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BUSINESS AFRIQUE

Gazoduc transsaharien : le projet Nigeria-Niger-Algérie entre dans une phase concrète

Équipe éditoriale ServAfrica. 07.06.2026 7 min de lecture
La côte d'Alger, capitale de l'Algérie, pays leader du projet de gazoduc transsaharien
La côte d’Alger, en Algérie (Photo : Wikimedia Commons, CC BY)

C’est l’un des plus grands projets d’infrastructure énergétique du continent. Le 3 juin 2026, à Alger, le Niger, l’Algérie et le Nigeria ont validé le rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du gazoduc transsaharien (TSGP), et décidé d’accélérer sa réalisation. Dès le lendemain, les travaux ont été lancés sur la portion algérienne. Objectif : transporter le gaz nigérian, via le Niger, jusqu’en Algérie, puis vers l’Europe. ServAfrica décrypte ce projet stratégique et ses enjeux, à titre informatif.

Les faits

La 5ᵉ réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet s’est tenue au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal d’Alger, en présence du ministre algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab, du ministre d’État nigérian aux Ressources pétrolières chargé du Gaz Ekperikpe Ekpo et du ministre nigérien du Pétrole Hamadou Tini. Les dirigeants des compagnies nationales — Sonatrach (Algérie), NNPC (Nigeria) et Sonidep (Niger) — ainsi que des experts des trois pays y ont participé. Les ministres ont ensuite été reçus par le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

À l’issue des travaux, les trois pays ont adopté et validé le rapport final de l’étude de faisabilité actualisée, réalisée par le cabinet international Penspen, en le considérant comme la référence technique et économique pour passer aux étapes suivantes. Le projet vise à transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Nigeria, via le Niger, vers l’Algérie, pour une exportation ultérieure vers l’Europe et d’autres marchés. Le 4 juin, le démarrage des travaux a été annoncé sur la portion algérienne, dans la région d’Adrar, dans le sud du pays.

Paysage désertique au Niger, pays de transit du gazoduc transsaharien
Paysage désertique au Niger, pays de transit du projet (Photo : Wikimedia Commons, CC BY-SA)

Les autorités algériennes ont présenté cette étape comme « charnière » dans la concrétisation d’un projet qualifié de « continental stratégique ». Le ministre Arkab a réaffirmé l’engagement de l’Algérie en faveur de la coopération intra-africaine, des partenariats Sud-Sud et des projets d’intégration continentale. Le projet, discuté depuis des décennies, entre ainsi dans une phase plus concrète, même si d’importantes étapes (financement, construction sur des milliers de kilomètres, sécurité) restent à franchir.

Contexte

Le gazoduc transsaharien est un projet ancien, régulièrement relancé. L’idée : relier les vastes réserves gazières du Nigeria — l’un des plus grands détenteurs de gaz d’Afrique — aux réseaux d’exportation algériens vers l’Europe, en traversant le Niger sur des milliers de kilomètres de désert. Le tracé s’appuierait, côté algérien, sur les infrastructures existantes autour du hub gazier de Hassi R’Mel, déjà connecté à l’Europe par plusieurs gazoducs (Transmed, Medgaz).

Le contexte géopolitique a redonné de l’élan au projet. La recomposition des marchés énergétiques européens, la recherche de fournisseurs alternatifs et la volonté des trois pays de valoriser leurs ressources convergent. Le projet est aussi présenté comme un instrument d’intégration africaine et de coopération Sud-Sud. ServAfrica suit ces dynamiques énergétiques dans ses rubriques Business Afrique et Investir en Afrique.

Il faut toutefois rappeler que ce projet est en concurrence ou en complémentarité avec d’autres tracés envisagés (notamment un projet de gazoduc atlantique Nigeria-Maroc), et qu’il a, par le passé, buté sur des obstacles de financement, de sécurité au Sahel et de coordination. La validation de l’étude de faisabilité est une étape importante, mais ne préjuge pas, à elle seule, de la réalisation effective.

Analyse

La première clé de lecture est stratégique. Pour les trois pays, le TSGP représente une opportunité de valoriser leurs ressources et leur position géographique : le Nigeria comme producteur, le Niger comme pays de transit (avec des revenus potentiels), l’Algérie comme porte d’entrée vers l’Europe. C’est aussi un projet d’affirmation africaine sur la scène énergétique mondiale.

La deuxième clé est celle de l’intégration. En reliant trois pays par une infrastructure majeure, le projet incarne une logique de coopération continentale et Sud-Sud, dans l’esprit de la ZLECAf. S’il aboutit, il pourrait stimuler les économies traversées et renforcer les liens régionaux.

Bâtiments à Alger, illustrant le poids économique de l'Algérie dans le projet
Bâtiments à Alger (Photo : Wikimedia Commons, CC BY)

La troisième clé invite à la prudence. Un tel projet est colossal : des milliers de kilomètres à construire, dont une grande partie en zone désertique et, par endroits, exposée à l’insécurité au Sahel. Le financement (plusieurs milliards de dollars), la sécurité du tracé, la coordination entre trois États et leurs compagnies, ainsi que les évolutions du marché du gaz (transition énergétique, demande européenne) sont autant de défis. La validation d’une étude de faisabilité est une étape parmi d’autres ; l’histoire du projet incite à mesurer l’enthousiasme. ServAfrica rapporte ces faits sans surestimer ni minimiser leur portée.

Score ServAfrica

Cet article met en avant l’Algérie, pays hôte et moteur de la réunion. Sur l’échelle ServAfrica, qui évalue l’attractivité globale d’un pays pour la diaspora, les investisseurs et les porteurs de projets, l’Algérie obtient un score de 66 sur 100. Ce niveau reflète une économie portée par les hydrocarbures, des infrastructures importantes et un poids régional, tempérés par des défis de diversification et de gouvernance. À titre de repère, les deux autres partenaires du projet obtiennent respectivement 66 (Nigeria) et 28 (Niger) sur l’échelle ServAfrica, ce dernier score traduisant le contexte sécuritaire et politique difficile du pays de transit.

Opportunités

Le projet, s’il se concrétise, ouvre des perspectives. L’énergie et les infrastructures (construction, ingénierie, services) génèrent activité et emplois. Les revenus de transit pourraient bénéficier au Niger. La valorisation du gaz renforce les économies productrices. L’intégration régionale et les partenariats Sud-Sud créent des synergies. Pour la diaspora et les investisseurs, les secteurs de l’énergie, de l’ingénierie et des services associés méritent d’être suivis, en lien avec nos Guides & Outils et notre espace Investir en Afrique, en tenant compte des incertitudes.

Mosquée Djamaa el-Djedid à Alger, monument emblématique de la capitale algérienne
La mosquée Djamaa el-Djedid, à Alger (Photo : Wikimedia Commons, CC BY)

Risques

La prudence s’impose. Le premier risque est le financement : un projet de plusieurs milliards de dollars nécessite des investisseurs et des garanties. Le deuxième est sécuritaire : une partie du tracé traverse des zones exposées à l’insécurité au Sahel. Le troisième tient à la coordination entre trois États et leurs compagnies. Le quatrième est le marché : la transition énergétique et l’évolution de la demande européenne pèsent sur la rentabilité de long terme. Cet article fournit des informations générales et ne constitue pas un conseil d’investissement : appuyez-vous sur une analyse approfondie et un accompagnement professionnel.

Conclusion

La validation de l’étude de faisabilité du gazoduc transsaharien et le lancement des travaux côté algérien marquent une étape importante pour ce projet continental stratégique. Reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie, il incarne une ambition d’intégration énergétique africaine et de coopération Sud-Sud. Mais l’ampleur des défis — financement, sécurité, coordination, marché — invite à suivre sa concrétisation avec attention et mesure. Pour la diaspora et les investisseurs, le TSGP est un dossier à observer de près. ServAfrica continuera d’en rendre compte avec rigueur, au service d’une information utile et nuancée.

Pour aller plus loin

Approfondissez avec nos ressources internes : Business Afrique, Investir en Afrique, Découvrir l’Afrique et nos Guides & Outils. Pour les données officielles, consultez les communiqués des ministères concernés et des compagnies nationales (Sonatrach, NNPC, Sonidep).

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Cet article est base sur des donnees collectees en 2026. Les informations sont susceptibles d’evoluer.