix de Johannesburg pour cette annonce n’est pas anodin. L’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, le Ghana ou encore l’Égypte forment aujourd’hui les principaux pôles d’un écosystème technologique continental qui attire l’attention des grands groupes mondiaux. Ces dernières années, la tech africaine a fait preuve d’une réelle résilience, continuant de lever des fonds et de produire des solutions malgré un contexte international plus difficile. En multipliant les programmes d’accompagnement, les géants du secteur cherchent autant à soutenir cette dynamique qu’à s’y positionner durablement, conscients du potentiel d’un marché jeune et en forte croissance.

Analyse

Première clé de lecture : un modèle non dilutif vertueux. En accompagnant les startups sans prendre de participation à leur capital, Qualcomm propose un soutien rare, qui préserve l’indépendance des fondateurs. C’est un signal positif, à l’heure où l’accès au financement reste un frein majeur pour les entrepreneurs africains.

Monument a Accra, capitale d'un Ghana represente dans le programme Make in Africa
La deep-tech africaine au service de problèmes concrets (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Deuxième clé : des solutions ancrées dans le réel. Agriculture, eau potable, conservation des récoltes, mobilité électrique, technologies d’assistance : les projets retenus s’attaquent à des défis quotidiens des populations. Cette orientation utile, loin des seuls gadgets, donne tout son sens à l’innovation et lui confère un fort potentiel d’impact social.

Troisième clé : l’enjeu de l’écosystème. Un programme de mentorat, aussi précieux soit-il, ne suffit pas. Pour que ces pépites grandissent, il faudra des financements en aval, des marchés accessibles et un environnement favorable à la rétention des talents. C’est tout l’écosystème qui doit mûrir pour transformer ces promesses en champions durables. ServAfrica suit ces dynamiques dans ses rubriques Tech Afrique et Business Afrique.

Cette édition illustre aussi la diversité géographique de l’innovation africaine. Loin d’être concentrées dans quelques métropoles, les pépites retenues viennent d’Afrique de l’Ouest, centrale, de l’Est et australe, du Ghana au Zimbabwe en passant par le Congo et la Zambie. Cette répartition montre que le talent et la créativité ne connaissent pas de frontières sur le continent, et que des solutions de pointe peuvent émerger aussi bien dans les grandes capitales que dans des villes moyennes. Pour la diaspora, souvent en pointe sur les questions technologiques, ces réussites sont une source de fierté et, parfois, une invitation à réinvestir compétences et capitaux dans des projets africains à fort impact.

Score ServAfrica

Cet article met en avant le Ghana, pays de l’une des lauréates. Sur l’échelle ServAfrica, qui évalue l’attractivité globale d’un pays pour la diaspora, les investisseurs et les porteurs de projets, le Ghana obtient un score de 78 sur 100, l’un des plus élevés du continent. Réputé pour sa stabilité et son dynamisme, il s’impose comme l’un des hubs technologiques de l’Afrique de l’Ouest. Ce chiffre reste une mesure prudente du risque global à un instant donné.

Opportunités

Plusieurs opportunités se dégagent. Sur le plan technologique, ces programmes renforcent les compétences locales. Sur le plan de l’emploi, ils soutiennent la création de jeunes entreprises innovantes et, à terme, d’emplois qualifiés pour la jeunesse africaine. Sur le plan du développement, ils apportent des solutions à des défis concrets. ServAfrica suit ces dynamiques dans ses rubriques Emploi Afrique et Business Afrique.

Vue d'Accra, ville phare d'un Ghana mis en avant par Make in Africa
L’innovation africaine cherche désormais à passer à l’échelle (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Risques et points de vigilance

Quelques points de vigilance méritent attention. Le premier est le financement en aval, sans lequel les pépites peinent à grandir. Le deuxième tient à la fuite des talents vers l’étranger. Le troisième concerne la dépendance technologique à de grands acteurs internationaux. Cet article est informatif.

Conclusion

Le programme Make in Africa rappelle, s’il en était besoin, que l’Afrique regorge de talents capables d’innover pour résoudre ses propres défis. Pour que ces graines portent leurs fruits, l’essentiel se jouera désormais dans la durée : financement, marchés et soutien aux entrepreneurs. C’est à cette condition que le continent transformera son immense potentiel créatif en réussites concrètes et durables, capables de rayonner bien au-delà de ses frontières et d’inspirer la prochaine génération d’entrepreneurs.

Pour aller plus loin

Retrouvez nos analyses dans nos rubriques Tech Afrique, Business Afrique et Emploi Afrique.

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Cet article est base sur des donnees collectees en 2026. Les informations sont susceptibles d’evoluer.