Gazoduc Maroc-Nigeria : Benkhadra s’attend à une signature du traité final avant fin 2026
Gazoduc Maroc-Nigeria : ce projet d’infrastructure énergétique, l’un des plus ambitieux jamais envisagés sur le continent africain, continue de progresser dans les cercles diplomatiques et techniques. Selon des déclarations rapportées par la presse marocaine, la directrice générale de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), Amina Benkhadra, s’attendrait à ce que le traité final encadrant ce gazoduc soit signé avant la fin de l’année 2026. Une échéance qui, si elle se confirme, marquerait une étape décisive dans un dossier suivi depuis plusieurs années par les gouvernements, les investisseurs et la diaspora africaine.
Ce projet, souvent présenté comme un symbole de la coopération Sud-Sud, ambitionne de relier les ressources gazières du golfe de Guinée aux marchés d’Afrique de l’Ouest, du Maroc puis, potentiellement, de l’Europe. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification énergétique et de renforcement des liens économiques entre les deux rives du continent.
Gazoduc Maroc-Nigeria : un projet porté depuis plusieurs années
L’idée d’un gazoduc reliant le Nigeria au Maroc n’est pas nouvelle. Elle est née d’une volonté conjointe des deux pays de valoriser les importantes réserves de gaz naturel nigérianes, l’une des plus abondantes du continent, en les acheminant vers des marchés régionaux et internationaux via une route terrestre et maritime longeant la côte atlantique de l’Afrique de l’Ouest. L’objectif affiché est double : sécuriser l’approvisionnement énergétique des pays traversés et créer un corridor économique capable de stimuler l’industrialisation locale.
Ce type de projet transnational suppose une coordination complexe entre plusieurs administrations, sociétés nationales d’hydrocarbures et bailleurs de fonds internationaux. C’est précisément cette complexité qui explique la durée du processus, entre études de faisabilité, négociations bilatérales et recherche de financements.
Le rôle de l’ONHYM et d’Amina Benkhadra
Côté marocain, c’est l’ONHYM, l’Office National des Hydrocarbures et des Mines, qui pilote le volet technique et stratégique du dossier. Sa directrice générale, Amina Benkhadra, figure reconnue du secteur énergétique marocain, s’exprime régulièrement sur l’avancement de ce chantier lors de forums économiques, de rencontres institutionnelles ou d’interventions publiques relayées par la presse.
Selon les informations rapportées récemment, elle aurait indiqué s’attendre à ce que le traité final régissant le gazoduc puisse être signé avant la fin de l’année 2026. Une telle annonce, si elle se confirme dans les mois à venir, viendrait clore une phase de négociations techniques et juridiques entamée de longue date entre les parties prenantes marocaines, nigérianes et régionales.
Il convient toutefois de rester prudent quant au calendrier exact : les grands projets d’infrastructure énergétique transnationale connaissent fréquemment des ajustements de planning, liés à la complexité des montages financiers, aux négociations diplomatiques ou aux études techniques complémentaires nécessaires sur un tracé aussi long.
Un corridor énergétique traversant l’Afrique de l’Ouest
Le tracé envisagé pour ce gazoduc traverserait plusieurs pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, offrant à chacun d’entre eux la possibilité de se raccorder à l’infrastructure pour ses propres besoins énergétiques. Cette dimension régionale distingue ce projet des gazoducs bilatéraux classiques : il est pensé comme un bien commun susceptible de bénéficier à l’ensemble de la façade atlantique du continent, du golfe de Guinée jusqu’au Maghreb.
Pour les pays traversés, l’enjeu est de taille. Disposer d’un accès à une infrastructure gazière régionale permettrait de réduire la dépendance à certaines importations coûteuses, de soutenir la production d’électricité et d’accompagner le développement industriel local, notamment dans les secteurs de la pétrochimie, de l’agro-industrie ou de la production d’engrais.
Le Maroc, pour sa part, ambitionne de renforcer son rôle de plateforme énergétique et logistique entre l’Afrique et l’Europe. Ce positionnement s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification du mix énergétique et de développement des infrastructures portuaires et industrielles du royaume.
Pourquoi cette annonce retient l’attention
Une déclaration comme celle attribuée à Amina Benkhadra revêt une importance particulière pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’elle émane de la principale institution technique marocaine en charge du dossier, ce qui lui confère un poids institutionnel certain. Ensuite, parce qu’elle fixe, pour la première fois de manière aussi explicite selon les échos de presse, une perspective temporelle concrète : une signature avant la fin de l’année 2026.
Pour les investisseurs et les partenaires financiers potentiels, ce type d’annonce constitue un signal important. Les grands projets d’infrastructure énergétique nécessitent en effet une visibilité de long terme pour attirer les capitaux nécessaires, qu’ils soient publics, privés ou mixtes. Une échéance de signature clairement identifiée peut ainsi rassurer les partenaires financiers internationaux et accélérer les discussions autour du montage du financement.
Les défis qui subsistent
Malgré cette perspective encourageante, plusieurs défis demeurent avant qu’un projet de cette envergure ne devienne pleinement opérationnel. Le premier concerne le financement : un gazoduc traversant plusieurs pays et plusieurs milliers de kilomètres de côte représente un investissement colossal, qui suppose l’implication de bailleurs multilatéraux, de banques de développement et éventuellement de partenaires privés.
Le deuxième défi est d’ordre technique et logistique. La construction d’une infrastructure aussi longue, traversant des zones maritimes et terrestres aux conditions géologiques variées, nécessite des études d’ingénierie poussées et une planification rigoureuse des chantiers.
Le troisième défi, enfin, est diplomatique et juridique. Un projet impliquant autant de pays suppose la conclusion d’accords bilatéraux et multilatéraux harmonisés, portant sur les questions de propriété, de tarification, de sécurité et de partage des bénéfices entre les États traversés. C’est précisément ce cadre juridique global que la signature du traité final évoquée par Amina Benkhadra viserait à consolider.
Quel intérêt pour la diaspora et les investisseurs
Pour la diaspora africaine et les investisseurs intéressés par le continent, ce type de projet mérite une attention particulière. Une infrastructure énergétique régionale de cette ampleur peut, à terme, ouvrir des opportunités dans plusieurs secteurs connexes : construction, logistique, services financiers, formation technique ou encore développement industriel dans les zones traversées par le tracé.
Les grands projets d’infrastructure structurants sont également souvent accompagnés de programmes de développement local, susceptibles de générer des emplois qualifiés et de stimuler des filières économiques associées. Pour les acteurs économiques de la diaspora, suivre l’évolution de ce dossier permet d’anticiper de possibles opportunités d’investissement ou de partenariat dans les années à venir, à mesure que le projet passera des phases d’études et de négociation à celles de la mise en œuvre concrète.
Une coopération Sud-Sud emblématique
Au-delà de sa dimension strictement énergétique, le projet de gazoduc reliant le Nigeria au Maroc est régulièrement présenté comme une illustration de la coopération Sud-Sud sur le continent africain. Il associe deux économies majeures, l’une en Afrique de l’Ouest et l’autre en Afrique du Nord, autour d’un objectif commun de développement énergétique régional, dans un contexte où les besoins en électricité et en gaz naturel des populations africaines demeurent considérables.
Ce type d’initiative s’inscrit également dans un mouvement plus large de projets d’intégration régionale portés par des institutions continentales, qui plaident pour davantage d’interconnexions énergétiques, routières et numériques entre les pays africains, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des routes commerciales extracontinentales et de renforcer les échanges intra-africains.
Ce qu’il faut retenir
À ce stade, l’information centrale reste la déclaration attribuée à la directrice générale de l’ONHYM, Amina Benkhadra, selon laquelle le traité final encadrant le gazoduc Maroc-Nigeria pourrait être signé avant la fin de l’année 2026. Il s’agit d’une perspective, relayée par la presse marocaine, qui traduit une avancée dans les négociations, sans pour autant constituer une garantie définitive de calendrier, les projets de cette nature étant, par nature, soumis à de nombreux aléas.
Les prochains mois permettront de vérifier si cette échéance se confirme et si les différentes parties prenantes, marocaines, nigérianes et régionales, parviennent effectivement à finaliser le cadre juridique nécessaire à la mise en œuvre du projet. ServAfrica continuera de suivre l’évolution de ce dossier, dont l’issue pourrait avoir des répercussions durables sur l’intégration énergétique du continent.
En résumé
- Le gazoduc Maroc-Nigeria vise à relier les ressources gazières nigérianes au Maroc, en traversant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
- L’ONHYM, dirigée par Amina Benkhadra, pilote le volet marocain du projet.
- Une signature du traité final serait attendue avant la fin de l’année 2026, selon des déclarations rapportées par la presse.
- Le projet reste soumis à des défis de financement, de faisabilité technique et de coordination diplomatique entre les pays concernés.
Ce dossier illustre l’ampleur des ambitions énergétiques portées par certains États africains pour renforcer leur souveraineté et leur intégration régionale. Pour suivre l’actualité économique et industrielle du continent, retrouvez nos analyses sur servafrica.fr.
Sources
- Hespress Français – Actualités du Maroc
- Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), Maroc
ServAfrica – Comprendre l’Afrique. Agir avec confiance.